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les hommes de davos

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komyo
Roi des Mondes visible et invisible

Masculin Date d'inscription : 11/01/2014
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les hommes de davos

Message par komyo le Mer 9 Mar - 7:53

typologie, analyse du comportement et des ressorts !
amusant article de charles gave, sur le controle de tout le système par une élite autoproclamée. Deux thèmes l'ingratitude a leur égard et tout ira toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes, fait échos avec quelques propos entendus ici et là !
et ce n'est pas de moi, mais d'un libéral décomplexé ayant la particularité d etre resté démocrate.. !   Very Happy


Par Charles Gave

« Un membre éminent du parti communiste a décrété que le Peuple avait perdu la confiance du gouvernement mais pouvait la regagner à condition de redoubler d’efforts. Si cela est vrai, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple pour en élire un autre ? »

Berthold Brecht

Le monde va mal.

Les hommes de Davos qui dirigent notre monde depuis un grand moment déjà, avec les merveilleux résultats que tout le monde peut constater, sont pour la première fois depuis longtemps dans un État d’anxiété totale : les êtres inférieurs qui étaient l’objet de leur attention bienveillante depuis des années semblent être sur le point de se révolter un peu partout pour suivre une série de politiciens qu’eux, les hommes de Davos, n’ont pas présélectionné soigneusement avant qu’ils se présentent aux élections.

On voit bien qu’il s’agit là d’un crime de lèse-majesté et que le peuple a perdu la confiance des élites et donc qu’il serait urgent de dissoudre le peuple pour en élire un autre. C’est ce que soutient depuis très longtemps l’élite Française pour qui aimer le peuple de ce pays est une faute de goût impardonnable qui s’apparente à du fascisme. Mais avant de développer plus avant mon analyse, il serait sans doute bon que je définisse qui sont ces « hommes de Davos » dont je veux parler aujourd’hui.

L’homme de Davos est le résultat d’une évolution darwinienne qui a touché les « homo- sapiens » il y a peu de temps, juste après que le mur de Berlin ne tombe.

Contrairement au reste de l’espèce, l’homme de Davos n’est pas territorial et il n’hésite pas à dire que dans le fond, il est un « citoyen du monde »

En bon français, cela veut dire que l’homme de Davos est chez lui partout – et nulle part – et en est très fier. À ce titre, il a le plus grand mépris pour tous ceux qui restent stupidement attachés au pays de leur naissance.
Curieusement cependant, les hommes de Davos sont organisés en « tribu » et ceux qui pensent qu’ils sont les individus dominants de ladite tribu se retrouvent chaque année dans un coin sans aucun intérêt, un petit village des Alpes suisses, appelé Davos.

Les sociologues se perdent en conjecture sur les raisons qui amènent tous ces gens dans un endroit aussi inhospitalier, et du coup certains d’entre eux avancent l’hypothèse qu’il s’agit en fait d’un rite religieux où à la place d’adorer un Dieu, ils s’adorent les uns les autres puisqu’ils pensent qu’ils sont tous, en fait, des demi-dieux.

Les membres de la secte « homme de Davos » sont en effet tous convaincus qu’ils possèdent une intelligence tout à fait extraordinaire, ce qui leur donne le droit de diriger le reste de l’humanité en fonction de quelques grands principes mentionnés ci-dessous.

Politiquement, ils ont la méfiance la plus profonde envers les méthodes d’organisation territoriales de l’espèce inferieure. Des élections peuvent tout à fait empêcher leurs représentants soigneusement choisis de rester au pouvoir, et donc, à leur avis, il faudra bien finir par arriver à un gouvernement mondial composé de gens choisis par eux, en leur sein cela va sans dire, et sans qu’aucun processus électoral ne vienne ternir la qualité des futurs dirigeants. Comme chacun le sait chez eux, la seule chose qui garantisse l’efficacité dans l’exercice du pouvoir, c’est la cooptation entre gens de bonne compagnie, et certainement pas la concurrence qui mène tout naturellement à la démagogie et au populisme.

Économiquement, ils défendent une forme tout à fait particulière de capitalisme qui permet aux membres de la tribu de capturer la quasi totalité de la valeur ajoutée créée par les sous-hommes sans encourir le moindre risque. Si ça marche, c’est pour eux, si ça ne marche pas, c’est pour les contribuables de l’espèce inferieure, qui eux paient des impôts, ce qui parait bien normal. Quelques mauvais esprits soutiennent qu’il s’agit là purement et simplement du très vieux capitalisme de connivence mais chacun peut voir à cette occasion à quelles extrémités la jalousie peut mener.

Philosophiquement, ils s’appuient sur la pensée d’un grand homme du XVIIIe, Pangloss, bien résumée par Voltaire dans Candide. Notre philosophe soutenait avec raison que « tout est toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Il suffit d’ailleurs à nos hommes de Davos de considérer avec objectivité leurs éclatantes réussites pour se convaincre de la véracité de la philosophie Panglossienne. Curieusement cependant, ils ont du mal à convaincre l’espèce inférieure de cette vérité d’évidence tant le niveau de vie de ces incompétents n’a cessé de baisser depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir.

Ingrats !

Pratiquement, ils ont compris depuis longtemps que la meilleure façon de désamorcer les révoltes du lumpen prolétariat était de s’appuyer sur l’amour que ces pauvres gens avaient pour leur pays et de signer des accords internationaux permettant en toute légalité de jouer ces pays les uns contre les autres. Qui plus est, ils ont organisé des instances internationales d’un ordre juridique soi-disant supérieur à celui de chaque pays pris individuellement, ce qui fait que les nations ne peuvent plus prendre de décisions et que les élections sont devenues une immense farce (tranquille ?). Bien entendu, le pouvoir est exercé dans ces institutions par des hommes de Davos, jamais élus mais toujours soigneusement choisis par les plus hautes instances pour leur dévouement aux intérêts de la secte.

Comme on le voit, tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Malheureusement (pour eux), je suis en train de me demander si les hommes de Davos ne sont pas en train de filer un mauvais coton.

D’abord, un peuple, toujours le même, est en train de demander à récupérer sa souveraineté confisquée par les hommes de Davos qui en hurlent de rage et cette opération porte un nom qui a dû figurer dans l’un ou l’autre des albums d’Astérix, avec Assurancetourix ou Agecanonix : Brexit… La révolte du village (Grand) Breton a peut-être commencé…

Qui plus est, quelques-uns d’entre eux, qu’ils considéraient pourtant comme « parmi les meilleurs d’entre eux », sont en train de changer de camp et semblent s’autoriser à lâcher le morceau.
Ainsi Mervin King, l’ancien gouverneur de la Banque centrale anglaise, vient-il d’écrire un livre pour expliquer que les élites Européennes ont VOLONTAIREMENT créé une dépression en Europe pour briser la résistance des peuples à l’avènement d’un État Européen.

Une fois ruiné, chaque État a en effet non seulement bien du mal à résister à la menace de l’arrêt des subventions mais a encore plus de difficultés à s’opposer à la fermeture de ses banques, ce dont la Grèce a été menacée par la BCE. Comme quoi, quand l’on perd sa monnaie, l’on perd sa souveraineté, ce qui après tout était le but de l’homme de Davos. Il n’y a que les sous-hommes pour croire à des billevesées comme la souveraineté inaliénable d’une nation. Et, continue l’ancien gouverneur, qui cherche à aggraver son cas, la seule solution est bien sûr de retourner aux monnaies nationales pour retrouver et croissance et démocratie.

Comme les lecteurs de l’IDL le savent, c’est exactement ce que je dis depuis des années et si les Britanniques venaient à voter pour Brexit, je n’ai pas le moindre doute que les Suédois, les Danois, les Italiens, les Portugais, les Espagnols ne seraient pas loin derrière et qu’enfin nous sortirions du cauchemar européen.

Le sommeil de la raison engendre des monstres disait Goya…

Parallèlement, aux USA, une étrange créature aux cheveux oranges est en train de faire un tabac lors des primaires du parti républicain et semble avoir un seul but : détruire le pouvoir des hommes de Davos, ce qui met nos bienfaiteurs de l’humanité dans un état de panique totale. Voila qui est bien compréhensible puisqu’une défaite électorale mettrait fin à ce capitalisme de connivence qui leur permet de vivre noblement sans prendre le moindre risque.

Qui sait ? Si un tel candidat était élu, il pourrait ordonner que des audits soient conduits sur les relations qui unissent la Fed et un certain nombre d’entités financières sévissant à Wall Street et plusieurs membres éminents de ces institutions pourraient se retrouver là où est monsieur Madoff.

L’ingratitude humaine est sans limites…

Fort heureusement les hommes de Davos, au prétexte qu’il est temps qu’une femme soit élue à la magistrature suprême présentent « une » candidate à la magistrature suprême, un vrai modèle de compétence, d’honnêteté et d’altruisme. Je n’ai donc pas le moindre doute que toutes les forces de progrès vont se coaliser pour soutenir cette personne dont chaque lecteur moyennement informé sait cependant qu’elle devrait être en prison depuis longtemps.

L’essentiel n’est pas en effet que le peuple élise quelqu’un de compétent, mais d’empêcher que ne soit élu une personne dont les décisions pourraient amener à un changement de cet ordre dont chacun devrait savoir qu’il est le meilleur possible. Et donc nous sommes en train de rentrer un peu partout dans un monde où la Politique, avec un grand P, va reprendre le dessus.

Ce n’est plus l’argent, les media, les coups tordus qui vont amener des hommes au pouvoir mais la volonté du peuple. On imagine la panique de l’homme de Davos.

Comme les lecteurs le savent, l’idéaliste que je suis à bien du mal à analyser les évolutions politiques et je sous-estime certainement la capacité des hommes de Davos à maintenir l’humanité dans un ordre quasiment parfait. Mais je sais que l’ordre, c’est la mort.

Plus sérieusement, j’ai toujours cru que la vérité l’emportera toujours sur le mensonge et que de la confrontation des idées et des votes naissait toujours une amélioration.
Et donc j’ai toujours cru en la démocratie et je n’ai pas le moindre doute que les jours de la technocratie sont comptés.

Cette perte de pouvoir va-t-elle être agitée ? Certainement !

Les électeurs peuvent-ils se tromper ? Mais bien sûr !
Mais à l’élection suivante, ils peuvent corriger le tir, si bien sûr, on leur en offre la possibilité, ce qui n’a pas été le cas en France quasiment depuis la mort de Pompidou. En France, nous avons eu toujours le choix entre un homme de Davos ou un autre, ce qui ne changeait rien.

Pour terminer je vais reprendre la phrase de Tony Benn, politicien Britannique situé à l’extrême gauche de l’échiquier politique et que j’aimais bien parce qu’il avait beaucoup d’humour.

Une démocratie se définit en deux phrases

Est-ce que j’ai pu voter pour les gens qui m’imposent les lois auxquelles je dois obéir en tant que citoyen ?
Est-ce que je peux les virer à l’élection suivante ?

Tout le reste ne compte pas.

Source InstitutdesLibertés.org ici


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Le Repteux
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Re: les hommes de davos

Message par Le Repteux le Mer 9 Mar - 19:33

Hihi, super plume ce Charles Gave, il me fait un peu penser à Gaston! Smile


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troubaa
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Re: les hommes de davos

Message par troubaa le Mer 9 Mar - 21:44

Pedut être parce qu'il n'y a pas de contrepoids, autre que politique, aux hommes de Davos.

Je viens juste de lire cette analyse qui peut être une explication à la trop forte influence des hommes de Davos ressentie en France:

Dans le récent classement du Global Go To Think Tank, une étude annuelle de Wharton qui sert de référence internationale, les think tanks américains sont à l'honneur. Brookings, Carnegie, CSIS, Council of Foreign Relations, Rand Corporation, Wilson International Center, Cato et Heritage trustent les premières places. Encore un classement américain qui récompense des Américains, ricanera-t-on. Je suis donc parti à Washington, DC, faire la tournée des think tanks, pour voir de mes yeux ce qu'ils ont de si exceptionnel.

On les trouve concentrés dans un espace de cent mètres carrés autour de Dupont Circle, à quelques pâtés de maisons de la Maison-Blanche. J'entre dans le premier, installé dans un immeuble de bureaux d'une dizaine d'étages tout juste refait à neuf. « A quel niveau se trouve le Cato Institute ? » demandai-je à la réception. Grand sourire. « C'est le Cato Institute. » Je traverse des couloirs dignes de McKinsey. Passe devant la « direction des ressources humaines ». Jette un coup d'oeil sur la « terrasse de la liberté » où bronzent les libertariens au printemps. Et fini par rencontrer le pape de la légalisation des drogues, consulté par de nombreux candidats à la présidentielle.

Brookings fait mieux : 500 salariés, un siècle d'existence, plus de 100 millions de dollars de budget annuel. Le département de politique étrangère à lui seul compte 120 employés, la plupart des professeurs de renom, qui considèrent leur passage à l'institut comme une promotion. Au Peterson Institute, à Freedom House, partout le même professionnalisme, et le pouvoir d'influence qui en découle. Les journaux font leur une des meilleures publications. Un de mes interlocuteurs s'est excusé de ne pouvoir me recevoir car il avait accepté depuis peu le poste de conseiller pour les affaires européennes à la Maison-Blanche. Et le moindre officier des douanes sait pertinemment, comme j'ai pu le constater à mon arrivée, ce que « think tank » signifie.

Le contraste avec la France est frappant. Malgré une forte émergence ces dernières années, illustrée par la création de l'Institut Montaigne en 2000 puis de Terra Nova en 2008, les think tanks parisiens, souvent rabaissés en « cercles de réflexion », restent bien mal lotis. Aucun universitaire n'accepterait d'y travailler à temps plein. La presse les cite à l'occasion, faute d'avoir un rapport officiel remis au gouvernement à se mettre sous la dent. Les hommes politiques les ignorent largement, tout occupés à demander des éléments de langage à l'administration quand ils sont au pouvoir, ou à s'attacher des inspecteurs des finances en goguette lorsqu'ils se trouvent dans l'opposition.

Pourquoi ? D'abord, faute de moyens. Les think tanks français vivotent sur l'argent de l'Etat et sur celui du CAC 40. Or la politique publique est l'affaire de tous. Pour que les think tanks français deviennent réellement autonomes, il faudrait que chacun mette la main à la poche. Les idées, contrairement à ce que croyait Platon, ne tombent pas du ciel.

La raison fondamentale de ce désintérêt, c'est la primauté que revêt encore en France la figure de l'intellectuel solitaire, capable, en se promenant au Palais-Royal, de résoudre les problèmes du monde. Jamais Michel Onfray, Alain Finkielkraut ni Régis Debray ne mettraient les mains dans le cambouis des chiffres et des dossiers. A ce mépris pour les trivialités de la recherche scientifique répond, côté politique, la foi dans une administration omnipotente. Les intellectuels intellectualisent et l'administration administre. Les uns hystérisent le pays, les autres l'engourdissent. Ainsi s'explique l'absence de renouveau de nos politiques publiques.

Or les think tanks sont plus nécessaires que jamais, comme l'a bien compris le Cercle des économistes, qui a entrepris de les consulter de manière plus systématique. A l'ère de la complexité et de la multiplicité, ils bâtissent un pont indispensable entre les considérations doctrinales et les contraintes pratiques. Ils mettent en réseau les compétences de chacun autour d'un même projet intellectuel. Ils agissent en amont du débat public, pour lui donner vigueur et originalité. Et leur indépendance vis-à-vis des partis devrait leur permettre une plus grande audace. Je think tank, donc nous sommes ?


https://www.generationlibre.eu/medias/presse/nos-tribunes/la-france-doit-se-donner-les-moyens-de-penser/


_._._._._._._._._._._._


«L'optimiste voit le meilleur partout et ne veut pas entendre parler du pire ; le pessimiste voit le pire partout et ne veut pas entendre parler du meilleur. » – Michel Onfray

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