LA TABLE RONDE

Spiritualité, Bonheur et Quête du Graal


La dette et votre épargne

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komyo
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Re: La dette et votre épargne

Message par komyo le Jeu 4 Déc - 4:11

troubaa a écrit:n'appelle pas libéralisme ce qui n'a rien à voir avec le libéralisme. L’endettement n'a rien à voir avec le système économique qu'il soit libéral ou dirigiste.
Le problème n'est pas l'endettement ce que sert à financer l'endettement. Mais bon...

Sur le libéralisme tu peux lire cet excellent article peut être y comprendras tu mieux et sortiras de tes préjugés primaires sur le libéralisme:
Alain Madelin :
FigaroVox: Alors que Nicolas Sarkozy a été élu ce weekend président de l'UMP, quel regard portez-vous aujourd'hui sur ce qui a longtemps été votre famille politique? Est-elle à la hauteur des enjeux actuels?

Alain MADELIN: A l'évidence, l'UMP, dans ses propositions, son programme et son action n'a pas vraiment permis de relever les défis posés à notre pays. Après l'immobilisme chiraquien post-2002, et à la faveur - ou avec l'alibi - de la crise, la droite UMP a plaidé pour le retour de l'Etat, le renforcement des frontières, la mise en oeuvre du principe de précaution, par exemple pour les gaz de schiste, augmenté les impôts et même défendu l'idée d'aligner la fiscalité du capital sur celle du travail! Sans doute l'idée la plus fumeuse pour l'économie, partiellement mise en œuvre sous Sarkozy, parachevée par les socialistes. Ce qui nous vaut aujourd'hui le double record du monde de la fiscalité du capital et de la taxation marginale du travail.
De même, l'idée du Pacte de responsabilité et du CICE était en germe dans la TVA sociale prônée par l'UMP.
Je pense que si les libéraux sont entrés dans l'UMP après 2002, le libéralisme en est sorti.
Pour moi, se dire de droite est bien trop court : il existe une droite dirigiste, protectionniste, xénophobe, à l'opposé de ce que je pense, et aux antipodes des solutions qu'il faut proposer aujourd'hui.

La droite libérale que vous incarnez existe-t-elle encore? Qui pourrait la représenter aujourd'hui?
Il est frappant de voir comment l'UMP, née de familles gaullistes, centristes et libérales, qui n'étaient pas de droite à l'origine, a viré à droite toute et en est même très fière: la «droite décomplexée», ça marche. Or, pour moi, se dire de droite est bien trop court: il existe une droite dirigiste, protectionniste, xénophobe, à l'opposé de ce que je pense, et aux antipodes des solutions qu'il faut proposer aujourd'hui.
Les idées libérales aujourd'hui ne sont pas incarnées politiquement. En revanche, elles irriguent de plus en plus largement le champ politique.

Nicolas Sarkozy a-t-il été un jour libéral, comme certains le lui reprochaient d'ailleurs en 2007?
Cette question me rajeunit. Du temps de mon premier compagnonnage avec Nicolas Sarkozy, celui des Etats Généraux de l'opposition - qui avaient alors très largement une tonalité libérale - les journalistes nous demandaient souvent ce qui nous différenciait lui et moi. Je répondais que j'étais libéral avant d'être de droite, tandis que lui disait qu'il était de droite avant d'être libéral.

Le mot «libéralisme» a mauvaise presse en France. Comment l'expliquez-vous?
Des idées qui hier, semblaient marginales, font souvent aujourd'hui presque consensus. Il serait dès lors dommage de ne pas profiter de cette opportunité pour transformer en profondeur notre pays.
Je conteste votre affirmation. Tous les sondages montrent que lorsqu'on met le mot «libéralisme» en compétition avec les mots socialisme, droite, capitalisme, il ressort largement en tête.
J'ajoute que lorsque l'on oublie le mot pour présenter aux français des propositions libérales en termes de liberté d'agir ou de choisir, on rallie les deux tiers et les trois quarts d'entre eux. Prenons un exemple précis: l'âge de la retraite. Faut-il l'établir à 64, 65, ou 70 ans?
C'est une mauvaise solution car le problème ne se pose pas ainsi.
La question économique est de ne pas distribuer plus d'argent qu'il n'y en a dans les caisses. La solution sociale la plus juste, c'est d'appliquer le principe «à cotisations égales, retraites égales» et de laisser en suite chacun choisir librement l'âge de sa retraite - c'est la retraite à la carte - et faciliter la constitution d'une épargne retraite complémentaire.
C'est le principe de la retraite par points, une idée qui d'ailleurs transcende aujourd'hui les clivages. Voilà un exemple de réforme libérale qui pourrait rassembler. Des idées qui hier, semblaient marginales, font souvent aujourd'hui presque consensus. Il serait dès lors dommage de ne pas profiter de cette opportunité pour transformer en profondeur notre pays.

N'avez-vous pas manqué de pédagogie, en vous enfermant dans une sémantique libérale?
On peut ne pas aimer le mot, néanmoins politiquement, philosophiquement, économiquement, il a un contenu clair, de plus en plus actuel. C'est un mot magnifique, évoqué par tous les défenseurs des droits de l'homme dans le monde dont le premier sens, selon le dictionnaire, est «généreux». Aujourd'hui d'ailleurs, qualifier un socialiste de libéral est une preuve d'évolution dans l'échelle politique!

Diriez-vous que d'une certaine manière François Hollande mène une politique libérale?
La croissance, c'est à la fois la compétitivité des entreprises et celle de l'Etat. De façon assez surprenante, vous avez une sorte de consensus mou entre la gauche, la droite, le centre et le patronat, sur l'idée selon laquelle le problème de compétitivité serait essentiellement dû au coût du travail trop élevé. On prône alors une politique qui a sa cohérence économique, la déflation salariale. Puisque je ne peux pas dévaluer ma monnaie, je pratique une sorte de dévaluation intérieure, en baissant les coûts de production, à commencer par le coût du travail, et en demandant aux salariés de payer une partie du coût de leur travail comme consommateur ou comme contribuable. C'est la politique initiée au précédent quinquennat avec la TVA sociale et poursuivie aujourd'hui avec le CICE et le Pacte de responsabilité. Je ne cesse de dire que cette politique est inepte et inefficace. La désillusion, qu'on commence à voir pointer, s'annonce grande.
Cette politique de baisse du coût du travail et de coupes dans les dépenses publiques, apparait comme une purge, et je ne veux pas laisser penser qu'il s'agit d'une politique libérale.
Les coupes salariales et l'austérité combinées forment une politique qui ne peut qu'échouer, et beaucoup la remettent en cause. Lorsque vous arrosez l'ensemble des entreprises avec un pacte de responsabilité de 50 milliards, les entreprises applaudissent ce qu'elles voient comme une reprise des impôts supplémentaires qu'on leur a fait payer. Dans les faits, on arrose le sable: la Poste ou la grande distribution sortent gagnants, alors que le problème de la compétitivité est celui de l'investissement dans les entreprises innovantes. 50 milliards paraît énorme, mais représente à l'arrivée 2% maximum du coût d'un produit industriel soumis à la compétition international, c'est-à-dire moins qu'une variation de quelques jours de l'euro, moins que l'impact de la facture du pétrole. Imaginer qu'on va bouleverser la compétitivité avec cette mesure est absurde.
Il faut changer de cap économique. S'il est vrai qu'on a distribué plus de salaires qu'il n'y a eu de gain de productivité au cours des 15 dernières années - il faut bien constater que cette augmentation est de la seule responsabilité du patronat. La question n'est pas aujourd'hui de diminuer les salaires au niveau des gains de productivité, mais d'augmenter les gains de productivité pour rejoindre le niveau des salaires. Cette politique de baisse du coût du travail et de coupes dans les dépenses publiques, apparait comme une purge, et je ne veux pas laisser penser qu'il s'agit d'une politique libérale. Il y a peut-être des socio-patronaux dans le gouvernement, mais sûrement pas de socio-libéraux!

Alors que faut-il faire?
S'il n'est pas dans le pouvoir de l'Etat de fabriquer la croissance, il est en son pouvoir de la libérer. Les deux ingrédients de la croissance sont le travail et le capital. Or, nous avons -répétons-le - les records mondiaux de taxation du capital et du travail. Ceci ne passe pas par le chômage et le recul du pouvoir d'achat.
Nous avons donc d'urgence besoin d'une fiscalité normale, qui s'aligne au moins sur la fiscalité des pays nordiques, qui ont, comme nous, un fort taux de dépenses sociales.
Nous avons également le patronat le plus assisté au monde. La facture de l'assistance au patronat et à l'économie va dépasser 150M€. En échange de cette somme, je pourrais supprimer l'impôt sur le revenu, sur les sociétés et les charges sociales patronales. C'est vous dire l'énormité de cette facture. Certes, on ne peut tout supprimer, mais il existe des marges de manœuvre. Je propose d'échanger ce trop plein de subventions contre des baisses d'impôts et des libertés supplémentaires!
Je suis un libéral « complet », politique, économique et sociétal : demandez à Zemmour ! Il se complaît à dénoncer l'axe du mal « libéral-libertaire » que je forme, selon lui, avec Cohn-Bendit. Je suis effectivement à l'opposé de cette verticale du pouvoir poutinienne, jacobine et paternelle qui fascine Zemmour.
Nous avons besoin aussi de reconstruire un vrai marché du travail, avec un droit du travail moins rigide et plus moderne.
La formation professionnelle devrait être également une grande cause de mobilisation nationale au-delà des clivages partisans. Plutôt que de faire des emplois d'avenir, qui sont bien chiches en terme d'avenir, mieux vaudrait mobiliser l'ensemble des entreprises au service d'une action d'urgence et en utilisant tous les nouveaux moyens de l'éducation numérique.
Ajoutons que nous avons besoin d'une large ouverture à la concurrence d'activités fermées, y compris les activités publiques.
L'outil de la compétitivité de l'Etat n'est pas la hache budgétaire mais la restructuration et la délégation de gestion pour réinventer l'Etat.

On connaît mal vos positions sur les questions de société ... Les qualifieriez-vous également de libérales?
Je suis un libéral «complet», politique, économique et sociétal: demandez à Zemmour! Il se complaît à dénoncer l'axe du mal «libéral-libertaire» que je forme, selon lui, avec Cohn-Bendit. Je suis effectivement à l'opposé de cette verticale du pouvoir poutinienne, jacobine et paternelle qui fascine Zemmour. Que la politique était belle du temps de la raison d'Etat!
En fait, et c'est ce qui angoisse Zemmour, c'est qu'il sait bien au fond de lui-même que nous ne subissons pas une simple crise dont il serait facile de sortir en restaurant l'ordre ancien. Nous vivons une profonde mutation.
Un changement de civilisation avec le passage de la société industrielle à la société mondiale de la connaissance. Une mutation de la notion de souveraineté, le grand passage de la souveraineté de l'Etat à la souveraineté de l'individu.
La réinvention des Etats est aujourd'hui guidée par le principe de subsidiarité, admirablement résumé par Abraham Lincoln «Tout ce que les citoyens sont capables de faire, il faut leur laisser faire».
Les analyses de Zemmour sont souvent très fines, mais ses conclusions, le rétablissement de l'autorité et de la virilité perdues, me paraissent d'un autre âge.
Et on sent aujourd'hui chez nos concitoyens une revendication spontanée de reprise en main de leurs affaires malmenées par l'Etat, une sorte de nouveau «laissez-nous faire» sous-jacent à beaucoup de colères des français. Les politiques doivent comprendre que le «faites moi confiance» ou l'anaphore égocentrique du «Moi président de la République» ne sont plus supportables. Je rêve d'un président qui dirait: «Je vous fais confiance», et qui ajouterait «je ne suis pas là pour faire, mais pour permettre de faire». Ceci dépasse la gauche et la droite. Il existe d'ailleurs à gauche un héritage génétique libéral autour de l'idée de «l'émancipation» des individus et j'accepte volontiers la devise des sociaux- démocrates «la liberté autant que possible, l'Etat autant que nécessaire».

Le triomphe de Zemmour ne signifie-t-il pas la défaites de vos idées?
Quand le bateau menace de couler, c'est le moment où l'on attend beaucoup de la protection du capitaine. Dans l'état de désarroi qui est le nôtre, et lorsque le capitaine parait dépassé, on désigne des boucs émissaires, comme les riches, la finance, les immigrés, l'Europe, l'Euro… On se réfugie dans un certain conservatisme social.
Je sais bien qu'à côté du niveau de vie économique, il existe aussi un niveau de vie du cœur, fait d'un certain nombre de valeurs, d'un héritage culturel, de règles de vie commune, et que ce niveau de vie là baisse aussi. Je ne mésestime pas ces problèmes même si je pense que la crispation identitaire n'est pas la solution.
Prenez l'exemple du mariage pour tous. J'avais critiqué le pacs devant le notaire à l'époque, en disant qu'il n'allait pas assez loin et qu'il fallait faire l'union civile devant le maire. Personne, hélas, ne m'a suivi alors à droite. Ainsi, les couples homosexuels se seraient de fait «mariés» à la mairie, et l'on n'aurait pas donné aux nombreux français qui sont attachés au mot «mariage» comme une sorte «appellation hétérosexuelle contrôlée» le sentiment d'être dépossédés.
Les analyses de Zemmour sont souvent très fines, mais ses conclusions, le rétablissement de l'autorité et de la virilité perdues, me paraissent d'un autre âge.

L'économie libre que vous prônez ne soulève-t-elle pas une question morale? Que faites-vous des ouvriers et des mineurs exploités dans des pays en voie de développement?
Il y a effectivement une question morale: faut-il interdire aux plus pauvres de s'enrichir? Les plus pauvres profitent incontestablement de libertés économiques et du libre-échange. La vraie question me parait être celle de la baisse du moral des français, de la perte de confiance dans l'avenir. Regardons aujourd'hui l'avenir avec confiance.
Deux moteurs de croissance sont aujourd'hui allumés à l'échelle de la planète. Le moteur de l'innovation et de la création destruction. Les progrès à venir dépassent l'imagination. Le moteur de la mondialisation et de l'enrichissement par l'échange.
J'ai le sentiment de vivre une sorte de « perestroïka française ». Souvenez-vous, dans les pays de l'Est, vers la fin du communisme. On y faisait ce diagnostic « la base ne veut plus, le sommet ne peut plus ». La perestroïka, c'était la tentative de la nomenklatura de faire un certain nombre de réformes censées prolonger le système et le préserver d'une remise en cause plus profonde.
7% de croissance signifie que vous doublez votre niveau de vie tous les dix ans, tandis que 0,5% de croissance le doublent tous les 150 ans. Le problème, c'est que les français ont aujourd'hui la sensation de subir une grande panne. Ceci exacerbe les tensions sociales et les politiques sont tentées, faute de résultats, de s'affirmer par des discours démagogiques.
Je considère aujourd'hui la situation sociale comme très grave: la pauvreté et le précariat gagnent du terrain, le chômage progresse, le pouvoir d'achat réel recule, les fins de mois sont de plus en plus difficiles, et même souvent dramatiques pour beaucoup trop de nos compatriotes. Une partie de France décroche, que ce soit dans nos cités ou au fond de nos campagnes.
Tous ces drames humains au quotidien ne sont pas le fruit d'un excès de libéralisme ou d'une insuffisance de dépenses publiques!
J'ai le sentiment de vivre une sorte de «perestroïka française». Souvenez-vous, dans les pays de l'Est, vers la fin du communisme. On y faisait ce diagnostic «la base ne veut plus, le sommet ne peut plus». La perestroïka, c'était la tentative de la nomenklatura de faire un certain nombre de réformes censées prolonger le système et le préserver d'une remise en cause plus profonde. Je pense qu'aujourd'hui l'urgence sociale, l'impératif de la croissance et l'exigence de mutation de l'économie et de l'Etat exigent un sursaut libéral.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/11/28/31001-20141128ARTFIG00379-alain-madelin-l-ump-le-liberalisme-et-moi.php

C'est bien sannat qui écrivait cela :
Mais pourquoi rien ne marche ?
Déjà pour des raisons démographiques. Lorsque la population diminue, il est rare que le PIB augmente pour la simple et bonne raison que le PIB c’est un montant de richesse par tête de pipe et quand il y a moins de têtes de pipe, eh bien il y a moins de richesses au total. La « déflation » démographique s’accompagne d’une déflation économique. Et puis il y a d’autres facteurs comme la mondialisation qui est déflationniste et pour rester compétitif, il faudrait baisser nos salaires… ou fermer nos frontières, vaste débat. Il y a les progrès techniques, qui sont déflationnistes, et aussi la nature même du capitalisme qui EST par définition déflationniste puisqu’il vise toujours à faire mieux avec moins… C’est même ce que l’on appelle la « productivité » !!


est on en décroissance démographique ?
oui : sannat a raison
non : sannat dit des conneries. Et comme elle n'interviendra au mieux pas avant 30 à 50 ans tu peux en tirer la conclusion que tu veux.... si tu es objectif évidemment.

Je te l'ai déjà dit le niveau d'analyse économique de sannat est à l'image de sa syntaxe : niveau café du commerce.

et puis n’oublie pas de suivre ses conseils.. achète de l'or.... aupres de sannat si possible  Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy  Very Happy

Question syntaxe et orthographe, je préfère celle de sannat a la tienne. Mais là n'est pas le sujet, tu en conviendras ! Wink
concernant les mpx j'ai fait le nécessaire, sans passer par sannat qui est cher.

Au fait !

La dette américaine vient de dépasser 18 000 milliards de dollars.
Et ça continue : http://www.usdebtclock.org/index.html


_._._._._._._._._._._._


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Re: La dette et votre épargne

Message par komyo le Jeu 11 Déc - 23:36

La dette italienne, bientôt un actif pourri mais tout va bien

Publié le 10 déc. 2014

La nouvelle est passée presque inaperçue alors qu’elle mériterait la une des journaux : la dette publique de l’Italie n’est plus qu’à un cran de la catégorie spéculative ! L’agence Standard & & Poor’s l’a dégradé vendredi dernier d’un cran à BBB-, soit la dernière note pour la qualifier encore comme un "investissement". Ensuite on passe à la catégorie appelée littéralement "non-investment", un produit spéculatif, ou pourri si l’on préfère. Bientôt une junk bond donc. Il s’agit tout de même de la plus importante dette publique de la zone euro (2168 milliards d’euros), la troisième dans le monde en volume (après les Etats-Unis et le Japon) et également la troisième en pourcentage du PIB (133% du PIB, derrière le Japon à 243% du PIB et la Grèce à 174% du PIB). Les autres pays notés BBB- par S&P sont l’Azerbaïdjan, la Bulgarie, l’Inde, le Maroc, la Roumanie et l’Uruguay.

Pour S&P, cette dégradation de la note italienne "reflète la faiblesse récurrente des performances du produit intérieur brut, tant en termes réels que nominaux, qui sapent sa capacité à faire face à sa dette publique." La croissance ne repart pas et la dette ne peut que continuer à augmenter dans les années qui viennent, et à peser encore plus sur les comptes publics. Une situation intenable à long terme. Le chômage a atteint un niveau record en octobre à 13,2% de la population active (et 44% chez les jeunes), l’économie semble à l’arrêt. Le chef du gouvernement Matteo Renzi parle beaucoup, fait des annonces, défend des réformes, mais pour l’instant peu de choses ont changé concrètement et la Commission européenne commence à s’impatienter.

L’élément remarquable est la totale indifférence avec laquelle les marchés ont accueilli la nouvelle. Le taux à 10 ans de la dette italienne baisse régulièrement sur l’année 2014 et vient de passer sous les 2%. Aucun affolement n’a accompagné la dégradation de S&P. S’il faut illustrer la bulle obligataire qui sévit dans le monde, le cas de l’Italie s’avère l’un des plus révélateurs.

La déconnexion entre les prix de marché et la réalité économique atteint des sommets, celui qui achète aujourd’hui un bon du Trésor italien à 10 ans possédera bientôt un actif noté en catégorie spéculative, dans ces conditions accepter une rémunération de 2% l’an seulement représente une sacrée prise de risque, une aberration même. Mais les investisseurs se disent que la Banque Centrale Européenne interviendra pour sauver leur mise. L’aléa moral est à son maximum : prenons des risques inconsidérés puisque, de toute façon, la BCE fera le nécessaire pour éviter une banqueroute. Il est vrai que la dette italienne est "too big to fail", comme celle de la France, de l’Espagne, comme les grandes banques européennes, et en conséquence tous ces acteurs bénéficient d’excellentes conditions de financement. Donc finalement tout va bien, c’est la Dolce Vita !

On vit plutôt ici une sorte d’hallucination collective, les autorités monétaires ne peuvent pas tout faire, il suffit de voir le mal qu’elles se donnent pour la Grèce, qui continue de sombrer, une crise de la dette italienne serait évidemment d’une toute autre ampleur. La zone euro peut-elle survivre si sa dette publique la plus importante est notée comme un actif pourri ? Voici la question à se poser et la réponse ne va pas de soi.


Philippe Herlin
https://www.goldbroker.fr/actualites/dette-italienne-bientot-actif-pourri-mais-tout-va-bien-670


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Re: La dette et votre épargne

Message par loli83 le Ven 12 Déc - 0:40

Mangeons et buvons car demain nous mourrons ... (1 corinthiens 15:32 )
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gaston21
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Re: La dette et votre épargne

Message par gaston21 le Ven 12 Déc - 11:15

"Selon l'Organisation internationale du travail, la Grèce ne devrait pas retrouver son niveau d'emploi de 2008 avant 2038." (Marianne)  L'austérité, ça paye! Bah, certains arrivent quand même à s'en tirer! Bernard Arnault, par exemple; 11 millions d'euros dans la poche en 2014, 916000 euros par mois, 811 fois le Smic! Il paraît même qu'il craint le génocide fiscal! Et vive l'Europe des travailleurs!
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troubaa
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Re: La dette et votre épargne

Message par troubaa le Ven 12 Déc - 12:27

55 000 emplois détruits en France entre juillet et septembre. plus forte baisse depuis 2009 ! au moment de la recession
en terme d'emplois on est retombé au niveau de 2004 !

c'est vachement efficace de taxer un max cela créé plus de pauvre.


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Re: La dette et votre épargne

Message par Dédé 95 le Ven 12 Déc - 13:06

De toute façon les taxes reviennent là où l'état les a pris, suffit de voir les concessions d'autoroutes....et ce n'est qu'un exemple!
Ca n'existe pas les licenciements boursiers? Siffle


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Re: La dette et votre épargne

Message par troubaa le Ven 12 Déc - 13:26


2 points :
Les autoroutes :
Preuve en est que quand c'est une entreprise privée qui gère cela est mieux géré et cela devient rentable. (l'Etat en capte 33% de ce surcroît de rentabilité) .Quant au mythe médiatique qu'on les a bradé c'est bon pour les téléspectateur de TF1.

Le licenciements boursiers.
A proprement parler cela n'existe pas.
Qu'est ce ?
C'est une entreprise qui connait des difficulté.
Elle prend des mesures d'économie et donc devient plus profitable et reprend donc de la valeur. Donc son action a baissé quand elle était en difficulté et remonte quand des mesures adéquates sont prises pour restaurer sa rentabilité..

C'est simplement de la bonne gestion. Il ne faut pas attendre qu'il soit trop tard pour agir, sinon c'est trop tard.

Mais bon cette notion de licenciement boursier ou des autoroutes bradées fait partie de l’endoctrinement habituel des bobo-gauchistes : De la désinformation a dose homéopathique et permanente destinée à servir une idéologie égaitariste.

Tiens par rapport à cette idéologie égalitariste : Valls ou hollande n’arrêtent pas de nous dire  qu'il faut lutter contre les inégalités.... ils ne disent jamais qu'il faut lutter contre la pauvreté. Le souci c'est l'égalitarisme. Tous pauvre mais égalitairement.
Moi si je suis riche et que mon voisin est 5 fois plus riche que moi j'en ai rien à faire de l’inégalité.... alors que si je suis aussi pauvre que mon voisin là cela me souciera.


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Re: La dette et votre épargne

Message par Dédé 95 le Ven 12 Déc - 13:40

Le licenciements boursiers.
A proprement parler cela n'existe pas.
Qu'est ce ?
C'est une entreprise qui connait des difficulté.
Elle prend des mesures d'économie et donc devient plus profitable et reprend donc de la valeur. Donc son action a baissé quand elle était en difficulté et remonte quand des mesures adéquates sont prises pour restaurer sa rentabilité..

C'est simplement de la bonne gestion. Il ne faut pas attendre qu'il soit trop tard pour agir, sinon c'est trop tard.
Va dire ça aux licenciés de la sidérurgie! Je n'ose même pas te citer Arcelor! (A bah si je l'ai fait Very Happy )
De toute façon les chomeurs c'est l'état qui paye jusqu'à preuve du contraire. Et l'état il puise où l'argent nécessaire?
Pourquoi ce ne serait pas les entreprises qui subviendraient au secours des chomeurs qu'ils ont licenciés...en attendant la reprise d'une activité?
C'est pas du bobo-gaucho c'est du libéralisme primitif,
- l'état met son nez partout mon cher monsieur Very Happy


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Re: La dette et votre épargne

Message par troubaa le Ven 12 Déc - 13:55

Sacré dédé tu n'en rates pas une ! Very Happy  Very Happy

Le chômage est une assurance. incroyable non..?  Même que cela s'appelle Assurance chômage.
Les cotisations sont payées par les salariés et entreprises pas par l'Etat !

Sinon je dis cela a tout le monde. C'est de la logique économique. du simple raisonnement de bon sens.
Une fois de plus le problème n'est pas le licenciement mais la création d'emplois.  Perdre son travail n'est pas grave ce qui est grave c'est de ne pas en retrouver.


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Re: La dette et votre épargne

Message par komyo le Sam 26 Mar - 21:14



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