LA TABLE RONDE

Spiritualité, Bonheur et Quête du Graal


Médias et agenda politique

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komyo
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Médias et agenda politique

Message par komyo le Sam 2 Sep - 9:07


Tout a fait pertinent cette remarque sur le choix des médias des thèmes qui font ou non l'actualité, ce qu'il appelle leur calendrier. comment ne pas penser aux histoires de l'alba, sorti a brule pourpoint avant le premier tour, puis aujourd'hui celles sur le vénézuéla, quand dans le meme temps on pourrait parler de tas d'autres choses !




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Re: Médias et agenda politique

Message par troubaa le Sam 2 Sep - 9:23

donc il ne faudrait pas parler du Vénézuéla ! Parce que cela gène certain parti ?

La France Insoumise aimerait donc que l'on ne parle que des sujets qui l'arrangent. Par contre quand on parle des problèmes de Bayrou juste avant des élections législatives cela ne la dérange moins. Etrange ? Comme cela ne l'a pas dérangé le moment de sortie de l'affaire Pénéloppe. rien à redire non plus. Pa contre si cela concerne de prés ou de loin FI alors là.....

On sent bien cette volonté sous-jacente de contrôler  l'information de la part des néo-marxistes. Est-ce pour cela que Raquel Garrido s'est lancé dans le métier de chroniqueuse en plus d’être porte-parole de FI. Belle collusion.  
Bien sur dans le cas de Raquel Garrido il n'y a pas de conflit d’intérêt voyons !


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Re: Médias et agenda politique

Message par komyo le Sam 2 Sep - 9:36

tu es stupide ou tu fais semblant, le problème n'est pas de parler ou non de quelque chose, mais le choix délibéré qui consiste à avancer certains sujets d'actualité et d'en masquer d'autres !
je ne parle meme pas du pilonnage médiatique. Au fait prend un peu de temps pour voir les vidéos et les comprendre au lieu de répondre a l'emporté, que ce soit ici sur les mécanismes de propagande ou ailleurs sur le climat, cela évitera que l'on perde du temps !


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Re: Médias et agenda politique

Message par troubaa le Sam 2 Sep - 11:02

Evidemment je suis stupide (ou négationiste) si je ne pense pas comme toi. :on connait le discours !

Ma réponse concernait ton commentaire pas la vidéo en elle-même.

Les vidéos je n'en suis pas fan : trop manipulatrice ne laissant ni le temps à la réflexion ni à la contradiction. on est trop passif. on ingurgite. ca va trop vite c'est t construit pour ne pas nous laisser le temps à l'analyse. ca défile on se laisse emporté comme une embarcation sur le torrent .

Pour te faire plaisir j'ai regardé ta vidéo.

Concernant la vidéo :  L’enchevêtrement habituel entre le sujet exploité par les médias et les médias qui créé le sujet. L'existence de ce fait est directement lié à l'existence des médias. J'ai bien aimé cette phrasde "les médias ne nous disent pas ce qu'il faut penser à mais à quoi pensé".  C'est la connaissance de l'actualité qui provoque cela.

A noter que'au final je n'ai pas très bien compris le rapport entre ton commentaire et la vidéo. Surement parce que je suis stupide.... ou parce que j'ai lu l'un avant de voir l'autre.


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Re: Médias et agenda politique

Message par komyo le Sam 2 Sep - 11:52

troubaa a écrit:
Concernant la vidéo :  L’enchevêtrement habituel entre le sujet exploité par les médias et les médias qui créé le sujet. L'existence de ce fait est directement lié à l'existence des médias. J'ai bien aimé cette phrasde "les médias ne nous disent pas ce qu'il faut penser à mais à quoi pensé".  C'est la connaissance de l'actualité qui provoque cela.


tu n es pas forcé de faire du la palice maintenant. la problématique soulevé est le choix dont tu dénies l'arbitraire parce qu'en tant que profiteur de ce système, au moins au niveau politique, de "l actualité" choisie par les médias, le reste est de la littérature ! cheers



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Re: Médias et agenda politique

Message par troubaa le Sam 2 Sep - 12:00

tu as raison en tant que soutien politique de fillon j'ai vachement profité du système médiatique... tout le monde se souviens que les média ont favorisé Fillon à outrance durant la campagne présidentielle PTDR PTDR PTDR PTDR

Je ne peux que réponde par une lapalissade a une video faite de lieu commun.
Que veux tu répondre à cela :
- Que les politiciens font de la politique spectacle pour que les médias parlent d'eux
- Qu'ils utilisent des éléments de langage pour faire passer des messages au travers des médias
- Que les médias exploitent ou non certains thèmes suivant la mode du moment.

bah oui. C'est ce que dis ta vidéo non ?


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Re: Médias et agenda politique

Message par komyo le Sam 2 Sep - 20:54

fillon a bénéficié d'un traitement de faveur, mais tout cela rejoint ce que je disais, puisque l'oligarchie médiatique a joué macron, le jeune américan leader adoubé par bildelberg et son premier ministre aussi (tiens une coincidence complotiste ^^)
ensuite cela a été mélenchon avant le second tour, puis le pen et la soit disant lutte contre les loups qui allaient rentrer dans paris (j en rigole encore !)


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Re: Médias et agenda politique

Message par troubaa le Sam 2 Sep - 21:42

oui à chacun son tour finalement !

sans oublié la surprise-partie de macron à las vegas ou sur "comment il a dépenser 3 millions" si rapidement,(gastounet ne s'en est pas encore remis), sans oublier l'affaire des assistants du moden (qui a poussé à la démission 3 ministres, alors que l'affaires des assistants de melanchon a fait pschitttt, tout comme sa démission en cours de mandat pour briguer un autre mandat ce qui n'a rien de "moral".

Aujourd'hui sa porte parole cumul les fonctions de porte parole, d'avocate et de chroniqueuse dans le groupe du milliardaire Bolloré. Elle mange à tous les râteliers sans que cela ne fasse un gros scandale, et le tout en habitant dans un HLM !

Épargné pour l'instant les écolos. Ils bénéficient d'un traitement de faveur... jusqu'à quand ?

Les partisans d'un mouvement ont toujours tendance à se sentir persécuté par les médias.. (moi le premier)


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Re: Médias et agenda politique

Message par gaston21 le Dim 3 Sep - 11:26

Troubaa, tu abordes le cas Fillon avec son escroquerie gigantesque cachée sous la soutane du pratiquant... Nous abordons souvent le problème des médias et leur assujettissement aux pouvoirs de l'argent. Crois-tu que le cas Fillon soit sorti dans la presse sans ce vilain Canard qui ose mettre son bec dans la m... des puissants; et pourtant elle pue plus que celle de ceux qui ont faim! Sans le Canard, par exemple, qu'aurait-on su des diamants de Giscard qui y a laissé son trône? De la camionnette du laitier le matin de bonne heure quand il revenait de la 1ère messe aux Augustins? Quasi un seul journal indépendant qui modifie le cours des événements. Allo, Ferrand? Le Canard te surveille-t-il toujours?
Ah, chère liberté de la presse!
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Re: Médias et agenda politique

Message par troubaa le Dim 3 Sep - 12:36

oui chacun en prend pour son grade non ? et c'est très bien ainsi
Même l'innocent melanchon ne t'en déplaise.
JE ne vois pas au nom de quoi il faudrait épargné la France Insoumise en ne parlant plus du vénézuéla...


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Re: Médias et agenda politique

Message par komyo le Mar 2 Jan - 16:16

non, non, c'est pas un fake ! Paris match informe les péons !



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Re: Médias et agenda politique

Message par Dédé 95 le Mar 2 Jan - 19:03

Les petits soldats du journalisme nous racontent la manif de la France Insoumise en Septembre!

Un participant raconte:
Dans le cortège, on parle, on parle politique, on parle stratégies, on parle formes d’action, on parle histoire. On tente de comprendre ce qui se trame, le but que poursuivent les classes possédantes et d’imaginer les actions qui nous restent possibles. On parle Grèce, on parle Espagne. Le pays vit, la démocratie vit, loin de la résignation, loin de l’apathie qui fait dire à certains : « laissons lui le temps avant de le juger ». Le temps de ravager le paysage social qu’il faudra des décennies pour reconstruire. Loin de l’apathie désespérée qui a conduit à l’élection de Macron.

On ne parle pas Mélenchon. Pas que. On parle luttes, on parle organisation, on réfléchit aux échecs qu’on a subis, à la question de l’unité d’action, aux alliances douteuses... L’avenir, l’espoir, ce n’est pas Mélenchon, c’est nous. Mélenchon, la France Insoumise, c’est ce que nous avons de mieux pour le moment. Et ce rassemblement prouve assez que ce mouvement crée quelque chose, agrège quelque chose. Que l’on doit le faire vivre, mais qu’il faudra le dépasser. Le Mélenchon qui remplira demain les éditoriaux et fera causer les commentateurs radio et télé n’est que la voix de cet élan, que celui qui résume l’histoire à laquelle nous croyons ; il n’est que le catalyseur de ce qui bout dans ce pays et ne peut pas ne pas aboutir, aboutira nécessairement. Ou alors il est inutile de nous ressasser encore et encore l’antienne du « Pays de l’abolition des privilèges ».

Ça vibre sur cette place, ça vibre de détermination, de réflexion, de volonté de résistance. Ça vibre de la joie de découvrir qu’on n’est pas seul à enrager, pas seul à n’en plus pouvoir de cette hypocrisie, de ce mépris, de cette volonté de domination affichée de manière aussi cynique.

Sagement rentrés à la maison, on ne peut résister à la tentation d’écouter l’écho de ce moment à la radio, à la télé. Mais quelle erreur !

Car là, sur les plateaux, sur les antennes, dans les salons où les commentateurs en vue invitent les analystes en vue, les chiens de garde veillent.

Et tout de suite on retrouve l’entreprise de décérébration, l’entreprise de destruction, l’entreprise d’avilissement que l’on avait un instant oubliée. Un court instant on avait cru que le courant qui animait ce rassemblement pourrait être en partie raconté, sinon approuvé ou encensé.

Mais non. Les vedettes poudrées qui parlent de nous n’ont rien vu, rien entendu, rien compris, et leurs envoyés spéciaux, sur fond de bannières pour faire vrai, n’ont parlé à personne.

Rien de ce que nous avons senti, discuté, déploré, espéré n’a été entendu. Les micro-trottoirs chers à ces marionnettes clonées de l’information, comme à l’accoutumée, ne racontent que ce que nos chers enquêteurs avaient décidé de dire avant même de se déplacer.

Le pompon est bien entendu détenu par les exégèses du discours de J.L. Mélenchon. L’ont-ils écouté ? L’ont-ils entendu ? Où étaient-ils ? En tous cas, ils n’en ont rien compris, ou si l’on veut être indulgent avec leur possibilités intellectuelles, ils feignent de n’en avoir rien compris.

Tous, d’une chaîne à l’autre, se livrent à l’exercice qu’ils ont appris. Ne retiennent que les éléments de surface, que des traits de forme. Aucun ne semble avoir compris la densité et la force de ce qui a été dit et qui a trait non à la candidature de l’orateur, non à son accent, non à ses gestes, mais bien à l’histoire, à l’histoire du mouvement social en marche, à l’histoire des régressions voulues par le macronisme et par lui baptisées du joli nom de réformes.

N’ont-ils rien compris ou agissent-ils consciemment, c’est là une question sans objet car les effets de leur paroles dédaigneuses demeurent, et nos éditorialistes vedettes semblent incorrigibles et aveugles.

Le sommet est bien entendu atteint avec la « polémique » sur le rôle de la rue dans l’histoire. Car tous ces affamés de petites phrases ont bien vite réalisé le parti qu’ils pouvaient en tirer. Réalisé qu’il y avait là de quoi, sans effort, alimenter plusieurs jours de « buzz » très rentable. De buzz inutile et creux.

Car enfin, existe-t-il un seul imbécile qui ait compris que J.L. Mélenchon comparait Macron à Hitler ? Y a-t-il eu en France un seul auditeur suffisamment privé de cervelle et du minimum de connaissance historique pour ne pas comprendre ce qui était dit ?

Y a-t-il quelqu’un d’autre qu’un commentateur de télé pour avoir entendu que l’armée rouge et l’US army n’ont pas participé à la libération, que le FFI a détruit seul la Waffen SS ? Y a-t-il quelqu’un d’assez obtus pour avoir entendu que « la rue a toujours raison » ?

Eh bien non. Il n’y a qu’eux pour ne pas avoir compris que ce qui était dit, c’est que la démocratie dont ils se gargarisent ne peut s’arrêter à une élection, surtout lorsqu’elle est aussi peu probante que celle de Macron. Légitime, certes, puisqu’il faut bien une règle. Mais assez concluante et autorisant la violence législative sans le moindre recours, certes non.

Il n’y a qu’eux pour ne pas se souvenir que si « la rue » ne promeut pas que des progrès humains, c’est en tous cas toujours d’elle que proviennent les grandes avancées auxquelles jamais les classes au pouvoir ne consentiront par bonté d’âme. Et si « la rue », bien sûr peut parfois être mauvaise conseillère puisque l’avancée de la civilisation n’est pas linéaire, c’est bien d’elle que viennent les grands espoirs, elle qui parfois fait plier les régimes, fussent-ils démocratiques lorsqu’ils se dérobent à leurs promesses. Ainsi le conquêtes du Front populaires sont-elles celles des grévistes et des manifestants davantage que celles des équipes politiques... Et c’est devant eux que les grands possédants et les hauts dirigeants durent céder. Ainsi les mobilisations précipitèrent-elles la fin de la guerre du Vietnam que militaires, fabricants de canons et politiques ne savaient arrêter.

Mais la rue, bien entendu, leur fait peur et dérange leur jeu.


Que Gérard Collet m'excuse d'avoir coupé la moitié de son article


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Re: Médias et agenda politique

Message par komyo le Mar 2 Jan - 21:22

Mais non. Les vedettes poudrées qui parlent de nous n’ont rien vu, rien entendu, rien compris, et leurs envoyés spéciaux, sur fond de bannières pour faire vrai, n’ont parlé à personne.


Et après quand certain(e)s en font la remarque, les défenseurs de la démocratie, des médias et autres courtisans professionnels balancent leur grand numéro sur la liberté d expression qui serait en péril... lamentable !


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Re: Médias et agenda politique

Message par loli83 le Mar 2 Jan - 22:37

en parlant de liberté d'expression , quand dans mes réactions aux actualités je critique Valls ou la Ministre de la santé , mon opérateur Orange me censure systématiquement !

elle est belle la démocratie , ailleurs cela peut ëtre pire je sais , mais déjà en france c'est pas mal
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Re: Médias et agenda politique

Message par Dédé 95 le Ven 5 Jan - 13:09

Quand Anne-Sophie Lapix voit nos salaires s’envoler


Le journal télévisé de 20 h de France 2 de ce jour annonce en entrée, comme deuxième sujet, après la tempête : "Votre salaire va augmenter ; vous le découvrirez à la fin du mois, c’est l’effet de la baisse des cotisations chômage et maladie. Nous verrons qui en bénéficiera le plus".

Le sujet

Anne-Sophie Lapix : "Dans quelques semaines, les employés recevront leur tout premier bulletin de salaire de l’année 2018 et une bonne surprise les attend : une petite hausse du chiffre du bas. Elle est due à la baisse des cotisations-chômage et maladie, atténuée malgré tout par la hausse de la CSG. Reportage dans une entreprise de Laurent Desbonnet et Olivier Gardette."

Le reportage

"L’heure des calculs dans cette entreprise pour établir les prochaines fiches de paye. Car ce mois-ci plusieurs lignes vont bouger. La CSG, d’abord, va augmenter : plus 1,7 point. Une hausse qui sera plus que compensée par des baisses de cotisations : moins 0,75 points pour la maladie et pour l’assurance-chômage moins 1,45 point. Résultat : une augmentation du salaire net. Un changement simple et rapide, selon le patron."

Le patron : "Pour nous, ça ne nous coûte rien. C’est quelque chose qui me semble très positif puisque encore une fois, ça donne du pouvoir d’achat aux salariés sans peser sur les entreprises."

Le journaliste : "Pour ce salarié, par exemple, payé 1275 euros nets, une augmentation d’environ 8 euros par mois. Dans cette agence de photo et vidéo, c’est donc une bonne nouvelle."

Un salarié : "C’est toujours bon à prendre, c’est toujours du pouvoir d’achat supplémentaire. Donc.. non, non, je suis pour..."

Le journaliste : "Et les cotisations baisseront à nouveau en octobre prochain".

Anne-Sophie Lapix : "Bonsoir Jean-Paul Chapel. Évidemment, on a envie de savoir combien la réforme peut nous faire gagner."

Jean-Paul Chapel : "Alors, effectivement, première étape en janvier. Pour un salarié au SMIC, le gain de pouvoir d’achat sera de 7,34 euros nets par mois grâce à la baisse de cotisations. Il bénéficiera par ailleurs de la revalorisation du SMIC en début d’année. Deuxième étape en octobre. Là, le salaire net va augmenter de 14,23 euros, 14 euros supplémentaires. Au total, la réforme représentera donc un gain de 21,57 euros pour un smicard. La baisse des cotisations est proportionnelle au salaire. Donc, pour un employé qui gagne deux fois le SMIC, c’est un peu plus de 2300 euros nets par mois, le gain en janvier sera de 14,86 euros. En octobre, il verra son salaire net augmenter encore : 28,47 euros.

Anne-Sophie Lapix : " Il y a quand même des Français qui vont perdre, dans la réforme ?"

Jean-Paul Chapel : "Oui, les très hauts revenus [sur l’écran : très hauts revenus, à partir de 32 000 euros par mois] perdent un petit peu puisque la baisse des cotisations est plafonnée mais les grands perdants sont les retraités. Hausse de la CSG sans baisse de cotisation. Alors pour une pension de 1400 euros, c’est la moyenne en France, la baisse sera de de 23,80 euros par mois pour une personne seule. Au-dessous de 1200 euros par mois, ils ne perdront rien. Quant aux fonctionnaires, ils ne perdront rien mais ils ne gagneront rien. La réforme sera neutre pour eux".

Remarque liminaire. Anne-Sophie Lapix utilise le terme "employé", qui désigne une catégorie de salariés exerçant plutôt un travail intellectuel que manuel (donc qui s’oppose au terme ouvrier), et non le terme de "salarié", qui désigne la très grande majorité des actifs français, quel que soit leur genre de travail, et qui représente un statut juridique. Ce glissement de termes, apparemment anodin, suggère deux choses : d’abord que, pour Anne-Sophie Lapix, les ouvriers ont disparu du paysage, et, d’autre part, que le statut s’efface devant le type d’activité exercé (ouvrier, employé du commerce, fonctionnaire). Ce qui ouvre la porte à toute une série d’activités... bien moins encadrées et protégées : auto-entrepreneur, prestataire payé à la tâche, chauffeurs "ubérisés", etc.

Remarque 1. Cette somme de 21,57 euros dont va "bénéficier" un smicard (et encore, en fin d’année) est à mettre en regard du cadeau fiscal que le gouvernement offre aux 1000 premiers contributeurs de l’ISF, soit 400 millions d’euros, c’est-à-dire 400 000 euros par foyer fiscal. Ce qui, par rapport à un SMIC brut (1498,47 euros), représente 22 ans et 3 mois de salaire. Si on calcule le "gain" d’un smicard sur un an, ce gain est de 258,84 euros. Emmanuel Macron fait donc un cadeau aux très riches qui représente plus de 1545 fois le cadeau fait aux pauvres...

Remarque 2. La somme de 21,57 euros, "généreusement" accordée par. Macron aux smicards représente 72 centimes d’euro par jour sur un mois de 30 jours, c’est-à-dire pas même le prix d’une baguette ! C’est ce qu’un clochard peut se payer, pour ne pas mourir de faim, quand il a collecté toutes les pièces jaunes de sa sébile. [Et, bien entendu, j’exclus la tranche de jambon...].

Remarque 3. Dire que les salariés vont y gagner est une double supercherie : d’abord parce que les cotisations (maladie, retraite, chômage, prestations familiales) sont aussi une partie intégrante du salaire. C’est du salaire socialisé, du salaire différé, que le salarié touche quand il est malade, quand il est licencié ou quand il prend sa retraite. On dit qu’on va augmenter les salariés alors qu’on ne fait que prendre de l’argent dans leur poche gauche pour le leur glisser dans leur poche droite. Même un enfant de CM1 le comprendrait... [Mais cette atteinte aux prestations sociales fait partie d’une opération idéologique de longue haleine qui vise à délégitimer toutes les prestations sociales comme étant des dépenses publiques "indues"].

Remarque 4. C’est aussi une supercherie car cela signifie que lorsque les salariés seront remboursés, ils seront moins pris en charge, moins bien remboursés et, quand ils seront au chômage, qu’ ils toucheront moins d’indemnités et moins longtemps. Ou, s’ils souscrivent à des assurances privées (ce qui est des buts à long terme de la manœuvre), qu’ils les paieront bien plus cher. Comme cela se pratique, par exemple, aux États-Unis...

Remarque 5. Jean-Paul Chapel prend comme référence le montant moyen de la retraite, ce qui, là aussi, est une supercherie. Alors que la véritable valeur référence est la médiane des pensions de retraite (50 % de retraités touchent plus et 50 % touchent moins). Or, en règle générale, la médiane est toujours plus basse que la retraite.

Remarque 6. Lorsque Jean-Paul Chapel dit que les très hauts revenus vont perdre, il se moque du monde [et il s’en rend bien compte d’ailleurs, puisqu’il tempère par "un petit peu" et qu’il se garde de dire à combien est ce plafonnement]. En fait, les très hauts revenus ne perdent rien du tout, car, pour eux aussi, on baisse les cotisations ! Donc, eux aussi y gagnent... mais moins que ce qu’ils pourraient gagner. Lorsqu’on augmente tout le monde, et les riches encore plus que les autres, une diminution potentielle de cette augmentation ne peut pas être considérée comme une perte ! C’est une perte par rapport à un gain hypothétique, pas par rapport à un revenu réel.

Remarque 7. Lorsque Jean-Paul Chapel dit que la réforme sera neutre pour les fonctionnaires, il suscite indirectement une jalousie latente envers les fonctionnaires (d’ailleurs bien entretenue par la presse de droite), car l’opinion majoritaire va moins retenir l’idée que les fonctionnaires ne gagneront rien que celle qu’ils ne perdront rien (par rapport au très grand nombre de ceux qui perdront quelque chose), notamment les retraités à 1400 euros, somme qui n’est tout de même pas une fortune...

Remarque 8. Présenter ces "augmentations" comme des gains est une malhonnêteté lorsqu’on fait la liste de tout ce qui va augmenter en début d’année : le prix du gaz (pour se chauffer, se laver, laver les vêtements et la vaisselle et faire la cuisine), le prix des carburants, notamment du diesel, pour garnir les réservoirs des pauvres qui habitent loin des villes. Le prix du contrôle technique des voitures, le prix des amendes de stationnement irrégulier, le prix des parcmètres, et toutes les taxes indirectes (lesquelles sont des taxes sur les pauvres) qui vont dévorer - et bien au-delà - les gains "mirifiques" présentés par les journalistes lors de ce sujet en trompe-l’œil...


Dédéfucius via Philippe Arnaud


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Re: Médias et agenda politique

Message par Admin le Lun 8 Jan - 12:54

L'Admin a déplacé les messages concernant la loi sur les fake news dans un nouveau sujet.
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Re: Médias et agenda politique

Message par komyo le Dim 14 Jan - 22:25

Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine... Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonctionnement démocratique. Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

À qui appartient la presse française ?

Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.





Cela pose plusieurs problèmes. La concentration d’abord. Est-il sain qu’une si grande part de la presse appartienne à quelques personnes, richissimes, faisant partie d’une caste de privilégiés ? L’indépendance, ensuite. Est-il normal que les principaux médias français de notre pays soient entre les mains de marchands d’armes, d’entreprises du luxe, du BTP, de la téléphonie, de banquiers ou de fabricant de toilettes ? Comment ces propriétaires peuvent-ils concilier liberté de l’information et intérêts privés ? Comment TF1, BFM-TV, Le Monde, Libération peuvent-il produire en toute indépendance des enquêtes sur le secteur de la téléphonie, quand leurs propriétaires sont les patrons de Free, Bouygues Telecom et SFR ? Comment les journalistes du Figaro peuvent-ils porter un regard critique sur la politique de défense de la France, quand le propriétaire de leur journal vend des avions de chasse à l’État français ? Enfin, cette situation ne peut qu’encourager la reproduction d’un système économique qui assure la continuité des intérêts financiers de cette petite classe de possédants. Ils constituent une véritable communauté d’intérêt ! Et ce qui motive de riches patrons à créer des conglomérats médiatiques – qui ne rapportent pas vraiment d’argent – c’est d’abord la possibilité d’acheter de l’influence.

Qui sont ces 10 milliardaires ?

Ils sont cinq à faire partie du cercle des dix premières fortunes de France : Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe LVMH (patron des Echos, du Parisien), Serge Dassault (Le Figaro), François Pinault (Le Point), Patrick Drahi, principal actionnaire de SFR (Libération, L’Express, BFM-TV, RMC), Vincent Bolloré (Canal+). On trouve ensuite Xavier Niel, patron de l’opérateur de téléphonie Free et 11ème fortune de France, qui s’est associé avec Pierre Bergé, héritier du couturier Yves Saint-Laurent, et avec le banquier Matthieu Pigasse, pour devenir propriétaire du groupe Le Monde (L’Obs, Télérama, La Vie...). Matthieu Pigasse possède également Radio Nova et l’hebdomadaire Les Inrocks.

Martin Bouygues, 30ème fortune de France, est propriétaire du groupe TF1. La famille Mohn, qui contrôle le groupe allemand Bertelsmann [2], est propriétaire de M6, RTL, Gala, Femme actuelle, VSD, Capital,… Viennent ensuite Arnaud Lagardère, propriétaire d’Europe 1, Paris Match, du JDD, de Virgin radio, RFM, Télé 7 jours, et Marie-Odile Amaury, qui possède L’Equipe (et dont le groupe est, par l’une de ses filiales, organisateur du Tour de France notamment). Petite précision : ces deux derniers ne sont « que » millionnaires, avec tout de même une fortune évaluée entre 200 et 300 millions d’euros. A ce « Top 10 », on pourrait aussi ajouter la famille Bettencourt qui finance le journal ultra-libéral L’opinion. Ou le milliardaire d’origine libanaise Iskander Safa, 71ème fortune de France et propriétaire du très réac Valeurs actuelles.

[Cliquer sur l’image pour agrandir]



http://ekladata.com/NJY1OC-nX8pSiiyQyi4gDikjb0k/Organigramme-Drahi-2015-B.pdf


Conflits d’intérêts en pagaille

Quelles sont les conséquences sur l’indépendance des médias ? Un mélange des genres pour le moins douteux, qui peut mettre les journalistes en porte-à-faux. Comment TF1 pourrait-il produire des enquêtes critiques sur les abus des partenariats publics-privés (PPP) quand son propriétaire, Bouygues, fait partie des multinationales du BTP qui bénéficient de ces juteux contrats ? Autre exemple : comment un média peut-il s’intéresser de près aux affaires d’évasion fiscale quand son patron manifeste un attrait prononcé pour les paradis fiscaux ? C’est la question que doivent se poser les journalistes de BFM-TV à chaque nouveau scandale fiscal.

Leur boss, Patrick Drahi, a échafaudé, à partir de sa holding personnelle, un opaque et complexe montage de filiales et de trusts, dispersés au sein de paradis fiscaux notoires : Guernesey, Suisse ou Luxembourg. Comment BFM évoque-t-elle le scandale des Panama Papers, dans lequel apparaît le nom de Patrick Drahi ? « Vous avez vu la réaction des gens qui ont été cités ? Ils se défendent c’est normal. Patrick Drahi, par exemple, qui reconnaît avoir une société, mais rien d’illégal. (…) Est-ce que finalement c’est la bonne méthode de jeter en pâture des noms de personnalités, sans qu’elles aient vraiment la possibilité de se défendre ? », explique ainsi l’animateur Olivier Truchot dans son émission BFMStory...

Voir l’organigramme de l’empire industriel de Patrick Drahi, réalisé par l’économiste Benoît Boussemart et publié par Le Canard enchainé (cliquez sur l’image) :




Autre problème, les proximités entre patrons de presse et politiques. C’est Nicolas Sarkozy, proche de Bernard Arnault, qui annonce en 2007 aux journalistes des Echos le nom de leur nouveau patron ! Car ces richissimes propriétaires de presse entretiennent quelques affinités avec des responsables politiques : lors du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia Ciganer-Albéniz, les deux témoins sont… Bernard Arnault et Martin Bouygues. C’est sur le yacht d’un autre ami, Vincent Bolloré, que Nicolas Sarkozy choisit d’aller se reposer après son élection en 2007. « Arnaud est plus qu’un ami, c’est un frère », déclare encore Nicolas Sarkozy à propos de l’héritier Lagardère. Enfin, il compte Serge Dassault parmi les clients de son cabinet d’avocats. La moitié de ces dix propriétaires de presse sont des proches de l’ancien président. Bref, question indépendance, on repassera !

Quel que soit l’impact réel de ces connivences et les éventuelles pressions, les dégâts du soupçon – le fait que ces riches patrons se trouvent en conflit d’intérêts, en situation de pouvoir abuser de leur position pour leur intérêt propre – sont bien là. Cette simple suspicion produit une délégitimation du secteur de la presse. Conséquence : seuls 34% des Français estiment que les médias fournissent des informations dignes de confiance. Plus de deux tiers des Français pensent que les médias subissent des pressions commerciales ou politiques qui impactent les informations délivrées [3].

Licenciements et coups de pression

Lorsqu’on est journaliste, peut-on travailler en toute indépendance dans cette situation ? Quelques exemples – la face visible de l’iceberg des pressions souterraines ! – montrent que ce n’est pas le cas : l’ingérence de ces patrons est bien réelle. Certains ont une fâcheuse tendance à faire le ménage en arrivant, pour mettre à la tête des médias des dirigeants compatibles avec leurs intérêts, avec pour mission de purger les rédactions. Un cas d’interventionnisme remarqué fut la nomination de Guillaume Zeller, catholique traditionaliste, comme directeur de l’information du groupe Canal+, par Vincent Bolloré. Ce dernier semble vouloir actuellement enterrer Canal+, après avoir vidé de ses forces vives la rédaction d’iTélé, rebaptisée CNews, après la plus longue grève de l’histoire de la télévision.

Il semble ne plus y avoir de limites à ce « grand ménage ». En 2016, Aude Lancelin, directrice adjointe de la rédaction de L’Obs, est licenciée pour des raisons politiques. En 2017, Olivia Recasens, directrice adjointe de la rédaction du Point, est limogée du jour au lendemain, pour faute grave, et pour des motifs réels tout aussi inavouables. Autant de coups de pression, qui envoient un message clair aux rédactions : pas de vagues, rentrez dans le rang !

Ingérence et censures

Le patron de M6, Nicolas de Tavernost, avoue avoir exercé des pressions sur les journalistes de la chaîne pour « ne pas contrarier des clients ». Il explique ainsi avoir censuré une émission de Capital sur la téléphonie. Autre cas notable, la censure par Vincent Bolloré d’une enquête sur le Crédit mutuel, qui devait être diffusée par l’émission « Spécial investigation » sur Canal+. Un simple coup de fil a suffi pour contenter la banque, partenaire de Vincent Bolloré, qui ne voulait pas voir sortir cette enquête. Reporters sans frontières et le collectif « Informer n’est pas un délit » dénoncent par ailleurs la censure et la déprogrammation de quatre documentaires qui devaient être diffusés par Canal+.

Un autre risque, plus pervers car plus discret, est l’autocensure de journalistes. Des journalistes qui veulent bien faire leur métier, mais qui n’osent plus proposer des articles sur des sujets sensibles, ou qu’ils savent problématiques pour le propriétaire de leur média. Sans compter les pressions économiques, avec les suppressions de postes et des moyens nécessaires à tout travail d’enquête. Promouvoir des logiques managériales « musclées », imposer des contraintes économiques fortes sur la production de l’information, précariser les rédactions mises en permanence sur la sellette, bref, promouvoir une information low cost, est aussi une forme de censure.

A cette liste des moyens de censure, il faudrait ajouter les « poursuites baillons », dont l’objectif est de dissuader les médias de s’emparer de certaines affaires (lire notre article « Bolloré, la presse et les poursuites ‘homéopathiques’ en diffamation »). Ou les mesures de rétorsion, comme celle de Bernard Arnault, ulcéré par le titre « Casse-toi, riche con » de Libération, lors de sa demande de naturalisation en Belgique en 2012, et qui décide de couper les budgets de publicité alloués par le groupe LVMH au quotidien.

Comment cela évolue-t-il ?

Pas vraiment vers davantage de pluralisme ! En quelques mois, en 2015, on a vu le rachat par Patrick Drahi de Libération et du cinquième groupe de presse magazine en France, Express-Roularta, ainsi que sa prise de participation (à 49%) dans NextRadioTV (BFMTV, RMC). A la même période, Bernard Arnault, déjà propriétaire des Échos, rachète Le Parisien et Aujourd’hui en France, le groupe Le Monde rachète L’Obs, et Vincent Bolloré prend le contrôle de Canal +, via Vivendi. Des banques sont également entrées dans ce jeu de Monopoly. Le Crédit mutuel est ainsi devenu en dix ans l’unique propriétaire du groupe EBRA, premier groupe de presse quotidienne régionale, implanté dans l’Est de la France (Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est républicain…) [4]. Et le Crédit agricole est devenu actionnaire de journaux régionaux, comme La Voix du Nord et Le Courrier picard (via le groupe belge Rossel).

Ce petit milieu multiplie les participations croisées [5]. En parallèle de cet accaparement, ces milliardaires ont mis la main sur l’ensemble de la chaine de production. Exemple avec les entreprises de production de contenus : c’est Lagardère qui produit pour France 5 les émissions « C dans l’air », par l’intermédiaire de sa société Maximal Productions. Ces oligarques sont aussi propriétaires des « tuyaux » de diffusion, comme les « box » (FreeBox, Bbox, Box SFR) qui permettent la diffusion dans tous les foyers de France d’internet et de la télévision. Une intégration « verticale » qui concentre la diffusion d’une grande part de l’information entre les mains de ceux qui détiennent les clés de sa production.

L’information devient ainsi un produit comme les autres : l’opérateur de télécoms SFR propose ainsi une box Internet « à partir de 19,99 euros par mois », avec, pour le même tarif, l’abonnement numérique à 18 journaux. « Une machine à tuer le journalisme de qualité », estime Le Point. Un peu comme un cadeau bonus. On achète le tuyau – une connexion web – et on gagne en prime un produit secondaire, des médias.

En quoi cela nous concerne tous ?

On pourrait se dire que chaque société a les médias qu’elle mérite. Ou que chacun lit, écoute, regarde ce qu’il veut. Que tout le monde peut faire son propre tri dans le flot médiatique. Sauf que les médias ne sont pas un business comme un autre. Défendre l’indépendance de la presse, ce n’est pas un combat « corporatiste », un « truc de journalistes » qui se battraient pour leur outil de travail. Il ne peut pas y avoir de démocratie forte, voire même de démocratie tout court, sans citoyens informés, et bien informés. L’information est un bien public. Autant de médias sous contrôle d’une petite oligarchie, véritables chiens de garde du néolibéralisme, c’est une atteinte à nos libertés fondamentales.

Cette situation n’est pas une fatalité. Lutter contre tout ce qui encourage la concentration des médias et leur financiarisation est possible (voir les propositions de la campagne #LibertéEgalitéInformés). On pourrait mettre en place des dispositifs anti-concentration plus exigeants. Ou interdire le contrôle de médias par des entreprises qui dépendent de marchés publics – Bouygues, Dassault,... – comme le propose l’association Acrimed. Ou conditionner le versement des aides à la presse aux médias qui ne sont pas détenus par des milliardaires, dont les intérêts principaux ne sont pas dans le secteur de la presse. Voire même, soyons fous, limiter ces aides aux médias à but non lucratif, qu’ils soient privés, coopératifs ou associatifs.

Il est nécessaire que ces propositions et réformes salutaires – ou d’autres ! – soient discutées et débattues. Mais aussi les conditions qui favoriseront l’émergence, le développement et la consolidation de médias indépendants, pour garantir le pluralisme de l’information en France. Défendre et faire vivre une presse libre ne semble malheureusement pas une priorité pour bon nombre de candidats à l’élection présidentielle.

@AgnèsRousseaux

- Voir la campagne #LibertéEgalitéInformés, lancée par le collectif Informer n’est pas un délit (dont fait partie la rédaction de Basta !) et Reporters sans frontières


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Re: Médias et agenda politique

Message par komyo le Lun 15 Jan - 8:58


Comment ne jamais parler du fond ? La société médiatique dispose pour cela de quelques armes redoutables. L’écrivain Laurent Binet, auteur d’HHhH, nous en livre ici les secrets.

L’information est une guerre, et si l’on considère l’exploit d’avoir fait élire un banquier semi-royaliste à la présidence française dans un monde post-2008, on peut en tout état de cause constater que la poignée de milliardaires qui contrôlent la quasi-totalité des médias continue à la gagner.

Certes, l’avènement d’Internet a un peu changé la donne. Il semble plus difficile à une info, quelle qu’elle soit, de ne pas sortir (même si par définition, l’existence d’une info demeurée inédite reste invérifiable). Mais le bouillonnement de la toile, son joyeux désordre, son pêle-mêle organique évoquent des hordes barbares se heurtant à l’extrême coordination des légions romaines. Le déclin de l’Empire est sans doute amorcé, mais ses outils de propagande restent une machine sur laquelle se fracassent encore des guerriers dépenaillés.
Internet, combien de divisions ? La supériorité de l’adversaire, c’est toujours un peu l’argent, bien sûr, mais, face à la multiplication anarchique des sources et des canaux de diffusion, c’est surtout la méthode. Si désormais on peut difficilement contrôler le flux des infos qui sortent, on peut encore agir sur un aspect décisif : la hiérarchisation.

Dans le traitement tendancieux de l’info par la presse mainstream (hier on disait « la presse bourgeoise » et le terme était sans doute plus juste, mais ce n’est pas la moindre des victoires de la réaction d’avoir ringardisé la vérité), on peut dégager trois grands cas de figures.

Premièrement, un événement qui fait la une nécessite une interprétation biaisée, sans quoi le système en vigueur s’expose un peu trop sans masque. Exemple : la crise grecque. Comme il était difficile de minorer l’ampleur d’une telle crise, et un peu gênant d’avoir à justifier la violence coercitive qu’a infligé l’Union Européenne (sous l’impulsion de l’Allemagne, symbole toujours fâcheux) à l’égard d’un gouvernement grec démocratiquement élu (à qui on aura quand même fermé ses banques pour le faire plier, c’est-à-dire qu’on était prêt à faire crever tout un pays pour sauver le système), on s’est employé à tellement en embrouiller les causes que les responsables désignés se sont retrouvés être, non plus des banques que la cupidité poussait à pratiquer des taux d’usurier toujours plus délirants, mais des petits retraités dont il fallait impérativement diminuer les pensions pour que la dette (la dette, Sganarelle !) puisse être remboursée. Goldman Sachs pouvait ainsi tranquillement continuer sa route (et embaucher Barroso au passage, excusez du peu), pendant qu’on vouait les pouilleux grecs à une damnation éternelle.
C’est la méthode dite du « Salaud de pauvre », qui a fait ses preuves, et qui peut se décliner sous de multiples variantes. (Elle peut utilement être complétée par la technique du « Cause toujours » quand on lui objecte des arguments imparables, tel celui de la dette de l’Allemagne abolie en 1953.)
Cette méthode implique des présupposés totalement arbitraires présentés ad nauseam comme allant de soi.
Ici, en l’occurrence, que le bon droit et la morale sont toujours du côté du créancier, jamais du débiteur, et que toute dette doit être remboursée, quoi qu’il en coûte, sans quoi c’est toute l’économie mondiale, et avec elle toutes les valeurs morales, qui risquent de s’effondrer.

C’est la méthode dite du « Salaud de pauvre », (chère à Dan Wink ) qui a fait ses preuves, et qui peut se décliner sous de multiples variantes.
(Elle peut utilement être complétée par la technique du « Cause toujours » quand on lui objecte des arguments imparables, tel celui de la dette de l’Allemagne abolie en 1953.)

Deuxièmement, un événement qui pourrait faire la une est tout juste mentionné dans quelques brèves. Exemple : la semaine dernière, des mouvements de grève ont éclaté dans toute l’Allemagne pour réclamer, non pas les 35h (ils y sont déjà, ah tiens ?), mais les… 28h. Une telle info échappe tellement au cadre discursif mis en place par nos troupes d’éditorialistes (les Allemands travaillent alors que les Français ne foutent rien et c’est pour ça qu’ils s’en sortent et pas nous) que le mieux est de l’ignorer purement et simplement : on la pose là, on ne la commente pas, on ne la discute même pas, on attend qu’elle passe. C’est la méthode OSEF.

Troisièmement, un non-événement fait la une. C’est le corollaire et l’exact inverse du point précédent : on nous vend quelque chose de totalement anecdotique et futile comme quelque chose d’historique. Exemple : la COP21. Des pays se mettent d’accord pour limiter le réchauffement climatique à deux degrés (ou un degré et demi, de toute façon le chiffre n’a aucune importance puisqu’il n’induit aucune mesure concrète), c’est totalement incantatoire, absolument pas contraignant, aucune entreprise polluante n’est spécifiquement visée, menacée, concernée, ils auraient pu aussi bien proclamer la paix dans le monde ou la fin du cancer avec la même candeur et la même crédibilité, mais c’est présenté comme une incroyable victoire diplomatique qui va permettre de sauver la planète. Ce type d’info peut faire des semaines. Elle a le mérite, pendant ce temps, de ne pas parler d’autre chose. Appelons-la « méthode Lady Di » pour faire court.

Contrairement au gouvernement actuel, je ne crois pas qu’il soit possible de légiférer contre les fake news sans porter gravement atteinte à la liberté d’expression. Des milliardaires ont le droit de faire raconter n’importe quoi dans leurs médias pour préserver les intérêts du capital. Salauds de pauvres, OSEF ou Lady Di : à charge pour nous de déconstruire sans relâche leurs méthodes, et pour les médias alternatifs de proposer systématiquement l’inverse, s’ils veulent devenir ce qu’ils ont vocation à être, le contre-pouvoir du quatrième pouvoir.

laurent binet
https://www.lemediatv.fr/node/460


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"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire" (G. Orwell)
«Le plus excellent symbole du peuple, c'est le pavé. On marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête.» - Victor Hugo
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