LA TABLE RONDE

Spiritualité, Bonheur et Quête du Graal


russophobie dans les médias occidentaux

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troubaa
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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par troubaa le Lun 7 Nov - 14:12

oui beaucoup tout en n'appréciant pas poutine pensent qu'il faut discuter avec lui.

fillon par exemple n’arrête pas de le dire

Beaucoup ont crié à la stupidité politique quand hollande n'a pas voulu livrer les frégates

Et encore plus quand il a tergiversé à savoir si il allait recevoir ou pas poutine quand il devait venir à paris inaugurer une église orthodoxe. Et évoquer son indécision dans une émission satirique française (le Quotidien ex petit journal).

Bien sur qu'hollande est calamiteux. comme toujours.

Vaut mieux discuter que se faire la gueule (et la guerre). discuter ne veut pas dire approuver mais essayer d'arrondir les angles de s'entendre.



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komyo
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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par komyo le Lun 7 Nov - 17:03

troubaa a écrit:oui beaucoup tout en n'appréciant pas poutine pensent qu'il faut discuter avec lui.

fillon par exemple n’arrête pas de le dire

Beaucoup ont crié à la stupidité politique quand hollande n'a pas voulu livrer les frégates

Et encore plus quand il a tergiversé à savoir si il allait recevoir ou pas poutine quand il devait venir à paris inaugurer une église orthodoxe. Et évoquer son indécision dans une émission satirique française (le Quotidien ex petit journal).

Bien sur qu'hollande est calamiteux. comme toujours.

Vaut mieux discuter que se faire la gueule (et la guerre). discuter ne veut pas dire approuver mais essayer  d'arrondir les angles de s'entendre.


C'est bien dit troubaa, comme quoi on est parfois tout a fait capable d etre d'accord sur quelque chose ! Smile
geveil si il était là, serait content ! Laughing
qu'hollande soit calamiteux, je ne sais même pas si le terme est suffisamment fort pour qualifier son mandat...


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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par komyo le Mar 10 Jan - 9:57

sur le sujet !


Spoiler:
Le 23 novembre 2016

Exclusif : Les médias d’information traditionnels américains souvent se considèrent eux-mêmes comme la référence mondiale incontournable, un temple pour les informations sérieuses et la diversité des opinions en comparaison avec la propagande russe massive, mais la réalité est bien différente, nous dit James W Carden.


Dans une vaste et indispensable étude portant sur les émissions politiques russes, le docteur Gilbert Doctorow, lui-même un invité fréquent de ce genre d’émissions, observe la chose suivante :

“Les accusations – selon lesquelles les médias russes sont uniquement un outil au service de la propagande étatique dirigé d’une part vers la population du pays pour que les russes continuent à filer droit, et d’autre part vers le public étranger pour semer le trouble parmi les voisins de la Russie et au sein de l’Union Européenne – sont prises pour argent comptant alors que quasiment aucune preuve n’a été apportée. Quiconque ose remettre en question ce “mode de pensée” est immédiatement taxé de “pantin de Poutine”, voire pire.”


Le docteur Doctorow a lancé une importante discussion à la suite d’un nouveau rapport alarmant sur les médias, publié cette fois par un groupe néo-conservateur britannique baptisé (bizarrement) du nom d’un sénateur démocrate de l’État de Washington mort depuis longtemps (Henry “Scoop” Jackson), qui cherche à étouffer le débat sur la politique russe en Occident, en traitant d'”idiots utiles de Poutine” ceux qui s’opposent à la sagesse répandue consistant à dénigrer Poutine.

Par conséquent, l’expérience de Doctorow avec les médias russes a une double utilité : combattre les idées fausses intentionnellement répandues en Occident à propos du paysage médiatique russe, mais aussi servir de point de comparaison utile avec les médias américains et leur couverture de la Russie.

Si on prend l’exemple de la chaine d’actualité câblée MSNBC prétendument libérale, on trouve paradoxalement que la position de “droite dure” néo-conservatrice vis-à-vis de la Russie se retrouve pratiquement sans opposition. A propos de la Russie, en comparaison avec sa principale rivale la chaine d’actualité de centre-gauche CNN, qui, à son crédit, laisse parfois de la place aux opinions minoritaires visant à apaiser le débat, MSNBC laisse à peu près autant de place pour les opinions contraires que ne l’aurait fait la Pravda à l’époque soviétique – en fait, peut-être même moins.

Le nouveau maccarthysme

Il se trouve qu’il y eu la même différence quant à la façon dont les deux chaînes ont couvert les élections présidentielles américaines. Tandis que CNN cherchait à apporter un équilibre des plus nécessaires à sa couverture médiatique, quoique de la façon la plus inepte possible – en recrutant des agents de presse rémunérés par chacune des deux équipes de campagne pour apparaître aux côtés des vrais journalistes, MSNBC (comme sa rivale républicaine Fox News) n’a même pas cherché à faire semblant d’être objective et a plutôt servi comme un porte-parole de la campagne désastreuse de Clinton.


Le sénateur Joseph McCarthy, représentant le Wisconsin, qui a dirigé les auditions connues sous le nom de “Peur Rouge” dans les années 1950.

En tant que tel, la chaîne “libérale” s’est retrouvée à l’avant-garde du nouveau maccarthysme qui a balayé la campagne de 2016, mais qui, en fait, était une composante du débat américain sur la politique russe depuis au moins le début de la crise ukrainienne fin 2013 – voire plus tôt.

Il y a de très nombreux exemples, mais le cas le plus frappant de cette hystérie néo-maccarthyste, que MSNBC a tenté de dissimuler derrière sa préoccupation légitime de sécurité nationale, fut la diatribe que Rachel Maddow a déchainée en juin devant son public, en commençant son émission par un monologue consacré à l’idée selon laquelle Donal Trump serait de mèche avec Vladimir Poutine.

Maddow, dans son style caractéristique, l’air de dire “je suis plus maligne que vous”, a informé les lecteurs que l'”admiration” entre Poutine et Trump était vraiment réciproque. Maddow raconte : “Ce que je veux dire, non mais regardez ce titre, “Poutine fait l’éloge de Trump. C’est une personne brillante et talentueuse.” “Poutine fait l’éloge du brillant et talentueux Trump.” “Vladimir Poutine fait l’éloge de l’exceptionnel et talentueux Trump.” Il y a eu quelques polémiques sur la manière de traduire avec exactitude la remarque de Poutine, mais Poutine prend soin de flatter Donald Trump en public, exactement de la manière dont Donald Trump aime être flatté, et c’est apparemment suffisant pour Donald Trump, c’est tout ce qu’il a besoin d’entendre, c’est tout ce qu’il a besoin de savoir pour lui dire à son tour, à quel point Vladimir Poutine est grand.”

“Poutine aime Trump, il doit être intelligent, il doit être grand. C’est donc un contexte très, très inhabituel, d’avoir un candidat à la présidentiel républicain qui est très, très sensible à la flatterie. C’est la chose au monde qui marche le mieux sur lui. Si vous le complimentez, il ne l’oubliera jamais et c’est tout ce qu’il a besoin de savoir sur vous.”

Maddow a continué sur le même ton encore pendant un bon moment (c’est-à-dire avec peu de contenu factuel, mais beaucoup de “très, très” et les yeux qui roulent). Mais son idée principale, en réalité, n’était guère plus que le rabâchage des éléments de langage du comité national démocrate. Sans surprise pour personne, les accusations de Maddow ont été reprises quasiment mot pour mot dans les communiqués de presse de la campagne de Clinton, accusant Trump de n’être rien de moins qu’un partisan caché de la Russie.

La diatribe de Maddow – vide de preuve, mais lourde d’insinuations – prononcée en juin, a pris une importance supplémentaire car elle en était le messager. Après que le risible et prétentieux journaliste sportif Keith Olbermann eut quitté la chaîne en 2011, Maddow a pris la relève comme intellectuelle de service de la chaîne. Donc, ses paroles ont du poids vis-à-vis de ses spectateurs, un poids que n’ont pas les paroles de Mika Brzezinki [une autre présentatrice de MSNBC, NdT], par exemple.

Cependant, à ma connaissance, Maddow n’a à aucun moment invité quelqu’un qui réfuterait les accusations – toujours sans fondement – selon lesquelles le gouvernement russe aurait interféré sur l’élection américaine ou selon lesquelles Donald Trump serait, d’après les mots de l’ancien fonctionnaire de la CIA Mike Morell, un “agent du Kremlin malgré lui” – peu importe si le président du comité des relations extérieures du sénat Bob Corker a reconnu pas plus tard que le 15 novembre qu’il n’avait “aucune preuve” de l’ingérence de Moscou sur l’élection américaine.

Bien que l’on ne sache pas clairement si la voix de Joy Reid de MSNBC soit considérée comme aussi “sérieuse” que celle de Maddow, il est en revanche indiscutable qu’elle s’est révélée comme l’une des plus ferventes adeptes du nouveau maccarthysme.

Plusieurs jours avant l’élection, Reid a invité le plus en plus perturbé Kurt Eichanwald de Newsweek et l’ancien officier naval Malcom Nance qui a – à plusieurs reprises et sans preuve – prétendu que les emails de Podesta révélés par Wikileaks étaient faux. [John Podesta, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et président de la campagne de Clinton en 2016, se serait fait piraté sa boite mail (contenant des e-mails professionnels) par des hackers russes. Wikileaks aurait ensuite publié une grande partie de ces e-mails, NdT]

Reid a demandé pourquoi les russes soutiennent-ils Trump. Comme si cette affirmation était incontestable. Eh bien, Eichenwald a répondu, “Ils détestent Hillary Clinton…” D’accord. Ensuite Reid a continué en se demandant pourquoi le FBI minimisait la soi-disant profonde inquiétude des services de renseignement selon laquelle la Russie était en train d’interférer sur l’élection.

Dénigrement anti-Poutine

Quelques jours plus tard, juste après l’élection, Reid a de nouveau réuni une assemblée comprenant Nance, l’adversaire convaincue de Poutine Nina Khrushcheva et Charles Pierce du magazine Esquire, pour réaffirmer le message que MSNBC avait soutenu depuis l’été, à savoir que le gouvernement russe avait mis la main sur l’élection américaine. Pierce, en particulier, était apoplectique.


Le fait que Pierce soit présent à l’émission de Reid était tout à fait logique. Tout au long de la campagne, Pierce s’est efforcé d’établir un lien direct entre Poutine et la campagne de Trump. Un échantillon de ses articles aide à en faire le récit. Le 24 juillet, Pierce publia “Le programme partagé par Donald Trump et Vladimir Poutine devrait alarmer quiconque se préoccupe de la démocratie”, où Pierce supposait que “Trump semble de plus en plus dépendant de l’argent de la Russie ou des anciennes républiques socialistes, au sein de sa sphère d’influence de plus en plus active.”

Dans son édition du 9 septembre, Pierce protesta : “Ce n’est pas “une chasse aux rouges” que de se préoccuper de l’ingérence russe sur notre élection.” Pierce, peut-être poussé à la folie par l’éditorial de The Nation intitulé “Contre le nouveau maccarthysme”, avait l’air d’être habité par le fantôme de James Jesus Angleton [acteur américain connu pour un rôle de “chasseur d’espions” de la CIA, NdT], en demandant “Devrions-nous croire que Donald Trump est vraiment allé à RT [la chaîne d’information internationale lancée par l’État russe, NdT] par accident ? Personne dans son équipe ne savait que la chaîne américaine du gouvernement russe reprenait les enregistrements de Larry King ?”

A peu près un mois avant l’élection, le 11 octobre, Pierce informa les lecteurs du magnifique magazine Esquire, que “Vladimir Poutine était déterminé à voir Trump dans le bureau ovale.” Pire encore, selon Pierce, “Il y a peu de doutes désormais que Poutine – rusé comme un singe – tire les ficelles de l’élection présidentielle américaine, et que Trump en est le principal bénéficiaire.”

Tous les exemples précédents tendent à démontrer que le pluralisme tant vanté des médias américains n’est rien de moins qu’une fiction quand il s’agit d’aborder la Russie. La diversité des voix de gauche et de droite du spectre politique que Doctorow a rencontré à Moscou indique que la perception largement répandue selon laquelle la culture politique de Moscou est monolithique comparé à celle de Washington est au moins contestable.

James W Carden fait partie des rédacteurs de The Nation et est rédacteur en chef de The American Committee for East-West Accord’s eastwestaccord.com. Il a précédemment été conseiller en Russie dans la délégation spéciale pour les questions inter-gouvernementales mondiales du département d’État américain.

Source : Consortium News, le 23/11/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant

http://www.les-crises.fr/les-delires-des-medias-occidentaux-par-james-w-carden/


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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par komyo le Mer 13 Déc - 9:15

Ce canular met en évidence la fragilité et l’incompétence de “dirigeants” qui sont prêts à croire n’importe quoi.
La ridiculisation pourra-t-elle guérir de la russophobie, qui se répand, hélas, chez les incompétents, fragilisés par l’ignorance et l’absence de formation.
“Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés”.

https://www.les-crises.fr/desormais-lespagne-sait-que-puigdemont-est-lagent-russe-cipollino/


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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par komyo le Lun 25 Déc - 19:24

Quand le système a peur que d'autres propagandistes donnent leur vision des choses !

https://www.les-crises.fr/rt-bashing-l-angoisse-de-nos-medias-face-a-la-perte-de-leur-monopole-de-la-propagande/


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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par komyo le Jeu 26 Avr - 8:48

article sur les dangers de cette attitude !


Des allégations sans preuves contre Trump et Poutine pourraient entraîner une guerre nucléaire
Russie Gate, USA

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 28-03-2018

Le « Russiegate » et l’affaire Skirpal ont aggravé les dangers inhérents à la nouvelle guerre froide bien au-delà de la précédente.

Par Stephen F. Cohen – 28 mars 2018

Stephen F. Cohen, professeur émérite d’études et de politique russes à l’Université de New York et à Princeton, poursuit sa réflexion hebdomadaire sur la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie. (Les sections précédentes, qui en sont maintenant à leur quatrième année, sont disponibles sur TheNation.com.)

Cohen commence par adresser au peuple et au gouvernement russes une profonde sympathie et une profonde tristesse pour la mort de dizaines de Russes, la plupart de jeunes enfants, qui ont péri dans l’incendie d’un complexe commercial et de loisirs de Kemerovo. Il le fait en son propre nom, mais aussi, espère-t-il, au nom de la plupart des Américains.

Cohen discute ensuite de plusieurs sujets liés à sa vieille conviction, souvent affirmée, que la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie est plus dangereuse que ne l’était la précédente, qui remonte à 40 ans, y compris avec la possibilité d’une guerre nucléaire. Ayant déjà traité d’autres facteurs (voir ses articles sur TheNation.com), il se tourne vers les développements actuels :

1. Le « Russiegate » et la tentative d’assassinat de Sergei et Yulia Skripal au Royaume-Uni ont deux aspects en commun. Accuser Poutine personnellement. Et aucun fait concret n’a encore été rendu public.

Après avoir souvent et longuement discuté des conceptions erronées du « Russiegate », Cohen se concentre sur l’affaire Skripal. Poutine n’avait aucun motif imaginable, surtout si l’on considère la prochaine Coupe du monde en Russie, que le gouvernement et le peuple considèrent comme très prestigieux et donc important pour la nation. Aucune preuve scientifique ou autre n’a encore été présentée quant à la nature de l’agent neurotoxique supposé ou si la Russie le possède encore ; ou, même si tel est le cas, si la Russie est vraiment le seul État dans lequel les agents ont fait cela ; ou quand, où et comment cela a été commis sur Skripal et sa fille ; ou pourquoi eu-mêmes et de nombreuses autres personnes qui auraient été affectés par cet agent « létal » sont encore en vie. Néanmoins, avant même que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques n’ait publié ses tests obligatoires, et tout en refusant de fournir au gouvernement russe un échantillon à analyser, les dirigeants britanniques ont déclaré qu’il était « hautement probable » que le Kremlin de Poutine avait ordonné l’attaque.
Néanmoins, sur cette base fragile, les gouvernements occidentaux, menés par le Royaume-Uni et à contrecœur par l’administration Trump, se sont précipités pour expulser une centaine ou plus de diplomates russes – le plus grand nombre jamais vu dans cette longue histoire de ce type de crises.
Il convient toutefois de noter que tous les gouvernements européens ne l’ont pas fait, et quelques autres l’ont fait de manière symbolique, révélant ainsi une fois de plus les divisions européennes sur la politique russe.
2. Cet incident accroît le risque de guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie.

Depuis le début de l’ère atomique, la doctrine de la destruction mutuelle assurée a maintenu la paix nucléaire. Cela a peut-être changé en 2002, lorsque l’administration Bush s’est retirée unilatéralement, l’abrogeant par là-même, du Traité sur les missiles anti-balistiques de 1972. Depuis lors, les États-Unis et l’OTAN ont mis au point une trentaine de dispositifs de défense antimissile sur terre et en mer, dont plusieurs sont très proches de la Russie. Pour Moscou, il s’agissait d’une tentative américaine d’obtenir une capacité de première frappe sans destruction mutuelle. Le Kremlin a fait part de cette préoccupation à Moscou à de nombreuses reprises depuis 2002, proposant à la place un système antimissile développé par les États-Unis et la Russie, mais qui a été rejeté à plusieurs reprises.
Le 1er mars, Poutine a annoncé que la Russie avait mis au point des armes nucléaires capables d’échapper à tout système antimissile, l’a décrit comme un rétablissement de la parité stratégique et a appelé à de nouvelles négociations sur les armes nucléaires.
Les élites politiques et médiatiques américaines mainstream ont tourné en dérision l’annonce de Poutine. À la suite de l’évaluation de plusieurs experts nucléaires américains, quatre sénateurs démocrates ont fait appel à (l’ancien secrétaire d’État) Rex Tillerson pour qu’il réponde (effectivement) positivement à l’appel de Poutine. Rien n’en est sorti. Peu après l’élection présidentielle russe du 18 mars, le président Trump lui-même, dans un appel de félicitations à Poutine, a proposé qu’ils se rencontrent bientôt pour discuter de la « nouvelle course aux armements nucléaires ». Trump a été largement décrit comme ayant montré qu’il était « de connivence » avec Poutine, peut-être même contrôlé d’une manière ou d’une autre par le Kremlin.
Le résultat a été, comme en témoignent les expulsions massives de diplomates russes, des relations américano-russes encore plus tendues et, bien sûr, le risque accru de guerre nucléaire.
3. De nombreux Américains, y compris les élites politiques et médiatiques qui façonnent l’opinion publique, ont été poussés à penser, surtout depuis la pseudo-« amitié américano-russe » des années 1990 de Clinton, que la guerre nucléaire est maintenant vraiment « impensable ». Que l’expulsion massive des diplomates était purement « symbolique » et sans conséquence réelle et durable. En réalité, elle est devenue plus concevable.

La diplomatie a maintenu la paix nucléaire pendant la précédente Guerre froide, mais les expulsions massives – même dans l’attente de la réponse du Kremlin – sapent sérieusement le processus diplomatique. Ils le criminalisent même, comme l’illustrent les dénonciations de la conversation téléphonique de Trump avec Poutine et les exigences des médias politiques après qu’il a expulsé un grand nombre de diplomates russes pour qu’il fasse « plus » – de telles demandes allant de plus de sanctions sur la Russie à plus de ripostes militaires en Syrie, en Ukraine et ailleurs – pour prouver qu’il n’est pas sous le contrôle de Poutine. (L’identification de tous les diplomates expulsés en tant « qu’agents de renseignement » est également trompeuse. L’affectation d’agents de renseignement en tant que diplomates est depuis longtemps une disposition mutuelle de facto, tacitement, sinon explicitement, convenue et connue des deux parties. De plus, cette désignation peut s’appliquer aux fonctionnaires des ambassades qui étudient la vie économique, sociale, culturelle ou politique de l’autre pays. Ils recueillent et rapportent des « informations »).
A cet égard, les historiens nous rappellent comment les grandes puissances ont progressivement « glissé » dans la Première Guerre mondiale. La leçon concerne le rôle crucial de la diplomatie, à présent sapée. Prenons, par exemple, la Syrie. Récemment, des mandataires soutenus par les États-Unis ont apparemment tué un certain nombre de citoyens russes qui y opéraient également. Le Kremlin, par l’intermédiaire de son ministère de la Défense, a émis un avertissement menaçant : si cela se reproduit, Moscou frappera militairement non seulement les mandataires mais aussi les forces américaines dans la région qui ont fourni les armes et lancé les missiles. Le même fil du rasoir pourrait facilement se produire là où les États-Unis et la Russie sont également en face à face, comme en Ukraine ou dans la région de la Baltique. (Encore une fois, comme Trump est paralysé au point qu’il ne pourrait probablement pas négocier une crise comme le président Kennedy l’a fait lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.)
4. Les causes des nouveaux risques de guerre nucléaire ne sont pas « symboliques » mais réelles et surtout politiques.

Au fur et à mesure que la diplomatie se réduit, la militarisation des relations américano-russes augmente.
Toutes les armes mises au point de façon aussi poussée que les armes nucléaires ont finalement été utilisées. Washington a lâché deux bombes atomiques, prédécesseurs génétiques de leur descendance nucléaire, sur le Japon en 1945. (Avant 1914, certains pensaient que le gaz, la nouvelle arme de destruction massive, ne serait jamais largement utilisé en temps de guerre.)
De part et d’autre aujourd’hui, mais surtout à Washington, on parle de développer des « ogives nucléaires plus précises » qui pourraient être utilisables. L’utilisation d’une « petite arme nucléaire précise » traverserait le Rubicon de l’apocalypse.
Pendant ce temps, la diabolisation extrême de Poutine et la russophobie croissante aux États-Unis font de la petite et moins redoutable Russie d’aujourd’hui une menace encore plus grave que ne l’était l’Union soviétique, contre laquelle les armes nucléaires américaines ont été développées et prévues. Et ceci, encore une fois, dans le contexte d’une diplomatie en déclin et de la capacité de négociation réduite de Trump.
5. Ainsi, la conclusion de Cohen selon laquelle les individus et les forces plus importantes qui font la promotion des allégations non prouvées émanant du « Russiagate » et de l’affaire Skripal sont, en fait, les instigateurs de la guerre nucléaire.

Les personnes qui découvrent le point de vue de Cohen dans le John Batchelor Show ou ailleurs lui demandent souvent : « Que pouvons-nous faire ? »
Il n’y a pas de réponses précises, seulement des suggestions, comme le fait que les gens peuvent exiger que leurs représentants au Congrès protestent contre ces développements. (En très grande majorité, les membres du Congrès en font la promotion ou gardent le silence.) Dans le passé, les mouvements populaires anti-Guerre froide et antinucléaire devaient être efficaces, et ils avaient des figures de proue à Washington, en particulier au Congrès. Ceux qui sont aujourd’hui silencieux au Congrès et ailleurs devraient faire écho au philosophe Hillel l’Ancien, comme l’a fait Mikhaïl Gorbatchev lorsqu’il était presque isolé dans les cercles soviétiques : « Si ce n’est pas maintenant, quand ? Si ce n’est pas nous, qui ? »
Les gens pourraient aussi exiger que la presse écrite, la radiodiffusion et les chaînes câblées, qui sont accréditées pour servir l’intérêt public, cessent de boycotter des dizaines d’experts faisant autorité (et non des partisans politiques) qui peuvent contrer les arguments du quasi-monopole pro-guerre froide et des voix politiques anti-Trump et Russie. Les médias pourraient commencer par remplacer à l’antenne les anciens chefs des services de renseignement américains, comme l’ancien directeur de la CIA John Brennan, qui ont leur propre programme et une certaine complicité dans la création des relations désastreuses d’aujourd’hui avec la Russie, par des opinions alternatives, voire opposées.
Et les croyants peuvent prier.

Stephen F. Cohen est professeur émérite d’études et de politique russes à l’Université de New York et à l’Université de Princeton et rédacteur en chef de The Nation.

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 28-03-2018


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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par komyo le Sam 5 Mai - 10:43



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"En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire" (G. Orwell)
«Le plus excellent symbole du peuple, c'est le pavé. On marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête.» - Victor Hugo
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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par troubaa le Sam 5 Mai - 20:40

tu as raison venant de la voix de moscou voila qui est original.

Mais bon quand on voit les nouvelles d'aujourd'hui...

C'est vrai que ces médias alors qu'est ce qu'ils sont méchants a relater ce genre d'info :

Russie: L'opposant Alexeï Navalny arrêté lors d'une manifestation anti-Poutine

Mais c'est vrai c'est en France qu'on n'est pas en démocratie la preuve Melenchon n'a pas été arrété par le grand méchant Macron aujourd'hui !

Plus de 1000 manifestants anti-Poutine interpellés dans toute la Russie

Une fois de plus preuve que c'est en France qu'on n'est pas en démocratie la preuve aujourd'hui aucune arrestation d'Insoumis contre 1000 en Russie !

quel scandale komyo tu n'as pas été arrété par le grand méchant Macron.

Comme dirait komyo, ces médias occidentaux qu'est ce qu'ils sont méchants de nous raconter ce qui se passe en Russie....



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Re: russophobie dans les médias occidentaux

Message par komyo le Sam 5 Mai - 21:13

troubaa a écrit:tu as raison venant de la voix de moscou voila qui est original.

Mais bon quand on voit les nouvelles d'aujourd'hui...

C'est vrai que ces médias alors qu'est ce qu'ils sont méchants a relater ce genre d'info :

Russie: L'opposant Alexeï Navalny arrêté lors d'une manifestation anti-Poutine

Mais c'est vrai c'est en France qu'on n'est pas en démocratie la preuve Melenchon n'a pas été arrété par le grand méchant Macron aujourd'hui !

Plus de 1000 manifestants anti-Poutine interpellés dans toute la Russie

Une fois de plus preuve que c'est en France qu'on n'est pas en démocratie la preuve aujourd'hui aucune arrestation d'Insoumis contre 1000 en Russie !

quel scandale komyo tu n'as pas été arrété par le grand méchant Macron.

Comme dirait komyo, ces médias occidentaux qu'est ce qu'ils sont méchants de nous raconter ce qui se passe en Russie....


Va gueuler dans une manifestation interdite et vois si la police française est si sympathique !
N'empêche qu'a ta place j'éviterai par simple réflexe de survie a t embarquer dans un risque de guerre avec la Russie pour défendre un nationaliste comme. Navalny
Le fait qu'il soit pour une Crimée russe ne te gène plus ! Wink


En octobre 2011, sa correspondance électronique est rendue publique par un hacker dans le but de montrer que « Navalny est un ultranationaliste corrompu financé par les autorités américaines ». L'authenticité des mails n'est toutefois pas intégralement confirmée par Navalny.

D'après ces mails, en 2006, le mouvement politique DA! dont Navalny a participé à la création aurait obtenu un financement de la fondation américaine National Endowment for Democracy.

En 2010, Alekseï Navalny part étudier à l'université Yale dans le cadre du programme « Yale World Fellows », qui vise à développer un réseau de leaders connectés à Yale et engagés pour faire du monde « un meilleur endroit » Selon le média officiel russe, Russia Today, il y aurait été envoyé par l'ambassadeur américain en Russie, Michael McFaul, dans le but de préparer une révolution orange en Russie.

Plusieurs articles essayent de présenter Navalny comme un agent américain. Pour Alex Jones, Navalny est un « agent de la sédition financé par les États-Unis ». L'économiste et journaliste américain Paul Craig Roberts dit que « la Russie a toutes les raisons d'avoir des doutes sur l'opposition politique qui semble être réunie autour d'Alexeï Navalny. Tout comme les "révolutions de couleur" dans l'espace post-soviétique, l'opposition russe est financée avec des moyens américains. Washington ne veut pas que la Russie puisse contredire sa volonté ». Ces articles sont décrits par divers médias comme ceux d'agents de propagande russe diffusant des théories du complot.

En août 2013, le parquet russe annonce que lors des vérifications des comptes de campagne pour l'élection du maire de Moscou, Alexeï Navalny a obtenu des financements étrangers émanant de plus de 300 personnes physiques et entités juridiques étrangères issus de 46 pays dont les États-Unis, la Finlande, la Grande-Bretagne, la Suisse et le Canada



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«Le plus excellent symbole du peuple, c'est le pavé. On marche dessus jusqu'à ce qu'il vous tombe sur la tête.» - Victor Hugo
Il y a deux types de français : il y a ceux qui pensent que le gouvernement et les lobbies vous veulent du bien et il y a ceux qui pensent Wink.

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