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L'épicurisme... d'Epicure

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Message par Invité le Ven 20 Juil 2012 - 7:20

Pas grand'chose à voir avec la recherche du plaisir...
C'est aussi le premier but du bouddhisme: la suppression de la souffrance.


L'éthique d'Epicure est un hédonisme qui se fonde sur la thèse selon laquelle "le plaisir est le principe et la fin de la vie heureuse".

Epicure entendait par "plaisir" essentiellement les plaisirs corporels, ceux de la chair, du ventre. Mais il ne s'agit pas pour autant de plaisirs grossiers ou vulgaires, de débauche, ni de plaisirs "en mouvement", qu'il faut sans cesse satisfaire, comme on pouvait les trouver chez les successeurs d'Aristippe de Cyrène, pour qui seule la recherche de la jouissance était la vraie fin à suivre. Bien au contraire, le plaisir, essentiellement corporel, est celui qui est conséquent avec la philosophie atomiste; celle-ci postule en effet que tout ce qui est doit exister dans la plénitude de son être pour peu que rien ne vienne le troubler; lorsque rien ne manque au corps, qu'il possède tout ce qui lui est nécessaire, il peut jouir d'un plaisir stable, en repos, c'est-à-dire d'un plaisir "catastèmatique", constitutif, et qui est l'expression de l'équilibre des atomes qui le composent.

Aussi faut-il viser à l'absence de troubles en nous, à l'ataraxie qui, seule, nous donne la paix de l'âme en supprimant les craintes et l'agitation des désirs, en se subordonnant à cette seule fin véritablement estimable qu'est le plaisir catastèmatique. La recherche du plaisir comme "absence de douleur" ne doit donc pas être entendue négativement, comme quelque chose que l'on retranche à ce qui est, mais positivement, comme ce qui traduit un équilibre corporel qui nous fait vivre en harmonie avec nous mêmes aussi bien qu'avec la nature.
Tout plaisir est, par essence, physique, naturel, et ceux de l'âme n'en sont que des variétés; celle-ci est capable, grâce aux sensations, d'anticipation et de délibération, elle nous permet de choisir parmi les plaisirs ceux qui excluent toute souffrance à venir, car "aucun plaisir n'est en soi un mal, mais les effets de certains plaisirs apportent avec eux de nombreux troubles plus intenses que les plaisirs qui les ont causés".

Nous pouvons donc atteindre le bonheur, mais à condition de ne pas rechercher n'importe quels plaisirs et de nous livrer à un calcul permettant de prendre en compte seulement ceux qui nous rendent véritablement heureux. Pour cela, il faut distinguer les plaisirs qui sont naturels et nécessaires, comme manger ou boire, de ceux qui, pour être naturels, n'en sont pas pour autant nécessaires, comme manger une nourriture raffinée, ou trop manger ou trop boire, et dont les conséquences amènent le déséquilibre du corps, et donc la douleur. Quant aux plaisirs qui ne sont ni naturels, ni nécessaires, comme la recherche du pouvoir, des honneurs, ou des richesses, ils proviennent de l'ignorance, de l'opinion creuse et ne peuvent amener aucune vie stable et équilibrée.

Seule la première sorte de plaisirs, ceux qui sont naturels et nécessaires, doit être recherchée: c'est dire que la vie heureuse doit se fonder sur la modération des plaisirs, la recherche du juste milieu, tout excès entraînant invariablement en nous des déséquilibres qui rompent l'harmonie des atomes qui composent notre corps. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut toujours chercher à satisfaire nos désirs, ni qu'il faut fuir toutes les douleurs et toutes les souffrances; c'est en essayant au contraire d'en surmonter certaines, grâce à l'intervention de la raison et de la volonté qui donnent leur adhésion ou non à telle ou telle inclination, que l'on peut éprouver aussi un plaisir qui n'en a alors que plus de valeur.
La douleur pouvant être surmontée, puisqu'elle est imputable principalement à notre manque de discernement, à notre mauvais jugement dû à notre ignorance des choses, la vie heureuse est possible grâce à la réalisation des plaisirs que l'on choisit.

Libéré des craintes et des superstitions, n'ayant que peu de besoins, vivant à l'écart de la société, le sage épicurien peut prétendre mener une vie paisible et tranquille, être heureux au milieu des tempêtes qui agitent le monde. La philosophie matérialiste et hédoniste d'Epicure nous enseigne qu'il appartient ainsi à chaque homme d'être l'artisan de son propre bonheur.


LIEN (hélàs difficile à lire parce que sur fond bleu)
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Message par Invité le Ven 20 Juil 2012 - 8:59

C'est repris de nos jours par Michel Onfray et c'est vrai que la philosophie zen est dans cet esprit-là. C'est une véritable ascèse, en fait ; parceque, tant que tout va bien, la pratique ne demande qu'un peu d'optimisme, mais quand une vraie difficulté est à surmonter, il vaut mieux avoir une longue pratique derrière soi!
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Message par Tibouc le Ven 20 Juil 2012 - 16:58

Ca me rappelle mes cours de philo de terminale tout ça ! Very Happy

C'est vrai qu'aujourd'hui le terme "épicurien" est totalement galvaudé. Des gens qui se goinfrent et boivent comme des trous s'affirment comme tels alors qu'il font l'inverse de ce qu'Epicure préconisait.
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Message par Tibouc le Ven 20 Juil 2012 - 17:20

Pour moi, il n'y a que 3 plaisirs vraiment indispensables : manger, dormir et faire l'amour.
Si vous avez les moyens de satisfaire les trois (dans de bonne conditions) vous pouvez être heureux.
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Message par Invité le Ven 20 Juil 2012 - 18:16

si ton plaisir est de faire l'amour comme tu l'as décrit, sans échange autre avec ta partenaire, eh bien, je te souhaite de tout mon coeur d'en découvrir d'autres...

Ce que tu décris là est, à mon avis, du niveau des animaux: ces plaisirs sont nécessaires pour assurer la survie de l'espèce, c'est leur seul but, et dès qu'on en abuse ou qu'on se laisse guider par eux, on en souffre. Je les considère simplement comme "satisfaire des besoins", sans plus.
J'ai infiniment plus de plaisir à passer du bon temps avec des amis, créer un beau vitrail, me promener dans les bois, réussir un défi qui me tient à coeur, découvrir un nouveau pays, me remplir d'un coucher de soleil sur la mer...

Ce que tu décris est pour moi juste une base, un tremplin.
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Message par Tibouc le Ven 20 Juil 2012 - 18:29

Tu seras d'accord sur le fait qu'il faut commencer par le commencement, donc par les besoins de base.

Avoir des amis, se promener et admirer le paysage c'est très sympa, mais ça ne sert à rien si vous n'avez pas le minimum vital. Sans celui-ci qui se compose des trois désirs que j'ai décrit, vous ne pouvez pas atteindre l'ataraxie.

Ceci dit, je n'ai pas dit qu'il fallait en abuser.
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Message par Invité le Ven 20 Juil 2012 - 18:45

eh bien, moi je dirais l'inverse: avoir satisfait ses besoins primaires sert à pouvoir goûter de la plénitude du coucher de soleil: ils ne servent à rien s'il on se tient à leur niveau Wink

Et une fois qu'on a goûté des autres plaisirs, même si on est privé des besoins de base, on peut encore s'y plonger.

Je dirais même plus: on profitera encore mille fois mieux des plaisirs "de base": manger un framboise peut devenir une expérience mystique... On est alors capable de se contenter de peu, tandis que tant qu'on reste au niveau de la satisfaction des besoins, on a toujours besoin de plus, on n'est jamais satisfait, parce que la "faim" fondamentale (mystique) n'est pas assouvie.

Qu'en pensez vous, les autres ? OK, c'est un peu caricaturé...
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Message par Invité le Sam 21 Juil 2012 - 9:14

l'humain est culturel et non plus naturel . Ce qui fait que la satisfaction de ses besoins ne suffit pas . Il a besoin d'échanger, car il est grégaire et ne peut se suffire isolé . L'échange exige la prise en considération de l'autre ... d'où les "cpmplications " affectives . Prendre sans donner fait le prédateur, pas l'humain accompli .
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Message par Invité le Sam 21 Juil 2012 - 10:23


l'instinct grégaire fait partie, à mon sens, des besoins de base, comme le sexe et le sommeil. L'humain seul est trop vulnérable

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