LA TABLE RONDE

Spiritualité, Bonheur et Quête du Graal


le néo libéralisme est un fascisme

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komyo
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le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Mer 2 Mar - 8:56

C'est une analyse que font de plus en plus de démocrate font !


Le néolibéralisme est un fascisme
Manuela Cadelli, présidente de l’Association Syndicale des Magistrats
Mis en ligne mardi 1 mars 2016,


Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.
Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.
Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.
Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.
Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun.
L’austérité voulue par les milieux financiers est devenue une valeur supérieure qui remplace la politique. Faire des économies évite la poursuite de tout autre objectif public. Le principe de l’orthodoxie budgétaire va jusqu’à prétendre s’inscrire dans la Constitution des Etats. La notion de service public est ridiculisée.
Le nihilisme qui s’en déduit a permis de congédier l’universalisme et les valeurs humanistes les plus évidentes : solidarité, fraternité, intégration et respect de tous et des différences. Même la théorie économique classique n’y trouve plus son compte : le travail était auparavant un élément de la demande, et les travailleurs étaient respectés dans cette mesure ; la finance internationale en a fait une simple variable d’ajustement.

Déformation du réel

Tout totalitarisme est d’abord un dévoiement du langage et comme dans le roman de Georges Orwell, le néolibéralisme a sa novlangue et ses éléments de communication qui permettent de déformer le réel. Ainsi, toute coupe budgétaire relève-t-elle actuellement de la modernisation des secteurs touchés. Les plus démunis ne se voient plus rembourser certains soins de santé et renoncent à consulter un dentiste ? C’est que la modernisation de la sécurité sociale est en marche.
L’abstraction domine dans le discours public pour en évincer les implications sur l’humain. Ainsi, s’agissant des migrants, est-il impérieux que leur accueil ne crée pas un appel d’air que nos finances ne pourraient assumer. De même, certaines personnes sont-elles qualifiées d’assistées parce qu’elles relèvent de la solidarité nationale.

Culte de l’évaluation

Le darwinisme social domine et assigne à tous et à chacun les plus strictes prescriptions de performance : faiblir c’est faillir. Nos fondements culturels sont renversés : tout postulat humaniste est disqualifié ou démonétisé car le néolibéralisme a le monopole de la rationalité et du réalisme. Margaret Thatcher l’a indiqué en 1985 : «  There is no alternative  ». Tout le reste n’est qu’utopie, déraison et régression. Les vertus du débat et de la conflictualité sont discréditées puisque l’histoire est régie par une nécessité.
Cette sous-culture recèle une menace existentielle qui lui est propre : l’absence de performance condamne à la disparition et dans le même temps, chacun est inculpé d’inefficacité et contraint de se justifier de tout. La confiance est rompue. L’évaluation règne en maître, et avec elle la bureaucratie qui impose la définition et la recherche de pléthore d’objectifs et d’indicateurs auxquels il convient de se conformer. La créativité et l’esprit critique sont étouffés par la gestion. Et chacun de battre sa coulpe sur les gaspillages et les inerties dont il est coupable.

La Justice négligée

L’idéologie néolibérale engendre une normativité qui concurrence les lois du parlement. La puissance démocratique du droit est donc compromise. Dans la concrétisation qu’ils représentent des libertés et des émancipations, et l’empêchement des abus qu’ils imposent, le droit et la procédure sont désormais des obstacles.
De même le pouvoir judiciaire susceptible de contrarier les dominants doit-il être maté. La justice belge est d’ailleurs sous-financée ; en 2015, elle était la dernière d’un classement européen qui inclut tous les états situés entre l’Atlantique et l’Oural. En deux ans, le gouvernement a réussi à lui ôter l’indépendance que la Constitution lui avait conférée dans l’intérêt du citoyen afin qu’elle joue ce rôle de contre-pouvoir qu’il attend d’elle. Le projet est manifestement celui-là : qu’il n’y ait plus de justice en Belgique.

Une caste au-dessus du lot

La classe dominante ne s’administre pourtant pas la même potion qu’elle prescrit aux citoyens ordinaires car austérité bien ordonnée commence par les autres. L’économiste Thomas Piketty l’a parfaitement décrit dans son étude des inégalités et du capitalisme au XXIe siècle (Seuil 2013).
Malgré la crise de 2008, et les incantations éthiques qui ont suivi, rien ne s’est passé pour policer les milieux financiers et les soumettre aux exigences du bien commun. Qui a payé ? Les gens ordinaires, vous et moi.
Et pendant que l’État belge consentait sur dix ans des cadeaux fiscaux de 7 milliards aux multinationales, le justiciable a vu l’accès à la justice surtaxé (augmentation des droits de greffe, taxation à 21 % des honoraires d’avocat). Désormais pour obtenir réparation, les victimes d’injustice doivent être riches.
Ceci dans un Etat où le nombre de mandataires publics défie tous les standards mondiaux. Dans ce secteur particulier, pas d’évaluation ni d’études de coût rapportée aux bénéfices. Un exemple : plus de trente ans après le fédéralisme, l’institution provinciale survit sans que personne ne puisse dire à quoi elle sert. La rationalisation et l’idéologie gestionnaire se sont fort opportunément arrêtées aux portes du monde politique.

Idéal sécuritaire

Le terrorisme, cet autre nihilisme qui révèle nos faiblesses et notre couardise dans l’affirmation de nos valeurs, est susceptible d’aggraver le processus en permettant bientôt de justifier toutes les atteintes aux libertés, à la contestation, de se passer des juges qualifiés inefficaces, et de diminuer encore la protection sociale des plus démunis, sacrifiée à cet « idéal » de sécurité.

Le salut dans l’engagement

Ce contexte menace sans aucun doute les fondements de nos démocraties mais pour autant condamne-t-il au désespoir et au découragement ?
Certainement pas. Voici 500 ans, au plus fort des défaites qui ont fait tomber la plupart des Etats italiens en leur imposant une occupation étrangère de plus de trois siècles, Nicolas Machiavel exhortait les hommes vertueux à tenir tête au destin et, face à l’adversité des temps, à préférer l’action et l’audace à la prudence. Car plus la situation est tragique, plus elle commande l’action et le refus de « s’abandonner » (Le prince, chapitres XXV et XXVI).
Cet enseignement s’impose à l’évidence à notre époque où tout semble compromis. La détermination des citoyens attachés à la radicalité des valeurs démocratiques constitue une ressource inestimable qui n’a pas encore révélé, à tout le moins en Belgique, son potentiel d’entraînement et sa puissance de modifier ce qui est présenté comme inéluctable. Grâce aux réseaux sociaux et à la prise de parole, chacun peut désormais s’engager, particulièrement au sein des services publics, dans les universités, avec le monde étudiant, dans la magistrature et au barreau, pour ramener le bien commun et la justice sociale au cœur du débat public et au sein de l’administration de l’État et des collectivités.
Le néolibéralisme est un fascisme. Il doit être combattu et un humanisme total doit être rétabli.


_._._._._._._._._._._._


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Mer 2 Mar - 9:30


Ca fait du bien de rire de bon matin.

Merci Komyo.


_._._._._._._._._._._._


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par gaston21 le Jeu 3 Mar - 10:35

Machiavel en son temps gardait encore un peu d'espoir...De nos jours où l'argent domine tout et écrase les peuples (voir l'austérité imposée aux européens, la récession, le chômage et la misère qu'elle entraîne), le seul espoir restant ne réside-t-il pas dans une révolte concertée des peuples, à condition qu'elle puisse se réaliser? Le résultat? Aux USA l'élection probable d'un bouffon aux multiples casseroles et inféodé à la mafia!! Et chez nous en Europe, un filou fiscal pour nous montrer la route!
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par gaston21 le Jeu 3 Mar - 10:50

Pour compléter, une phrase d'Yves Guéna qui vient de mourir; ancien résistant et gaulliste de la première heure, et un gars bien de droite! Comme quoi la Droite a parfois un peu d'intuition...

En 1992, Yves Guéna défend vigoureusement le « non » au traité de Maastricht. Il en est un des principaux orateurs lors du conseil national du RPR du 4 avril qui lui est consacré. A ses yeux, « cette Europe-là qu’on nous bâtit, ce n’est pas l’Europe de la paix, c’est celle de l’impuissance ». « Je considère que ce qui est en jeu, c’est l’avenir et la survie de la patrie française », conclut-il devant ses « compagnons gaullistes ».
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Mar 8 Mar - 21:01

troubaa a écrit:
Ca fait du bien de rire de bon matin.

Merci Komyo.


profites en pour rigoler aussi le soir ! Very Happy

Les Ultras, leurs outrances, leurs outrages, par Jacques Seignan

Billet invité. Ouvert aux commentaires.
Plus un domaine n’échappe à l’emprise du système mortifère dont Paul Jorion et ses invités sur son blog ont exploré en détail les sources, les fondements, les stratégies et les conséquences. Ce système de pouvoir, il se serait mieux de le nommer ultralibéralisme plutôt que néolibéralisme. C’est bien sûr un détail et il suffit de savoir ce qui se cache derrière les définitions (1). Toutefois rien n’est complètement neutre dans les façons de désigner les concepts et de les modifier par des préfixes, d’autant plus que le terme libéralisme, par son origine et son histoire, est une idée positive (aux États-Unis, liberal signifie de gauche).


De même le préfixe « néo » a habituellement une connotation positive. (Le nom du héros de la trilogie Matrix des Wachowski, incarné par K. Reeves, est Neo, l’Élu libérateur.) Pour ce qui est du préfixe « ultra », ça dépend. Ultra est un mot latin qui signifie simplement au-delà – comme dans ultraviolet, ultrason. Sous la forme du doublon ultra/outre, on a d’autres mots anodins : outremer, outre-Quiévrain… Par contre dans les affaires humaines passer au-delà des limites (outrepasser) ne se fait pas sans de terribles effets et ce préfixe peut alors devenir inquiétant et péjoratif – pensons à l’ultranationalisme, aux ultraconservateurs. Il faut rappeler que cette racine ‘ultra’ qui a donné le verbe ‘outrer’ est à l’origine de plusieurs mots dérivés comme ‘outrage’ et ‘outrance’. Et ils sont innombrables les outrages que les ultras (libéraux) imposent à tous par leurs outrances. Le passé et le présent illustrent ces enchaînements fatals.

En France les ultraroyalistes, personnages parmi les plus odieux et bornés de notre Histoire, finirent par gêner celui qu’ils étaient supposés soutenir et la fameuse « Chambre introuvable » (2) est devenue un symbole politique. Les « Ultras » sont plus royalistes que le roi ! Aucun compromis n’est jamais accepté : c’est tout ou rien. La leçon à tirer (et qui ne l’est jamais) est que l’abus d’un rapport de force nuit à ses intérêts à long terme ; c’est la manifestation d’une forme de bêtise extrême, une autre définition de l’extrémisme.

Il y a bien de ça dans l’ultralibéralisme. Ses promoteurs, thuriféraires et acteurs – de nouveaux ultras, des néo-ultras – agissent dans l’excès, sans obstacle, sans vergogne, sans réelle opposition politique puisque la très grande majorité des partis politiques sont imprégnés (abrutis) par cette nouvelle doxa économique – en France, de Macron à Juppé en passant par Hollande et Sarkozy, avec l’extrême-droite comme alternative fallacieuse. Ils finiront ainsi par mettre en danger la survie même du Système, leur bien-aimé système capitaliste. En politique, les cyniques décriraient une politique ultra comme contre-productive. Comment ne pas penser à ces gens rigides autour de Charles X qui voulurent revenir à la situation d’avant 1789 ? On sait ce qui advint.

Dans son livre Alain Supiot [La Gouvernance par les nombres, Fayard, 2015] consacre un chapitre à l’instauration d’une nouvelle féodalité et, comme Paul Jorion l’explique [p. 157, Misère de la pensée économique, Fayard, 2012], elle est « fondée sur un nouveau principe : l’argent en lieu et place de la terre » (3). Le parallèle est saisissant : en haut de la pyramide néo-féodale une poignée de Seigneurs et Maîtres et en bas les serfs modernes avec des niveaux intermédiaires nécessaires au fonctionnement de cette nouvelle société. Les entreprises ont quitté le « modèle fordien intégré et hiérarchisé » pour « faire place à un modèle réticulaire ». Il y a les fournisseurs de rang un et leurs nombreux sous-traitants, les petits châtelains. Il parle de l’« affermage des fonctions » et ajoute ensuite que « sous la pression de la financiarisation de l’économie, [les entreprises] ont segmenté leur activité en unités de coûts et soumis ces unités à des exigences croissantes de rendement ». Ce qui se traduit par l’exploitation à outrance des salariés (souvent proches de l’esclavage), des ateliers de fabrication textile en Asie aux ouvriers agricoles dans les serres d’Andalousie en passant par les enfants africains recyclant nos ordinateurs rendus obsolètes. Dans un pays riche comme la France, une forme de violence nouvelle s’est installée ; la vie et la santé ne sont pas en jeu à court terme (à long terme, c’est différent) mais elle exerce également ses méfaits. Notre jeunesse est en première ligne. Aucune fatalité économique face à ces injustices révoltantes ne devrait plus jamais être avancée.

Prenons des cas récents qui illustrent les désastres de l’ultralibéralisme sur des échelles décroissantes.

Aujourd’hui, neuf ans après la crise des subprimes, le retour du danger systémique liée aux banques est annoncé. Le Monde du 10 février 2016 titrait en Une : « Et si les banques faisaient replonger le monde ». Les patrons des grandes banques avec la complicité active de politiciens se sont opposés à toutes mesures structurelles permettant de contrôler effectivement le fonctionnement des banques systémiques (éventuellement les démanteler), pour remettre la finance au service de l’économie et non à celui de la spéculation débridée. Ils se sont arcboutés sur leurs privilèges au risque de mener à l’effondrement de leurs chères banques – et nous avec. Plus généralement pour le système financier mondial, il y eut un créneau en 2008/2009 pour rectifier ses dysfonctionnements patents mais tout s’est passé comme si, animés par l’esprit borné caractéristiques des ultras, les Prédateurs suprêmes avaient refusé de rien lâcher et au contraire avaient poursuivi dans cette impasse, si profitable à court terme, mais aboutissant à l’agonie du capitalisme. C’était une attitude typiquement ultra que d’agir ainsi : vouloir coûte que coûte revenir à la situation d’avant-crise, sans compromis raisonnable pouvant assurer la survie (4). En 2016, après le quantitative easing, on en est aux taux négatifs … Son implosion est inévitable.

Deuxième exemple à une échelle plus locale : des petites entreprises sont mises en faillite (5) car elles ne sont pas payées dans les délais commercialement agréés. On doit honorer ses dettes en temps voulu et on nous le rabâche à longueur de temps au sujet des dettes des États mais les grands groupes (dans le « top 5 : SFR, Numéricable et Airbus) se moquent impunément des règles sur ces délais de paiement. Ils contribuent de la sorte à détruire de petites entreprises : « Environ une faillite sur quatre est liée à des impayés », signifiant autant de chômeurs en plus. Un effet d’un rapport de force de type féodal : les puissants ont le dernier mot et la justice leur est plus clémente. Sentiment d’impunité.

Prenons enfin un cas à l’échelle humaine, celle des hommes et des femmes subissant cette loi d’airain des néo-ultras, et cela, au-delà des chiffres, nul ne doit l’oublier ! Ce cas concerne la Cinémathèque de Paris, ce qui le rend encore plus étrange : comment en est-on arrivé à un tel problème dans un haut lieu d’excellence culturelle ? Une institution qui devrait être sans but lucratif et appliquer véritablement le slogan de la Metro Goldwin Mayer, « ars gratia artis », (par ailleurs bel exemple de tartufferie de cette major de Hollywood). Une ancienne employée a publié une « lettre à la cinémathèque » sous forme d’une magnifique vidéo. Prenez le temps d’écouter Anna. L’article du Monde (4 février 2016) qui le rapporte s’intitule « Un remake du mépris ébranle la cinémathèque française » (6). Ce qu’Anna nous dit avec dignité et force, illustre exactement et tristement l’analyse développée par Alain Supiot (affermage des fonctions, pression induite…). Personne à la cinémathèque n’est directement responsable (enfin dans une certaine mesure car comme elle l’explique, « il suffisait (…) de parler au petit personnel ») ; il ne s’agit pas de vouer au pilori des gens respectés et respectables (à un certain point, à eux de le prouver…), mais il est aisé de voir ces cheminements systémiques menant à ces dérives outrancières pour les salariés. L’histoire de la Cinémathèque n’a pas été « un long fleuve tranquille », on le sait bien, et pourtant un esprit désintéressé y soufflait. Le témoignage d’un réalisateur d’origine irakienne en atteste : « A la Cinémathèque, j’ai rencontré Henri Langlois, qui me donnait la permission de me faufiler dans la salle » (7).

Aujourd’hui, il paraît incongru d’être « désintéressé », non lucratif ; il faut être rentable, compétitif, flexible, évaluable, profitable. L’État français qui vient pourtant de récupérer 21 milliards provenant de la fraude fiscale est pauvre, nous répète-t-on mécaniquement, et par conséquence ayant moins de subventions à distribuer (pour des choses inutiles comme la culture ?) obligation lui est faite d’économiser à tout-va – avec la Troïka en embuscade. Alors que recommande la féroce doctrine économique officielle et son ultra-financiarisation ? C’est simple : sabrer dans les effectifs, privatiser, sous-traiter, externaliser… Et le plus souvent, une société de sous-traitance agit évidemment comme « il se doit » : sans respect pour ses salariés, interchangeables, corvéables… Enfin on connaît la chanson, les causes du problème (cf. les livres évoqués) et ses outrages que résume parfaitement le délégué CFDT : « Le problème de fond, c’est l’externalisation : cela rend les salariés esclaves, et c’est la Cinémathèque, subventionnée par l’Etat, qui cautionne la situation ». Il faut noter que les petits châtelains ont au-dessus d’eux les ducs, et au-dessus des ducs, les rois… et ces rois, à quel Dieu rendent-ils compte ?

Ces nouveaux Ultras nous outragent ; leurs outrances nous détruisent. Inéluctablement les citoyens – outrés – réagiront, partout dans le monde. On pourrait presque remercier les Ultras comme provocateurs involontaires des révoltes à venir !

Et en effet, partout dans le monde, surgissent des espérances nouvelles et inédites pour en finir avec l’ultralibéralisme.

Aux États-Unis, la Cour Suprême (grâce à une faible majorité de conservateurs obtus) a suivi une démarche politiquement ultra : elle a ouvert le financement sans limite des campagnes électorales (les super-PACS) pour verrouiller le pouvoir oligarchique de la caste des milliardaires. Mais il ne fallait pas être plus oligarchique que les hyper-riches ! Trump est arrivé et s’autofinance : ce candidat repoussant perturbe le Parti républicain car il est concrètement incontrôlable – et les donateurs républicains milliardaires, comme les frères Koch, sont dépités car ils n’ont plus leur poids politique habituel dans ce jeu électoral. Sur un mode positif il y a cette surprise inouïe – pour nous qui sommes abreuvés de propagande racontant que tout va si bien dans l’économie américaine – d’un candidat se déclarant socialiste aux États-Unis, Bernie Sanders, qui gagne des primaires et concurrence la candidate de l’élite Démocrate. Il est lui financé par des centaines de milliers de gens et il est massivement plébiscité par la jeunesse américaine ; il fait renaître les idéaux démocratiques de cette grande République.

En France, ça bouge enfin car comme il a été dit « trop, c’est trop ». Nos Ultras (s’auto-désignant comme ultra-réformistes), vont trop loin. La pétition contre la loi Travail initiée par Caroline de Haas a dépassé le 4 mars 2016, le million de signatures ; un mouvement de « youtubers » #OnVautMieuxQueCa rassemble dans le même esprit qu’Anna, des témoignages vidéo sur leur vie au boulot, leur refus du mépris, contre un avenir précarisé, pour l’espoir d’une société libérée de la loi du fric-roi. « Ne plus se laisser faire ! »

Enfin sur ce blog même, voici une initiative à partager : Thomas Piketty, présentez-vous aux présidentielles de 2017 !

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(1) – cf. cet article : Le néolibéralisme est un fascisme

verbatim : « Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme« .

(2) – La « Chambre introuvable»

(3) – Voir aussi ce billet de Paul Jorion : L’ultralibéralisme tente de ressusciter une aristocratie de l’argent

(4) – Il faut se référer à La sémiotique de la crise par Jean-Maxence Granier. Il était évident que la posture A (croire à une crise cyclique, bénigne, à un système auto-régulé, ce qui par exemple se traduit obligatoirement à un moment ou un autre, par une inversion de la courbe du chômage selon une formule ridicule) ne pouvait être choisie que par des Ultras, aussi aveugles et stupides que leurs prédécesseurs.

Et on peut évoquer la Grèce opprimée et détruite par la Troïka ultra dont la politique échoue partout en Europe mais qui continue avec violence à la mettre en œuvre, et aujourd’hui, on le voit, même au détriment des intérêts géostratégiques européens, sans parler de la simple solidarité européenne.

(5) – Les entreprises payent avec de plus en plus de retard, mais le problème concerne des groupes puissants : « Ensemble, les 120 premiers groupes français accusaient un retard de paiement de 4 milliards d’euros à la fin avril 2015 ».

http://www.pauljorion.com/blog/2016/03/07/les-ultras-leurs-outrances-leurs-outrages-par-jacques-seignan/#more-83201


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Mar 8 Mar - 21:41

komyo a écrit:

profites en pour rigoler aussi le soir ! Very Happy

Merci ! j'ai vais allez me coucher le cour léger rassuré de lire tant d'intelligence,, d'analyse et de réflexion.


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Sam 9 Juil - 8:28

si tu as besoin d'aide, je te conseille ce texte !


Imaginez que le peuple de l’Union soviétique n’ait jamais entendu parler du communisme. Et bien pour la plupart d’entre nous, l’idéologie qui domine nos vies n’a pas de nom. Parlez-en au cours d’une conversation et vous obtiendrez en retour un haussement d’épaules. Même si vos auditeurs ont entendu le terme auparavant, ils auront du mal à le définir. Le « néolibéralisme » : savez-vous seulement ce que c’est ?

Son anonymat est à la fois un symptôme et la cause de sa puissance. Il a joué un rôle déterminant dans un très grand nombre de crises : la crise financière de 2007-2008, la délocalisation de la richesse et de la puissance, dont les Panama Papers nous offrent à peine un aperçu, le lent effondrement de la Santé publique et de l’Éducation, la résurgence du phénomène des enfants pauvres, l’épidémie de solitude, le saccage des écosystèmes, la montée de Donald Trump. Mais nous traitons ces crises comme si chacune émergeait de manière isolée, ne voyant pas qu’elles ont toutes été générées ou exacerbées par la même philosophie cohérente, une philosophie qui a – ou avait – un nom. Quel plus grand pouvoir que de pouvoir se déployer de manière anonyme ?

Le néolibéralisme est devenu à ce point omniprésent que nous ne le reconnaissons même pas comme une idéologie. Nous semblons accepter l’idée que cette foi utopique millénariste relève en fait d’une force neutre, une sorte de loi biologique, comme la théorie de l’évolution de Darwin. Pourtant, cette philosophie a bel et bien surgi comme une tentative consciente de remodeler la vie humaine et de modifier les lieux d’exercice du pouvoir.

Le néolibéralisme considère la concurrence comme la caractéristique principale des relations humaines. Il redéfinit les citoyens comme des consommateurs, dont les prérogatives démocratiques s’exercent essentiellement par l’achat et la vente, un processus qui récompense le mérite et sanctionne l’inefficacité. Il soutient que « Le marché » offre des avantages qui ne pourraient jamais être atteints par quelque type de planification que ce soit.

Les tentatives visant à limiter la concurrence sont considérées comme des dangers pour la liberté. L’impôt et la réglementation sont considérés comme devant être réduits au minimum, les services publics comme devant être privatisés. L’organisation du travail et la négociation collective par les syndicats sont dépeints comme des distorsions du marché qui empêchent l’établissement d’une hiérarchie naturelle entre les gagnants et les perdants. L’inégalité est rhabillée en vertu : elle est vue comme une récompense de l’utilité et un générateur de richesses, lesquelles richesses ruisselleraient vers le bas pour enrichir tout le monde. Les efforts visant à créer une société plus égalitaire sont considérés comme étant à la fois contre-productifs et corrosifs moralement. Le marché est supposé garantir que chacun obtienne ce qu’il mérite.

Or nous intériorisons et reproduisons ces croyances. Les riches se persuadent qu’ils ont acquis leur richesse par le mérite, en ignorant les avantages – tels que l’éducation, l’héritage et la classe d’origine – qui peuvent avoir contribué à son obtention. Les pauvres tendent à se blâmer pour leurs échecs, même quand ils ne peuvent guère changer leur propre situation.

Peu importe le chômage structurel : si vous ne disposez pas d’un emploi, c’est parce que vous n’êtes pas entreprenant. Peu importe les coûts invraisemblables du logement : si votre compte bancaire est vide, c’est que vous êtes irresponsable et imprévoyant. Peu importe que vos enfants n’aient plus de terrain de jeu : s’ils deviennent gras, c’est de votre faute. Dans un monde régi par la concurrence, ceux qui échouent sont vus et s’auto-perçoivent comme perdants.

Paul Verhaeghe montre les conséquences de tout ceci dans son livre What About Me ? : épidémies d’automutilation, troubles alimentaires, dépression, solitude, angoisse de la non-performance et phobie sociale. Il n’est pas surprenant que la Grande-Bretagne, où l’idéologie néolibérale a été appliquée le plus rigoureusement, soit la capitale de la solitude de l’Europe. Nous sommes tous d’authentiques néolibéraux à présent.

***

Le terme « néolibéralisme » a été inventé lors d’une réunion à Paris en 1938. Deux délégués, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek, ont alors défini les contours de cette idéologie. Tous deux exilés d’Autriche, ils considéraient la social-démocratie, illustrée par le New Deal de Franklin Roosevelt aux États-Unis et par le développement progressif du welfare en Grande-Bretagne, comme les manifestations d’un collectivisme de même nature que le nazisme et le communisme.

Dans La Route de la servitude, publié en 1944, Hayek a notamment souligné que toute forme de planification par un gouvernement conduisait inexorablement, en écrasant l’individualisme, à un contrôle social de type totalitaire. Tout comme Bureaucratie, le livre de Mises, La Route de la servitude a été énormément lu. Il a notamment attiré l’attention de certains très riches, qui ont vu dans cette philosophie une occasion de se libérer de la réglementation et de l’impôt. Lorsqu’en 1947, Hayek fonde la première organisation de promotion de la doctrine du néolibérale – la Société du Mont Pelerin – il est soutenu financièrement par des millionnaires et par leurs fondations.

Avec leur aide, il commence à créer ce que Daniel Stedman Jones décrit dans Les Maîtres de l’Univers comme « une sorte d’Internationale néo-libérale » : un réseau transatlantique d’universitaires, d’hommes d’affaires, de journalistes et de militants. Les riches bailleurs de fonds du mouvement financent une série de groupes de réflexion pour affiner et promouvoir l’idéologie. Parmi eux, l’American enterprise Institute, la Heritage foundation, le Cato institute, l’Institut des affaires économiques, le Centre des études politiques et l’Institut Adam Smith. Ils financent également des postes et des départements universitaires, en particulier dans les universités de Chicago et de la Virginie.

En évoluant, le néolibéralisme est devenu plus virulent. L’idée de Hayek que les gouvernements devraient réglementer la concurrence pour empêcher la formation des monopoles a cédé la place – chez les apôtres américains comme Milton Friedman – à la croyance que la situation monopolistique pourrait être considéré comme une récompense de l’efficacité.

Quelque chose d’autre s’est produit au cours de cette transition : le mouvement a perdu son nom. En 1951, Friedman était heureux de se décrire comme un néolibéral. Mais peu après, le terme a commencé à disparaître. Plus étrange encore, alors même que l’idéologie devenait plus nette et le mouvement plus cohérent, le nom effacé n’a été remplacé par aucun substitut.

Dans un premier temps, en dépit du financement somptueux de sa promotion, le néolibéralisme est resté en marge. Le consensus d’après-guerre était quasi universel : les prescriptions économiques de John Maynard Keynes étaient largement appliquées, le plein emploi et la réduction de la pauvreté étaient des objectifs communs aux États-Unis et à une grande partie de l’Europe occidentale, les taux d’imposition supérieurs étaient élevés et les gouvernements cherchaient avant tout des résultats sociaux, en développant de nouveaux services publics et des filets de sécurité.

Mais dans les années 1970, lorsque les politiques keynésiennes ont commencé à tomber en désuétude et que les crises économiques ont frappé des deux côtés de l’Atlantique, les idées néolibérales ont commencé à s’infiltrer dans le grand public. Comme le faisait remarquer Friedman, « lorsque le moment s’est présenté de changer d’orientation … il y avait une alternative toute prête qui attendait ». Avec l’aide de journalistes sympathisants et de conseillers politiques, des éléments du néolibéralisme, en particulier ses prescriptions dans le domaine de la politique monétaire, ont été adoptés par l’administration de Jimmy Carter aux États-Unis et par le gouvernement de Jim Callaghan en Grande-Bretagne.

Après que Margaret Thatcher et Ronald Reagan eurent pris le pouvoir, le reste suivit : réductions d’impôts massives pour les riches, écrasement des syndicats, déréglementation, privatisations, externalisation, concurrence dans les services publics. Grâce au FMI, à la Banque mondiale, au traité de Maastricht et à l’Organisation mondiale du commerce, les politiques néolibérales ont été imposées – souvent sans le consentement démocratique des populations – dans une grande partie du monde. Le plus remarquable a été leur adoption par les partis qui appartenaient autrefois à la gauche : le Labour et les Démocrates, par exemple. Comme le fait remarquer Stedman Jones, « il est dur d’imaginer aucune autre utopie qui ait été aussi pleinement réalisée ».

***

Il peut sembler étrange qu’une doctrine glorifiant le choix individuel et la liberté ait été promue avec le slogan « il n’y a pas d’alternative ». Mais, comme Hayek l’a fait remarquer lors d’une visite au Chili de Pinochet – l’une des premières nations où le programme néolibéral a été complètement appliqué – « ma préférence personnelle penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dénué de libéralisme ». La liberté que le néolibéralisme offre et qui semble si séduisante lorsqu’elle est exprimée en termes généraux, signifie la liberté pour le brochet, et non pour les vairons.

La liberté syndicale et la négociation collective signifie la liberté d’amputer les salaires. La liberté de la réglementation signifie la liberté d’empoisonner les rivières, de mettre en danger les travailleurs, d’imposer des tarifs iniques d’intérêt et de concevoir des instruments financiers exotiques. La liberté de l’impôt signifie la liberté de s’extraire de la redistribution des richesses qui permet de sortir des gens de la pauvreté.

Comme le montre Naomi Klein dans La théorie du choc, les théoriciens néolibéraux ont préconisé d’utiliser les crises pour imposer des politiques impopulaires pendant que les gens étaient distraits comme, par exemple, à la suite du coup d’État de Pinochet, de la guerre en Irak et de l’ouragan Katrina, que Friedman a décrit comme « une occasion de réformer radicalement le système éducatif » à la Nouvelle Orléans.

Lorsque les politiques néolibérales ne peuvent pas être imposées directement aux pays en interne, elles le sont iau niveau international, par le biais des traités commerciaux incorporant des ISDS ( juridictions privées ad hoc dédiées au règlement des différends investisseur-État : voir à ce sujet une longue interview sur le TAFTA ici ) qui peuvent faire pression pour supprimer des protections sociales et des législations environnementales. Lorsque les Parlements de certains États ont par exemple voté pour restreindre les ventes de cigarettes, protéger l’approvisionnement en eau des compagnies minières, geler les factures d’énergie ou empêcher les firmes pharmaceutiques de voler l’état, des multinationales ont attaqué les États concernés au tribunal, souvent avec succès. La démocratie se réduit ainsi à un théâtre.

Un autre paradoxe du néolibéralisme est que la concurrence universelle repose sur la quantification universelle et la comparaison. Le résultat est que les travailleurs, les demandeurs d’emploi et les services publics de toute nature sont soumis à un ergotage procédurier, étouffant le régime d’évaluation et de surveillance, afin d’identifier les « gagnants » et de punir les « perdants ». La doctrine que Von Mises avait proposée pour nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification en a plutôt fabriqué un.

Le néolibéralisme n’a pas été conçu comme un self-service à visée d’extorsion, mais il en est rapidement devenu un. La croissance économique a été nettement plus lente dans l’ère néolibérale (depuis 1980 en Grande-Bretagne et aux États-Unis) qu’elle ne l’était dans les décennies précédentes, sauf pour les très riches. L’inégalité dans la distribution des revenus et la répartition des richesses, après 60 années de résorption, a augmenté rapidement depuis, en raison de l’écrasement des syndicats, des réductions d’impôt, de la hausse des loyers, des privatisations et de la dérégulation.

La privatisation ou la marchandisation des services publics tels que l’énergie, l’eau, les trains, la santé, l’éducation, les routes et les prisons a permis aux entreprises de mettre en place des péages, des loyers ou des dépôts de garantie, payables par les usagers par les gouvernements.

Au bout du compte, ces rentes ne sont ni plus ni moins que des revenus du capital, désignés d’une autre façon. Lorsque vous payez un prix artificiellement gonflé pour un billet de train, seule une partie du prix sert à rémunérer les opérateurs, les dépenses d’énergie, les salaires ou l’amortissement du matériel roulant. Le reste, c’est ce qu’on vous ponctionne.

Ceux qui possèdent et dirigent les services privatisés ou semi-privatisés du Royaume-Uni amassent des fortunes prodigieuses en investissant peu et en facturant cher. En Russie et en Inde, les oligarques ont acquis des actifs de l’État à des prix dérisoires. Au Mexique, Carlos Slim a obtenu le contrôle de presque tous les services de téléphonie, et il est rapidement devenu l’un des hommes les plus riches du monde.

La financiarisation, comme le note Andrew Sayer dans Why We Can’t Afford the Rich, a eu un impact similaire. « Comme la rente », soutient-il, « l’intérêt est… un revenu du capital obtenu sans aucun effort ». Comme les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches, les riches acquièrent de plus en plus le contrôle d’un autre outil essentiel : la monnaie. Le paiements d’intérêt, à une écrasante majorité, permet un transfert financier des pauvres vers les riches. Comme les prix de l’immobilier et le retrait de l’État pèsent sur les personnes endettées (exemple : le remplacement des bourses d’études par des prêts aux étudiants), les banques et leurs dirigeants s’enrichissent à leur détriment.

Selon Sayer, les quatre dernières décennies ont été marquées par un transfert de richesse non seulement des pauvres vers les riches, mais également parmi les riches, depuis ceux qui gagnent de l’argent en fournissant de nouveaux produits ou services vers ceux qui en gagnent en contrôlant les actifs existants, en récoltant des loyers, des intérêts ou des gains de capital. Le revenu acquis a été supplanté par les revenus du capital non acquis.

Mais partout, les politiques néolibérales se heurte à des défaillances du marché. Les banques sont devenues « too big to fail », et des sociétés privées sont désormais chargées de fournir les services publics. Comme souligné par Tony Judt, le raisonnement d’Hayek a omis le fait que les services publics vitaux n’avaient pas le droit de s’effondrer, ce qui signifie que la concurrence ne peut pas suivre son libre cours. Dès lors, le monde du business prend les profit les bénéfices, mais les États conservent les risques.

Or plus l’échec apparaît comme grand, plus l’idéologie se radicalise. Les gouvernements utilisent les crises du néolibéralisme lui-même pour l’approfondir, s’en servant comme occasion de réduire les impôts, de privatiser les services publics restants, d’agrandir les trous dans les filets de sécurité sociale, de déréglementer les sociétés et de re-réglementer les citoyens. La haine de soi de l’État plante maintenant ses crocs dans l’ensemble des services publics.

L’effet le plus dangereux du néolibéralisme ne réside peut-être pas les crises économiques mais les crises politiques qu’il génère. Dans la mesure où le domaine de l’État se réduit, notre capacité à changer le cours de nos vies par le vote se réduit également. A la place, la théorie néolibérale affirme que les gens peuvent exercer leur liberté choix en orientant leurs dépenses. Mais certains ont plus à dépenser que d’autres : dans la grande démocratie du consommateur ou de l’actionnaire, un vote n’équivaut pas à un autre vote. Le résultat est une déresponsabilisation des pauvres et de la classe moyenne. Comme les partis de droite et de l’ex-gauche adoptent des politiques néolibérales similaires, la déresponsabilisation tourne à la privation effective des droits. Un grand nombre de personnes ont été exclues de fait du débat politique.

Chris Hedges note que « les mouvements fascistes s’appuient sur une base constituée non non des actifs mais des inactifs politiques, des « perdants » qui sentent, souvent à raison, qu’ils n’ont aucune voix ni aucun rôle à jouer ». Lorsque le débat politique ne s’adresse plus à lui, le peuple devient sensible aux slogans, symboles et sensations qui le remplacent. Pour les admirateurs de Trump, par exemple, les faits et les arguments semblent sans importance.

Judt explique pour sa part que lorsque le maillage épais des interactions normales entre les individus et l’État se réduit à l’exercice de l’autorité et à l’obéissance, la seule force qui nous reste et nous lie est le pouvoir décuplé de l’État. Le totalitarisme que Hayek craignait tant est plus susceptible de voir le jour dans une situation où les gouvernements ayant perdu l’autorité morale qui découle de la fourniture des services publics, sont réduits à « cajoler, menacer et finalement contraindre les gens à leur obéir ».

***

Tout comme le communisme, le néolibéralisme est une sorte de Dieu déchu. Mais la doctrine zombie continue sa route en bringuebalant. L’une des principales raisons est son l’anonymat, ou plutôt une série de choses qu’on omet de nommer.

Des bailleurs de fonds invisibles maintiennent en vie la doctrine invisible de la main invisible. Lentement, très lentement, nous commençons à découvrir l’identité de quelques-uns d’entre eux. Nous constatons que l’Institut des affaires économiques, qui s’est opposé avec force dans les médias à toute nouvelle réglementation de l’industrie du tabac, a été secrètement financé par la British American Tobacco depuis 1963. Nous découvrons que Charles et David Koch, deux des hommes les plus riches le monde, ont fondé l’institut qui a lui-même mis sur pied le mouvement Tea Party. Nous constatons que Charles Koch, en fondant l’un de ses groupes de réflexion, avait noté que « dans le but d’éviter les critiques indésirables, la façon dont l’organisation est contrôlée et dirigée ne doit pas être largement diffusée ».

Les concepts utilisés par le néolibéralisme dissimulent souvent plus qu’ils ne désignent. « Le marché » sonne comme un phénomène naturel, tout comme pourraient l’être comme la gravité ou la pression atmosphérique. Mais il se heurte à des relations de pouvoir. Ce que « le marché veut » tend à signifier « ce que les entreprises et leurs patrons veulent » Le terme « investissement », comme le note Sayer, peut désigner deux choses très différentes. La première est le financement d’activités productives et socialement utiles. La deuxième est le simple achat d’actifs existants pour percevoir des intérêts, des dividendes et des gains en capital. En utilisant le même mot pour différentes activités, on « camoufle les sources de richesse », ce qui conduit à confondre la création de richesse et la ponction opérée sur la richesse.

Il y a un siècle, les nouveaux riches étaient décriés par ceux qui avaient hérité leur argent. Les entrepreneurs ont cherchaient la reconnaissance sociale en se faisant passer pour des rentiers. Aujourd’hui, la relation a été inversée: les rentiers et les héritiers se présentent comme entrepreneurs. Ils prétendent avoir gagné leur revenu qui n’est que prélevé.

Cette confusion verbale s’ajoute à l’absence de nom et de lieu qui caractérise le capitalisme moderne, et le modèle de la franchise qui garantit que les travailleurs ne savent pas pour qui ils triment. Certaines entreprises sont enregistrées à travers un réseau de régimes offshore si complexe que même la police ne peut pas en découvrir les véritables propriétaires. Des montages fiscaux embobinent les gouvernements. Des produits financiers sont créés, si complexes que personne n’y comprend rien.

L’anonymat du néolibéralisme est jalousement protégé. Ceux qui sont influencés par Hayek, Mises et Friedman ont tendance à rejeter le terme, clamant – non sans justesse – qu’il n’est aujourd’hui utilisé que de façon péjorative. Mais ils ne nous proposent aucun terme substitutif. Certains se décrivent comme libéraux ou libertaires classiques, mais ces descriptions sont à la fois trompeuses et curieusement dissimulatrices, comme si elles suggéraient qu’il n’y a rien de nouveau depuis la La Route de la servitude, Bureaucratie ou le travail classique de Friedman Capitalisme et liberté.

***

On doit bien convenir qu’il y a quelque chose de remarquable dans le projet néolibéral, du moins tel qu’il existait à ses débuts. Il constituait une philosophie innovante promue par un réseau cohérent de penseurs et de militants ayant un plan d’action clair. Il était patient et persévérant. La route de la servitude est devenue la voie vers le pouvoir.

Le triomphe du néolibéralisme reflète d’ailleurs l’échec de la gauche. Lorsque l’économie du laissez-faire a conduit à la catastrophe en 1929, Keynes a conçu une théorie économique globale pour la remplacer. Lorsque la formule keynésienne de relance par la demande a atteint ses limites dans les années 70, une alternative était prête, le néolibéralisme. Mais lorsque celui-ci a semblé s’effondrer en 2008 il n’y avait … rien. Voilà pourquoi le zombie continue de marcher. La gauche n’a produit aucun nouveau cadre général de la pensée économique depuis 80 ans.

Chaque invocation de Lord Keynes est un aveu d’échec. Proposer des solutions keynésiennes aux crises du XXI° siècle revient à ignorer trois problèmes évidents: il est difficile de mobiliser les gens sur de vieilles idées; les défauts du keynésianisme révélés dans les années 70 n’ont pas disparu; surtout, les keynésiens n’ont rien à dire au sujet d’une préoccupation nouvelle et de première importance : la crise environnementale. Le keynésianisme fonctionne en stimulant la demande des consommateurs pour promouvoir la croissance économique. La demande des consommateurs et la croissance économique sont les moteurs de la destruction de l’environnement.

Ce que l’histoire des deux doctrines, keynésianisme et du néolibéralisme, démontre, c’est qu’il ne suffit pas de s’opposer à un système à bout de souffle. Il faut aussi proposer une alternative cohérente. Pour le Labour, les Démocrates et les plus à gauche, la tâche centrale devrait être de développer une sorte de « programme économique Apollo », c’est à dire de concevoir un nouveau système de pensée, adapté aux exigences d’aujourd’hui.


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Sam 9 Juil - 10:10

qui peux m'expliquer cette expression "Le néolibéralisme est cet économisme total "
pour moi cela consiste simplement à gerer en bon père de famille , en tenant ses comptes, en ne dépensant pas plus que ce que l'on gagne. En terme clair une bonne gestion, qui passe par une tenue des compte, rigoureuses .
Pour moi le véritable néolibéralisme est le fourmis de la fable de la fontaine , et les autres la cigale !!!
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Sam 9 Juil - 14:28

Le libéralisme c'est laisser le choix à l'individu d'etre cigale ou fourmi.
Le fascisme c'est imposer à l'individu d'etre d'une certaine manière. C'est le résultat de l'étatisme dirigiste par excellence.

ce qui est intéressant c'est que le fascisme est le fruit de l'étatisme, sans étatisme le facisme est impossible à mettre en oeuvre, bref le contraire du libéralisme.

Ce qui veut dire que le libéralisme est anti-fasciste par définition !

Mais chuttttttttttttttttttttttttttttttttttt ........ "on dit du mal du libéralisme alors oh que c'est bien pas la peine de réfléchir plus loin"


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par geveil le Mar 12 Juil - 8:21

Pourrais-tu mettre tes textes cités en URL Komyo ( le troisième symbole dans le quatrième rectangle à partir de la gauche)?


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Mar 12 Juil - 8:28

Salut troubaa, de mémoire on a abordé ce point, les textes et les liens disparaissent sur internet et c'est parfois bien dommage,
quand un texte résume bien une pensée et donne des arguments qu'un échange ne permet pas.
ce que je te propose c'est de les mettre en spoiller.!


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Mar 12 Juil - 20:22

oui je parage ton avis komyo. Surtout pour les longs textes le spoiler est préférable.

Par contre ne pas oublier de mettre le lien de l'article par respect pour l'auteur.


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Dim 24 Juil - 9:07

pour le spoiler c'est une solution effectivement. Ci dessous un texte qui n'est pas d'un marxiste, mais qui en reprend des éléments corroborés par la réalité que nous pouvons observer autour de nous ! (warren buffet confirme par ailleurs...)

http://www.dedefensa.org/article/la-classe-des-milliardaires-et-les-peuples


Spoiler:
La classe des milliardaires et les peuples

Il semble qu'un phénomène très important se prépare au plan mondial: une prise de conscience par les peuples de l'exploitation qu'exerce sur eux la classe des milliardaires.

Appelons milliardaires les 3% de population qui, selon des études désormais indiscutables, détiennent entre 50 à 70% des ressources du monde. Il faut parler de classe, selon le terme marxiste, car ces milliardaires se sont malgré quelques rivalités internes, associés en tous pays pour prendre le pouvoir et le conserver. La plupart sont des actionnaires et patrons de grandes entreprises, mais beaucoup sont de simples spéculateurs formant ce que l'on nomme la finance, sans mentionner divers super-riches et « people » qui vivent de richesses accumulées par leurs prédécesseurs. .

Appelons peuples les 97% de population qui subissent l'exploitation imposée par les milliardaires. Il s'agit de catégories très diverses, salariés, petites et moyennes entreprises industrielles, agricoles ou coopératives, retraités, chômeurs. On y ajoutera dans les pays pauvres, les centaines de millions de personnes qui n'ont aucun droit sauf celui de survivre au moindre cout.

Appelons exploitation le fait que les milliardaires, ayant pris en mains tous les instruments du pouvoir politique, sont désormais capables de récupérer à leurs profit l'ensemble des valeurs ajoutées produites par le travail des peuples, en maintenant ceux-ci dans des situations aussi proches que possible du minimum vital. Ce minimum vital est calculé différemment selon les pays et les niveaux d'exploitation subis par les différentes couches de travailleurs, mais en aucun cas il ne laisse aux plus favorisés de ceux-ci les moyens d'entrer en compétition avec les milliardaires.

Que font les milliardaires des produits de leur exploitation? Le temps n'est plus où ils investissaient dans de grands chantiers productifs. Le premier emploi consiste à financer des moyens militaires pour maintenir sous leur domination ceux des peuples qui voudraient s'en affranchir. Pour le reste il s'agit de dépenses somptuaires dont ils sont les seuls à profiter. Ils utilisent par ailleurs différents moyens médiatiques pour empêcher les peuples de prendre conscience des inégalités qui leur sont imposées. Qui s'indigne des vastes propriétés ou yachts de luxe que certains milliardaires n'hésitent pas à exhiber face à des millions de chômeurs?

Début de prise de conscience

Ce début de prise de conscience par les peuples de l'exploitation imposée par les milliardaires se traduit par des résistances commençant à s'exercer au niveau des institutions politiques. C'est le cas aux Etats-Unis où de nouvelles couches électorales se dégagent dans la perspectives des élections présidentielles. Des millions d'électeurs nouveaux ont rejoint Donald Trump et Bernie Sanders, espérant trouver en eux des défenseurs de leurs intérêts, complètement sacrifiés par les hiérarques tant du parti républicain que du parti démocrate. Si Trump ou Sanders les trahissent finalement, ils ne rentreront sans doute pas facilement dans le rang.

C'est le cas en France où une résistance populaire inattendue contre une loi Travail marquant un recul considérable des droits des salariés s'exprime actuellement, avec remise au premier rang de syndicats comme la CGT qui depuis des années avaient paru oublier de jouer leur rôle historique de défense des travailleurs. Des mouvements analogues pourront sans doute apparaître ou s'étendre dans les autres pays européens. Ils échoueront probablement face aux résistances gouvernementales instrumentées par les milliardaires, mais ils laisseront cependant des traces.

C'est aussi le cas en Russie, où des intérêts nationaux dénoncés comme traditionalistes commencent à faire pression sur Vladimir Poutine pour que celui-ce combatte enfin l'influence prise par des oligarques complices de Wall Street depuis la chute de Boris Eltsine et conservée depuis. C'est aussi le cas en Chine. Autant que l'on puisse juger malgré l'opacité du régime, des opposants issus de couches sacrifiées par les ambitions spéculatives des nouveaux milliardaires chinois commencent à s'exprimer.

Bien évidemment, partout dans le monde, les divers médias financés par la classe des milliardaires font silence sur ces résistances ou tentent de les diffamer. Mais l'écho donné aux luttes par la mondialisation des réseaux numériques commence à se faire sentir, malgré la résistance des porte-voix officiels. C'est ainsi que le seul fait de parler d'une classe des milliardaires, comme les premiers marxistes en leur temps avaient parlé d'une classe des prolétaires opposée à celle des possédants, est gros de conséquences politiques. Les super-riches et super-dominants, qui jusqu'ici se rendaient invisibles grâce aux différents visages qu'ils affichaient, apparaitront comme ce qu'ils sont: une pieuvre organisée pour dominer le monde.

Ce qu'ils ne disent pas est que vraisemblablement leurs abus de toutes sortes pourraient entrainer en 50 ans la disparition de l'humanité toute entière.



Jean-Paul Baquiast




Notes

1) Aux Etats-Unis, la peur qu'inspire aux dominants la CGT française commence à se traduire dans les médias. Ainsi le site Zerohedge, qui se présente  comme anti-système, vient de publier un article véritablement ignoble sur les mouvements de grève en France. Notons cependant que pour Philippe Grasset, excellent connaisseur des médias anti-système américains, cet article peut s'expliquer compte-tenu de considérations propres aux diverses variétés d'anti-systèmes aux USA.
http://www.zerohedge.com/news/2016-05-30/only-francethe-right-disconnect?page=1

2) Sur les Etats-Unis mais surtout sur la Russie, voir Philippe Grasset : http://www.dedefensa.org/article/le-grand-retournement

3) Sur la Chine, voir un article émanant certes d'un organe de Hong Kong mais qui semble bien informé:
http://www.scmp.com/comment/insight-opinion/article/1919092/dont-listen-ruling-elite-world-economy-real-trouble



Avertissement

Cet avertissement figure à la suite de l’un ou l’autre article d’Ouverture libre pour rappeler certains principes et conditions de cette rubrique. Il est là notamment pour rappeler un passage du statut des articles publiés, figurant en tête des archives de cette rubrique. Cet avertissement ne vise aucun article en particulier mais les concerne tous, rappelant simplement une condition de principe... «Les articles et contributions sont signés du nom des auteurs et engagent leur seule responsabilité, sans aucune nécessité de conformité avec l'orientation de “dedefensa.org”, et sans que “dedefensa.org” ne prenne en rien à son compte leur orientation.» On rappelle également les articles de présentation de cette rubrique Ouverture libre, le 3 janvier 2010, le 10 janvier 2010, et surtout le 28 septembre 2011, qui constitue une mise à jour détaillée des conditions d'accès, de collaboration, etc., à Ouverture libre.


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Jeu 4 Aoû - 16:49

une idéologie a la source de nos problèmes, le néo libéralisme

idéologie le terme est tout a fait justifié (et comme on sait que ce sont souvent des décerveleurs portatifs...)

Spoiler:
Des économistes du FMI se demandaient récemment si le néolibéralisme n’avait pas été surestimé (voir leur texte ici). Leur texte était – évidemment – plein de précautions. Celui traduit ci-dessous n’en comporte aucune. Il est assez saisissant de se dire qu’il provient du Guardian britannique.

***
Texte de George Monbiot traduit par Monique Plaza

Imaginez que  le peuple  de l’Union soviétique n’ait jamais entendu parler du communisme. Et bien pour la plupart d’entre nous, l’idéologie qui domine nos vies n’a pas de nom.  Parlez-en au cours d’une  conversation et vous obtiendrez en retour un haussement d’épaules. Même si vos auditeurs ont entendu le terme auparavant, ils auront du mal à le définir. Le « néolibéralisme » : savez-vous seulement ce que c’est ?
Son anonymat est à la fois un symptôme et la cause de sa puissance. Il a joué un rôle déterminant dans un très grand nombre de crises : la crise financière de 2007-2008, la délocalisation de la richesse et de la puissance, dont les Panama Papersnous offrent à peine un aperçu, le lent effondrement de la Santé publique et de l’Éducation, la résurgence du phénomène des enfants pauvres, l’épidémie de solitude, le saccage des écosystèmes, la montée de Donald Trump. Mais nous traitons ces crises comme si chacune émergeait de manière isolée, ne voyant pas qu’elles ont toutes été générées ou exacerbées par la même philosophie cohérente, une philosophie qui a – ou avait – un nom. Quel plus grand pouvoir que de pouvoir se déployer de manière anonyme ?
Le néolibéralisme est devenu à ce point omniprésent que nous ne le reconnaissons même pas comme une idéologie. Nous semblons accepter l’idée que cette foi utopique millénariste relève en fait d’une force neutre, une sorte de loi biologique, comme la théorie de l’évolution de Darwin. Pourtant, cette philosophie a bel et bien surgi comme une tentative consciente de remodeler la vie humaine et de modifier les lieu d’exercice du pouvoir.
Le néolibéralisme considère la concurrence comme la caractéristique principale des relations humaines. Il redéfinit les citoyens comme des consommateurs, dont les prérogatives démocratiques s’exercent essentiellement par l’achat et la vente, un processus qui récompense le mérite et sanctionne  l’inefficacité. Il soutient que « Le marché » offre des avantages qui ne pourraient jamais être atteints par quelque type de planification que ce soit.
Les tentatives visant à limiter la concurrence sont considérées comme des dangers pour la liberté. L’impôt et la réglementation sont considérés comme devant être réduits au minimum, les services publics comme devant être privatisés. L’organisation du travail et la négociation collective par les syndicats sont dépeints comme des distorsions du marché qui empêchent l’établissement d’une hiérarchie naturelle entre les gagnants et les perdants. L’inégalité est rhabillée en vertu : elle est vue comme une récompense de l’utilité et un générateur de richesses, lesquelles richesses ruisselleraient vers le bas pour enrichir tout le monde. Les efforts visant à créer une société plus égalitaire sont considérés comme étant à la fois contre-productifs et corrosifs moralement. Le marché est supposé garantir que chacun obtienne ce qu’il mérite.
Or nous intériorisons et reproduisons ces croyances. Les riches se persuadent qu’ils ont acquis leur richesse par le mérite, en ignorant les avantages – tels que l’éducation, l’héritage et la classe d’origine – qui peuvent avoir contribué à son obtention. Les pauvres tendent à se blâmer pour leurs échecs, même quand ils ne peuvent guère changer leur propre situation.
Peu importe le chômage structurel : si vous ne disposez pas d’un emploi, c’est parce que vous n’êtes pas entreprenant. Peu importe les coûts invraisemblables du logement : si votre compte bancaire est vide, c’est que vous êtes irresponsable et imprévoyant. Peu importe que vos enfants n’aient plus de terrain de jeu : s’ils deviennent gras, c’est de votre faute. Dans un monde régi par la concurrence, ceux qui échouent sont vus et s’auto-perçoivent comme perdants.
Paul Verhaeghe montre les conséquences de tout ceci  dans son livre What About Me ? : épidémies d’automutilation, troubles alimentaires, dépression, solitude, angoisse de la non-performance et phobie sociale. Il n’est pas surprenant que la Grande-Bretagne, où l’idéologie néolibérale a été appliquée le plus rigoureusement, soit la capitale de la solitude de l’Europe. Nous sommes tous d’authentiques néolibéraux à présent.
***
Le terme « néolibéralisme » a été inventé lors d’une réunion à Paris en 1938. Deux délégués, Ludwig von Mises et Friedrich Hayek, ont alors défini les contours de cette idéologie. Tous deux exilés d’Autriche, ils considéraient  la social-démocratie, illustrée par le New Deal de Franklin Roosevelt aux États-Unis et par le développement progressif du welfare en Grande-Bretagne, comme les manifestations d’un collectivisme de même nature que le nazisme et le communisme.
Dans La Route de la servitude, publié en 1944, Hayek a notamment souligné que toute forme de planification par un gouvernement conduisait inexorablement, en écrasant l’individualisme, à un contrôle social de type totalitaire. Tout comme Bureaucratie, le livre de Mises, La Route de la servitude a été énormément lu. Il a notamment attiré l’attention de certains très riches, qui ont vu dans cette philosophie une occasion de se libérer de la réglementation et de l’impôt. Lorsqu’en 1947, Hayek fonde la première organisation de promotion de la doctrine du néolibérale – la Société du Mont Pelerin – il est soutenu financièrement par des millionnaires et par leurs fondations.
Avec leur aide, il commence à créer ce que Daniel Stedman Jones décrit dans Les  Maîtres de l’Univers comme « une sorte d’Internationale néo-libérale » : un réseau transatlantique d’universitaires, d’hommes d’affaires, de journalistes et de militants. Les riches bailleurs de fonds du mouvement financent une série de groupes de réflexion pour affiner et promouvoir l’idéologie. Parmi eux, l’American enterprise Institute, la Heritage foundation, le Cato institute, l’Institut des affaires économiques, le Centre des études politiques et l’Institut Adam Smith. Ils financent également des postes et des départements universitaires, en particulier dans les universités de Chicago et de la Virginie.
En évoluant, le néolibéralisme est devenu plus virulent. L’idée de Hayek que les gouvernements devraient réglementer la concurrence pour empêcher la formation des monopoles a cédé la place – chez les apôtres américains comme Milton Friedman – à la croyance que la situation monopolistique pourrait être considéré comme une récompense de l’efficacité.
Quelque chose d’autre s’est produit au cours de cette transition : le mouvement a perdu son nom. En 1951, Friedman était heureux de se décrire comme un néolibéral. Mais peu après, le terme a commencé à disparaître. Plus étrange encore, alors même que l’idéologie devenait plus nette et le mouvement plus cohérent, le nom effacé n’a été remplacé par aucun substitut.
Dans un premier temps, en dépit du financement somptueux de sa promotion, le néolibéralisme est resté en marge. Le consensus d’après-guerre était quasi universel : les prescriptions économiques de John Maynard Keynes étaient largement appliquées, le plein emploi et la réduction de la pauvreté étaient des objectifs communs aux États-Unis et à une grande partie de l’Europe occidentale, les taux d’imposition supérieurs étaient élevés et les gouvernements  cherchaient avant tout des résultats sociaux, en développant de nouveaux services publics et des filets de sécurité.
Mais dans les années 1970, lorsque les politiques keynésiennes ont commencé à tomber en désuétude et que les crises économiques ont frappé des deux côtés de l’Atlantique, les idées néolibérales ont commencé à s’infiltrer dans le grand public. Comme le faisait remarquer Friedman, « lorsque le moment s’est présenté de changer d’orientation … il y avait une alternative toute prête qui attendait ». Avec l’aide de journalistes sympathisants et de conseillers politiques, des éléments du néolibéralisme, en particulier ses prescriptions dans le domaine de la politique monétaire, ont été adoptés par l’administration de Jimmy Carter aux États-Unis et par le gouvernement de Jim Callaghan en Grande-Bretagne.
Après que Margaret Thatcher et Ronald Reagan eurent pris le pouvoir, le reste suivit : réductions d’impôts massives pour les riches, écrasement des syndicats,  déréglementation, privatisations, externalisation, concurrence dans les services publics. Grâce au  FMI, à la Banque mondiale, au traité de Maastricht et à l’Organisation mondiale du commerce, les politiques néolibérales ont été imposées – souvent sans le consentement démocratique des populations – dans une grande partie du monde. Le plus remarquable a été leur adoption par les partis qui appartenaient autrefois à la gauche : le Labour et les Démocrates, par exemple. Comme le fait remarquer Stedman Jones, « il est dur d’imaginer aucune autre utopie qui ait été aussi pleinement réalisée ».
***
Il peut sembler étrange qu’une doctrine glorifiant le choix individuel et la liberté ait été promue avec le slogan « il n’y a pas d’alternative ». Mais, comme Hayek l’a fait remarquer lors d’une visite au Chili de Pinochet – l’une des premières nations où le programme néolibéral a été complètement appliqué – « ma préférence personnelle penche vers une dictature libérale plutôt que vers un gouvernement démocratique dénué de libéralisme ». La liberté que le néolibéralisme offre et qui semble si séduisante lorsqu’elle est exprimée en termes généraux, signifie la liberté pour le brochet, et non pour les vairons.
La liberté syndicale et la négociation collective signifie la liberté d’amputer les salaires. La liberté de la réglementation signifie la liberté d’empoisonner les rivières, de mettre en danger les travailleurs, d’imposer des tarifs iniques d’intérêt et de concevoir des instruments financiers exotiques. La liberté de l’impôt signifie la liberté de s’extraire de la redistribution des richesses qui permet de sortir des gens de la pauvreté.
Comme le montre Naomi Klein dans La théorie du choc, les théoriciens néolibéraux ont préconisé d’utiliser les crises pour imposer des politiques impopulaires pendant que les gens étaient distraits comme, par exemple, à la suite du coup d’État de Pinochet, de la guerre en Irak et de l’ouragan Katrina, que Friedman a décrit comme « une occasion de réformer radicalement le système éducatif » à la Nouvelle Orléans.
Lorsque les politiques néolibérales ne peuvent pas être imposées directement aux pays en interne, elles le sont iau niveau international, par le biais des traités commerciaux incorporant des ISDS ( juridictions privées ad hoc dédiées au règlement des différends investisseur-État : voir à ce sujet une longue interview sur le TAFTA ici ) qui peuvent faire pression pour supprimer des protections sociales et des législations environnementales. Lorsque les Parlements de certains États ont par exemple voté pour restreindre les ventes de cigarettes, protéger l’approvisionnement en eau des compagnies minières, geler les factures d’énergie ou empêcher les firmes pharmaceutiques de voler l’état, des multinationales ont attaqué les États concernés au tribunal, souvent avec succès. La démocratie se réduit ainsi à un théâtre.
Un autre paradoxe du néolibéralisme est que la concurrence universelle repose sur la quantification universelle et la comparaison. Le résultat est que les travailleurs, les demandeurs d’emploi et les services publics de toute nature sont soumis à un ergotage procédurier, étouffant le régime d’évaluation et de surveillance, afin d’identifier les « gagnants » et de punir les « perdants ». La doctrine que Von Mises avait proposée pour nous libérer du cauchemar bureaucratique de la planification en a plutôt fabriqué un.
Le néolibéralisme n’a pas été conçu comme un self-service à visée d’extorsion, mais il en est rapidement devenu un. La croissance économique a été nettement plus lente dans l’ère néolibérale (depuis 1980 en Grande-Bretagne et aux États-Unis) qu’elle ne l’était dans les décennies précédentes, sauf pour les très riches. L’inégalité dans la distribution des revenus et la répartition des richesses, après 60 années de résorption, a augmenté rapidement depuis, en raison de l’écrasement des syndicats, des réductions d’impôt, de la hausse des loyers, des  privatisations et de la dérégulation.
La privatisation ou la marchandisation des services publics tels que l’énergie, l’eau, les trains, la santé, l’éducation, les routes et les prisons a permis aux entreprises de mettre en place des péages, des loyers ou des dépôts de garantie, payables par le usagers par les gouvernements.
Au bout du compte, ces rentes ne sont ni plus ni moins que des revenus du capital, désignés d’une autre façon. Lorsque vous payez un prix artificiellement gonflé pour un billet de train, seule une partie du prix sert à rémunérer les opérateurs, les dépenses d’énergie, les salaires ou l’amortissement du matériel roulant. Le reste, c’est ce qu’on vous ponctionne.
Ceux qui possèdent et dirigent les services privatisés ou semi-privatisés du Royaume-Uni amassent des fortunes prodigieuses en investissant peu et en facturant cher. En Russie et en Inde, les oligarques ont acquis des actifs de l’État à des prix dérisoires. Au Mexique, Carlos Slim a obtenu le contrôle de presque tous les services de téléphonie, et il est rapidement devenu l’un des hommes les plus riches du monde.
La financiarisation, comme le note Andrew Sayer dans Why We Can’t Afford the Rich, a eu un impact similaire. « Comme la rente », soutient-il, « l’intérêt est… un  revenu du capital obtenu sans aucun effort ». Comme les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches, les riches acquièrent de plus en plus le contrôle d’un autre outil essentiel : la monnaie. Le paiements d’intérêt, à une écrasante majorité, permet un transfert financier des pauvres vers les riches. Comme les prix de l’immobilier et le retrait de l’État pèsent sur les personnes endettées (exemple : le remplacement des bourses d’études par des prêts aux étudiants), les banques et leurs dirigeants s’enrichissent à leur détriment.
Selon Sayer, les quatre dernières décennies ont été marquées par un transfert de richesse non seulement des pauvres vers les riches, mais également parmi les riches, depuis ceux qui gagnent de l’argent en fournissant de nouveaux produits ou services vers ceux qui en gagnent en contrôlant les actifs existants, en récoltant des loyers, des intérêts ou des gains de capital. Le revenu acquis a été supplanté par les revenus du capital non acquis.
Mais partout, les politiques néolibérales se heurte à des défaillances du marché. Les banques sont devenues « too big to fail », et des sociétés privées sont désormais chargées de fournir les services publics. Comme souligné par Tony Judt, le raisonnement d’Hayek a omis le fait que les services publics vitaux n’avaient pas le droit  de s’effondrer, ce qui signifie que la concurrence ne peut pas suivre son libre cours. Dès lors, le monde du business prend les profit les bénéfices, mais les États conservent les risques.
Or plus l’échec apparaît comme grand, plus l’idéologie se radicalise. Les gouvernements utilisent les crises du néolibéralisme lui-même pour l’approfondir, s’en servant comme occasion de réduire les impôts, de privatiser les services publics restants, d’agrandir les trous dans les filets de sécurité sociale, de déréglementer les sociétés et de re-réglementer les citoyens. La haine de soi de l’État plante maintenant ses crocs dans l’ensemble des services publics.
L’effet le plus dangereux du néolibéralisme ne réside peut-être pas les crises économiques mais les crises politiques qu’il génère. Dans la mesure où le domaine de l’État se réduit, notre capacité à changer le cours de nos vies par le vote se réduit également. A la place, la théorie néolibérale affirme que les gens peuvent exercer leur liberté choix en orientant leurs dépenses. Mais certains ont plus à dépenser que d’autres : dans la grande démocratie du consommateur ou de l’actionnaire, un vote n’équivaut pas à un autre vote. Le résultat est une déresponsabilisation des pauvres et de la classe moyenne. Comme les partis de droite et de l’ex-gauche adoptent des politiques néolibérales similaires, la déresponsabilisation tourne à la privation effective des droits. Un grand nombre de personnes ont été exclues de fait du débat politique.
Chris Hedges note que « les mouvements fascistes s’appuient sur une base constituée non non  des actifs mais des inactifs politiques, des « perdants » qui  sentent, souvent à raison, qu’ils n’ont aucune voix ni aucun rôle à jouer ». Lorsque le débat politique ne s’adresse plus à lui, le peuple devient sensible aux slogans, symboles et sensations qui le remplacent. Pour les admirateurs de Trump, par exemple, les faits et les arguments semblent sans importance.
Judt explique pour sa part que lorsque le maillage épais des interactions normales entre les individus et l’État se réduit à l’exercice de l’autorité et à l’obéissance, la seule force qui nous reste et nous lie est le pouvoir décuplé de l’État. Le totalitarisme que Hayek craignait tant est plus susceptible de voir le jour dans une situation où les gouvernements ayant perdu l’autorité morale qui découle de la fourniture des services publics, sont réduits à « cajoler, menacer et finalement contraindre les gens à leur obéir ».
***
Tout comme le communisme, le néolibéralisme est une sorte de Dieu déchu. Mais la doctrine zombie continue sa route en bringuebalant. L’une des principales raisons est son l’anonymat, ou plutôt une série de choses qu’on omet de nommer.
Des bailleurs de fonds invisibles maintiennent en vie la doctrine invisible de la main invisible. Lentement, très lentement, nous commençons à découvrir l’identité de quelques-uns d’entre eux. Nous constatons que l’Institut des affaires économiques, qui s’est opposé avec force dans les médias à  toute nouvelle réglementation de l’industrie du tabac, a été secrètement financé par la British American Tobacco depuis 1963. Nous découvrons que Charles et David Koch, deux des hommes les plus riches le monde, ont fondé l’institut qui a lui-même mis sur pied le mouvement Tea Party. Nous constatons que Charles Koch, en fondant  l’un de ses groupes de réflexion, avait  noté que « dans le but d’éviter les critiques indésirables, la façon dont l’organisation est contrôlée et dirigée ne doit pas être largement diffusée ».
Les concepts utilisés par le néolibéralisme dissimulent souvent plus qu’ils ne désignent. « Le marché » sonne comme un phénomène naturel, tout comme pourraient l’être comme la gravité ou la pression atmosphérique. Mais il se heurte à des relations de pouvoir. Ce que « le marché veut » tend à signifier « ce que les entreprises et leurs patrons veulent » Le terme « investissement », comme le note Sayer, peut désigner deux choses très différentes. La  première est le financement d’activités productives et socialement utiles. La deuxième est le simple achat d’actifs existants pour percevoir des intérêts, des dividendes et des gains en capital. En utilisant le même mot pour différentes activités, on « camoufle les sources de richesse », ce qui conduit à confondre la création de richesse et la ponction opérée sur la richesse.
Il y a un siècle, les nouveaux riches étaient décriés par ceux qui avaient hérité leur argent. Les entrepreneurs ont cherchaient la reconnaissance sociale en se faisant passer pour des rentiers. Aujourd’hui, la relation a été inversée: les rentiers et les héritiers se présentent comme entrepreneurs. Ils prétendent avoir gagné leur revenu qui n’est que prélevé.
Cette confusion verbale s’ajoute à l’absence de nom et de lieu qui caractérise le capitalisme moderne, et le modèle de la franchise qui garantit que les travailleurs ne savent pas pour qui ils triment. Certaines entreprises sont enregistrées à travers un réseau de régimes offshore si complexe que même la police ne peut pas en découvrir les véritables propriétaires. Des montages fiscaux embobinent les gouvernements. Des produits financiers sont créés, si complexes que personne n’y comprend rien.
L’anonymat du néolibéralisme est jalousement protégé. Ceux qui sont influencés par Hayek, Mises et Friedman ont tendance à rejeter le terme, clamant – non sans justesse – qu’il n’est aujourd’hui utilisé que de façon péjorative. Mais ils ne nous proposent aucun terme substitutif. Certains se décrivent comme libéraux ou libertaires classiques, mais ces descriptions sont à la fois trompeuses et curieusement dissimulatrices, comme si elles suggéraient qu’il n’y a rien de nouveau depuis la La Route de la servitude, Bureaucratie ou le travail classique de Friedman Capitalisme et liberté.
***
On doit bien convenir qu’il y a quelque chose de remarquable dans le projet néolibéral, du moins tel qu’il existait à ses débuts. Il constituait une philosophie innovante promue par un réseau cohérent de penseurs et de militants ayant un plan d’action clair. Il était patient et persévérant. La route de la servitude est devenue la voie vers le pouvoir.
Le triomphe du néolibéralisme reflète d’ailleurs l’échec de la gauche. Lorsque l’économie du laissez-faire a conduit à la catastrophe en 1929, Keynes a conçu une théorie économique globale pour la remplacer. Lorsque la formule keynésienne de relance par la demande a atteint ses limites dans les années 70, une alternative était prête, le néolibéralisme. Mais lorsque celui-ci a semblé s’effondrer en 2008 il n’y avait … rien. Voilà pourquoi le zombie continue de marcher. La gauche n’a produit aucun nouveau cadre général de la pensée économique depuis 80 ans.
Chaque invocation de Lord Keynes est un aveu d’échec. Proposer des solutions keynésiennes aux crises du XXI° siècle revient à ignorer trois problèmes évidents: il est difficile de mobiliser les gens sur de vieilles idées; les défauts du keynésianisme révélés dans les années 70 n’ont pas disparu; surtout, les keynésiens n’ont rien à dire au sujet d’une préoccupation nouvelle et de première importance : la crise environnementale. Le keynésianisme fonctionne en stimulant la demande des consommateurs pour promouvoir la croissance économique. La demande des consommateurs et la croissance économique sont les moteurs de la destruction de l’environnement.
Ce que l’histoire des deux doctrines, keynésianisme et du néolibéralisme, démontre, c’est qu’il ne suffit pas de s’opposer à un système à bout de souffle. Il faut aussi proposer une alternative cohérente. Pour le Labour, les Démocrates et les plus à gauche, la tâche centrale devrait être de développer une sorte de « programme économique Apollo », c’est à dire de concevoir un nouveau système de pensée, adapté aux exigences d’aujourd’hui.
Source : Linkis, George, Monbiot, 16-06-2016


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par gaston21 le Jeu 4 Aoû - 17:18

Et puis, tiens, pour montrer comment opère l'OTAN, la main armée des Etats-Unis qui ne se cache même plus pour nous serrer la gorge! Et le troupeau bêlant suit, prêt au halal!
Vu sur M6. A Odessa, une police de 400 policiers ukrainiens entièrement formés, armés et payés par les USA, sous prétexte de lutter contre la corruption! Imaginez cela en France!

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/otan-retour-sur-le-communique-de-183464
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troubaa
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Jeu 4 Aoû - 19:09

(bon passons sur l’inintérêt de l'article d'agoravox - comme d'hab)

Je ne vois pas où est le mal que les usa aient formé des policiers. Faudrait que tu m'expliques.
J'imagine ton délire : "comme ils ont été formés par les américains ils sont aux ordres des américains - comme gaston qui est resté toute sa vie aux ordres et soumis aux gens qui l'ont formé et n'a jaamis de ce fait obeï à ses supérieurs.? (vu qu'il obéissait à ses maîtres-formateurs.. tous les soirs il leur téléphonait pour prendre ses ordres...)
C'est cela le scandale qui t'offusque ?
Bigre.... ca m'en touche une sans faire vibrer l'autre : "oh mon dieu l'horreur des policiers ukrainiens ont été formé aux usa"

Et dire que mes enfants rêvent de finir leur formation aux usa. je vais les prévenir de ce pas que c'est très mal que c'est l'horreur absolue qu'il n'y a rien de pire sur terre ! Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Jeu 4 Aoû - 20:59

troubaa a écrit:
Et dire que mes enfants rêvent de finir leur formation aux usa. je vais les prévenir de ce pas que c'est très mal que c'est l'horreur absolue qu'il n'y a rien de pire sur terre ! Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy

Ben oublies pas leurs fournitures scolaires ! parfait pour jouer au cow boy dans la cours de récré, sans compter que cela fait marcher le commerce, ce qui est finalement le principal ! Suspect


https://fr.express.live/2016/08/03/etudiant-texas-port-arme/


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par Le Repteux le Jeu 4 Aoû - 22:25

Des vrais cowboys comme on les aime. Ça va mal finit tout ça!


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Ven 5 Aoû - 10:42

Komyo très intéressant article. J'ai tout lu. Bien écrit et intellligent. Vraiment j'y a lu certaines vérités.

Bon bien sur il faut faire abstraction des caricatures habituelles "tout ce qui va mal sur terre est de la faute du libéralisme" et autres généralités construites à partir de quelques exemples marginaux.

Il dit deux-trois  choses justes pour moi :

- que les libéraux sont  dans la réflexion permanente. C'est une des raisons qui explique la longévité du libéralisme qui de ce fait s'adapte fort bien et rapidement aux évolutions sociétales. Le libéralisme est beaucoup moins ancré dans des dogmes comme peuvent l'être d'autres idéologies.
L'auteur  le démontre "étrangement" et confusément  parce qu'il commence à dire que le néolibéralisme c'est une évolution due à Hayek (l'école autrichienne )  pour après nous dire que Friedman l'a dévoyé et  pour conclure que finalement c'est Friedman le véritable néolibéral.Bref  on se sent un peu perdu dans son raisonnement. Peut-être tout au tant que l'auteur.

- que le libéralisme en réduisant le poids de l'Etat diminue l'efficacité démocratique. Je trouve cette remarque tout à fait juste et pertinente je n'y avais pas songé. En effet moins l'Etat a d'influence sur le choix de nos vies moins le choix électoral à d'importance.

- Que la pauvreté et le désœuvrement des peuples les poussent vers les idéologies extrêmes. Le problème est qu'il ne démontre pas que le libéralisme pousse les gens vers la pauvreté et le désœuvrement il ne démontre que le libéralisme développe les inégalités, ce qui n'est pas pareil, et il joue sur cette confusion, et surtout il ne démontre par que l'égalitarisme  les en extraits. 'tous pauvres et désœuvrés" est très égalitaires. L'histoire nous l'a appris.
Plutôt que de ce focaliser sur les inégalités il ferait mieux de se focaliser sur la pauvreté, car le véritable problème n'est pas les inégalités mais la pauvreté. Et pour lutter contre la pauvreté, et malgré l'accroissement des inégalités, c'est pour moi, le système libéral le plus efficace.

Je ne suis pas certain qu'une personne sous le joug de l'Etat, n'ayant pas de possibilité de se réaliser comme elle le souhaite ou ne pouvant donner le sens à sa vie comme elle le désire, le tout au nom de l'égalitarisme, ne sera pas désœuvrée et tentée par les extrêmes.

En conclusion l'auteur critique beaucoup, un beau pamphlet, propose peu et démontre encore moins.


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Ven 5 Aoû - 15:15

gaston21 a écrit:Et puis, tiens, pour montrer comment opère l'OTAN, la main armée des Etats-Unis qui ne se cache même plus pour nous serrer la gorge! Et le troupeau bêlant suit, prêt au halal!
Vu sur M6. A Odessa, une police de 400 policiers ukrainiens entièrement formés, armés et payés par les USA, sous prétexte de lutter contre la corruption! Imaginez cela en France!
C'est un problème de niveau de connaissance dans un domaine bien précis . C'est assez logique de voir un pays rompu à certaines techniques , venir informer, former, guider , etc ceux qui découvrent un phénomène . On appelle cela la solidarité internationale. Serais tu d'accord que seuls les ressortissant d'un pays puissent bénéficier des facultés, des grandes écoles de ce même pays ?
Restons sérieux STP

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par gaston21 le Ven 5 Aoû - 19:37

Oui, vraiment, ça me manque de voir des cowboys du Texas faire la loi dans Dijon! C'est vraiment du n'importe quoi!
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Ven 5 Aoû - 22:57

dan 26 a écrit:
gaston21 a écrit:Et puis, tiens, pour montrer comment opère l'OTAN, la main armée des Etats-Unis qui ne se cache même plus pour nous serrer la gorge! Et le troupeau bêlant suit, prêt au halal!
Vu sur M6. A Odessa, une police de 400 policiers ukrainiens entièrement formés, armés et payés par les USA, sous prétexte de lutter contre la corruption! Imaginez cela en France!
C'est un problème de niveau de connaissance dans un domaine bien précis . C'est assez logique de voir un pays rompu à certaines techniques , venir informer, former, guider , etc  ceux qui découvrent un phénomène . On appelle cela la solidarité internationale. Serais tu d'accord que seuls les ressortissant d'un pays puissent bénéficier des facultés, des grandes écoles de ce même pays ?
Restons sérieux STP

Amicalement

tu as raison , pour l'acculturation rome faisait la meme chose, ceci étant tout a une fin !


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Sam 6 Aoû - 11:50

aculturation carrément pour former des policiers....

Pourquoi faut il toujours que tu sais dans l'exagération ? je sais bien que cela séduit gaston. Mais bon...


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par gaston21 le Sam 6 Aoû - 18:43

La France accepterait-elle qu'un pays étranger ait sur son propre sol un droit de police et de contrôle? Que reste-t-il de la démocratie?
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Sam 6 Aoû - 23:00

Evidemment cela existe.

A partir du moment où c'est un choix c'est une choix démocratique.
Je ne vois pas où est le mal en demandant de l'aide à quelqu'un.
L'essentiel est que soit appliquées les lois du pays.

Je vois que la détestation de l'autre fait des ravages ..


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Mer 10 Aoû - 8:58



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dan 26
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Mer 10 Aoû - 16:36

gaston21 a écrit:La France accepterait-elle qu'un pays étranger ait sur son propre sol un droit de police et de contrôle? Que reste-t-il de la démocratie?
Attention de ne pas confondre l’ingérence, et le conseil .
amicalement
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komyo
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Mer 31 Aoû - 19:37

troubaa a écrit:Evidemment cela existe.

A partir du moment où c'est un choix c'est une choix démocratique.
Je ne vois pas où est le mal en demandant de l'aide à quelqu'un.
L'essentiel est que soit appliquées les lois du pays.

Je vois que la détestation de l'autre fait des ravages ..

oui, fait nous rire ! les us sont surtout des spécialistes auto proclamés du choix démocratique, quand ça les arrange !

journalisme hypocrite:
Au cours des dernières décennies, les grands médias des États-Unis ont trahi le peuple américain d’une manière historique en diffusant de fausses informations ou des narratives trompeuses sur pratiquement tous les sujets internationaux importants, et continuent à ce jour à mener le pays dans des conflits destructeurs et inutiles.

Pour moi, un tournant majeur fut lorsque les principaux organes d’information ont refusé se pencher sur les tenants et aboutissants du scandale Iran-Contra, y compris sur ses origines dans les contacts illicites entre les Républicains et les Iraniens au cours de la campagne de 1980 et la collaboration de l’administration Reagan avec des trafiquants de drogue pour soutenir la guerre des Contras au Nicaragua. (Au lieu de cela, les grands médias ont dénigré les reportages sur ces véritables scandales.)

Si ces histoires peu recommandables avaient été pleinement expliquées au peuple américain, leur opinion sur Ronald Reagan et George H.W. Bush serait beaucoup moins favorable et la montée des sous-fifres néocons de Reagan aurait pu être stoppée. Au contraire, les néo-conservateurs ont consolidé leur domination sur la politique étrangère officielle de Washington et le fils inepte de Bush fut autorisé à s’emparer de la Maison Blanche en 2001.

Ensuite, on aurait pu penser que l’invasion désastreuse de l’Irak en 2003 – justifiée par une cohorte de mensonges – aurait finalement condamné les néocons, mais, à l’époque ils avaient déjà profondément pénétré les médias nationaux et les grands groupes de réflexion, et leur influence s’étendait au-delà du Parti républicain jusque dans les profondeurs du Parti démocratique.

Ainsi, malgré la catastrophe en Irak, presque rien n’a changé. Les néo-conservateurs et leurs copains les interventionnistes libéraux ont continué à fabriquer des récits qui ont conduit les Etats-Unis dans un bourbier après l’autre, à la recherche de plus en plus de « changements de régime » tout en écartant les recommandations pour une résolution pacifique des crises internationales.

Dissonance cognitive

Dans le cadre de ce phénomène, il existe une profonde dissonance cognitive tandis que les logiques évoluent en fonction des nécessités tactiques des néocons. D’un cas à l’autre, il n’y a aucune cohérence logique ou morale, et les principales agences de presse suivent, se refusant encore et toujours d’exposer ces hypocrisies flagrantes.

Le gouvernement des États-Unis défend un monde « fondé sur des règles » lorsque cela sert ses intérêts mais viole allégrement le droit international lorsqu’il a décidé qu’une « guerre humanitaire » l’emportait sur la souveraineté nationale et la Charte des Nations Unies. Ce dernier est particulièrement facile après qu’un dirigeant étranger a été diabolisé dans la presse, mais la souveraineté devient inviolable dans d’autres circonstances, lorsque les régimes criminels sont amis de Washington.

L’administration de George W. Bush et les médias traditionnels justifièrent en partie l’invasion de l’Irak en accusant Saddam Hussein de violations des droits de l’homme. L’illégalité évidente de l’invasion fut ignorée ou rejetée comme de simples chicaneries de la part des « apologistes de Saddam ». De même, l’administration Obama et les médias ont justifié l’invasion de la Libye en 2011 sous l’accusation mensongère que Mouammar Kadhafi s’apprêtait à massacrer des civils (il avait dit qu’il s’en prenait aux terroristes islamiques).

Mais les mêmes médias regardent ailleurs ou trouvent des excuses lorsque le massacre de civils est l’oeuvre d’« alliés », comme Israël contre les Palestiniens ou l’Arabie saoudite contre les Yéménites. Ensuite, le gouvernement des Etats-Unis se précipite pour livrer encore plus d’armes pour que les bombardements puissent se poursuivre.

La vision du terrorisme est sélective aussi. Israël, l’Arabie Saoudite et d’autres « alliés » américains dans le Golfe Persique ont aidé et encouragé des groupes terroristes, y compris le front al-Nosra d’Al-Qaïda, dans une guerre contre le gouvernement en grande partie laïque de la Syrie. Ce soutien à la subversion violente a suivi la diabolisation du président syrien Bachar al-Assad par les médias.

Ainsi, en essayant d’éviter un autre bourbier à l’irakienne, le président Obama fait face à de vives critiques à Washington dominée par les néocons parce qu’il n’en fait pas assez pour imposer un « changement de régime » en Syrie, bien qu’il ait effectivement autorisé la livraison d’armes sophistiquées US à la soi-disant opposition « modérée » , qui opère souvent sous la structure de commandement d’al-Nosra.

En d’autres termes, il est acceptable d’intervenir ouvertement et clandestinement lorsque c’est Washington qui le décide, indépendamment du droit international et même si cela implique une complicité avec les terroristes. Mais le refrain change lorsque la balle est dans l’autre camp.

Dans le cas de l’Ukraine, toute aide russe aux rebelles russes ethniques sous l’agression d’une armée ukrainienne qui comprend des bataillons néo-nazis, tels que la brigade Azov, est inadmissible. Le droit international et une structure « fondée sur des règles » doivent être défendus en punissant la Russie.

Les médias ont encore trahi leurs lecteurs avec une couverture unilatérale du coup datage de 2014 qui a renversé le président élu Viktor Ianoukovitch, qui avait subi lui aussi une campagne de diabolisation de la part des fonctionnaires américains et de la presse grand public. Ainsi, les principaux organes de presse ont applaudi le coup d’Etat et ne voyaient rien de mal lorsque le nouveau régime soutenu par les Etats-Unis a annoncé une ’Opération de lutte contre le terrorisme’ – contre les Ukrainiens ethniques russes qui avaient voté pour Ianoukovitch et qui considéraient le régime putschiste comme illégitime.

Dans les médias occidentaux, le régime putschiste ’tout de blanc vêtu’ à Kiev ne pouvait pas faire de mal, même lorsque ses troupes d’assaut néo-nazis ont brûlé des dizaines de Russes ethniques vivants à Odessa et furent le fer de lance de « l’Opération de lutte contre le terrorisme » à l’est. Tout était de la faute de la Russie, même s’il n’y avait aucune preuve que le président Vladimir Poutine avait joué un rôle dans la déstabilisation de l’Ukraine.

En fait, toutes les preuves indiquent que c’était bien le gouvernement des États-Unis qui cherchait un « changement de régime ». Par exemple, le secrétaire d’État adjoint aux Affaires européennes, Mme Victoria Nuland, lors d’une conversation téléphonique interceptée, fut surprise en train de conspirer avec l’ambassadeur US Geoffrey Pyatt au sujet de qui devait prendre le pouvoir – « C’est Yats » a-t-elle dit à propos d’Arseniy Iatseniouk – et de discuter sur comment « faire aboutir » le projet. Le coup d’Etat se déroula quelques semaines plus tard, et Iatseniouk émergea comme le nouveau premier ministre.

L’exceptionnalisme des États-Unis

Les médias des États-Unis agissent comme si le gouvernement US avait un droit incontestable à intervenir dans les affaires intérieures des pays partout dans le monde – que ce soit par la subversion ou l’invasion militaire – mais les mêmes médias s’indignent si quelqu’un ose résister aux édits de Washington ou tente d’imiter les Etats-Unis.

Donc, en ce qui concerne l’Ukraine, alors que la Russie voisine est intervenue pour empêcher les massacres dans l’est et laisser le peuple de Crimée voter un référendum sur la sécession, le gouvernement américain et les médias ont accusé Poutine d’avoir violé le droit international. Les frontières nationales, même dans le contexte d’un violent coup d’état réalisé en partie par des néo-nazis, devaient être respecté, a pieusement annoncé Washington. Même les 96 % des électeurs de Crimée qui votèrent pour rejoindre la Russie furent ignorés en vertu du principe de la souveraineté des Etats.

En d’autres termes, si Poutine protège ces Russes ethniques de la répression violente par les ultra-nationalistes ukrainiens, il est coupable d ’ « agression » et son pays doit être puni par des sanctions sévères. Les néocons américains ont aussitôt commencé à rêver de déstabiliser la Russie et de réussir un autre « changement de régime » à Moscou.

Pendant ce temps, le régime ukrainien soutenu par les EtatsUnis a poursuivi son « Opération de lutte contre le terrorisme », en utilisant des armes lourdes contre les dissidents ukrainiens de l’est dans un conflit qui a coûté quelque 10.000 vies, dont de nombreux civils. Le conflit ukrainien est l’une des pires saignées en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, mais les néocons et leurs copains libéraux-faucons appellent à armer l’armée ukrainienne de sorte qu’elle puisse – une bonne fois pour toutes – écraser la résistance.

Au début de la crise, Nicholas D. Kristof, éditorialiste du New York Times, qui s’était construite une image d’humanitaire bienveillant, voulait livrer plus d’armes au régime de Kiev et aux Ukrainiens de l’est (dont les membres de la famille de son père), de sorte qu’ils puissent tuer leurs voisins ethniques russes – ou « aller à la chasse à l’ours », comme l’a dit Kristof. En appelant les Russes des ’ours’, Kristof assimilait leur massacre à l’abattage d’animaux.

Pourtant, dans une récente chronique, Kristof prend une position très différente en ce qui concerne la Syrie, qu’il veut voir envahir par l’armée US et pour y créer de soi-disant « zones de sécurité » et « zones d’exclusion aérienne » pour empêcher l’armée et les forces aériennes syriennes d’attaquer les positions rebelles.

La souveraineté signifie une chose en Ukraine, même après un coup d’Etat qui a renversé le président élu. Là-bas, les frontières nationales doivent être respectées (du moins après l’installation d’un régime pro-U.S.) et le régime a tous les droits de tuer des dissidents pour faire valoir son autorité. Après tout, ce n’est qu’une partie de chasse.

Mais la souveraineté signifie autre chose en Syrie, où le gouvernement des Etats-Unis est appelé à intervenir en faveur d’une des parties dans une guerre civile brutale pour empêcher que le gouvernement ne reprenne le contrôle du pays ou pour éviter un règlement négocié du conflit. En Syrie, le « changement de régime » l’emporte sur tout.

Outrage sélectif

Dans son article, Kristof a noté d’autres conflits où les États-Unis sont censés faire plus, en qualifiant la non-invasion de la Syrie de « tâche sur notre conscience à tous, similaire… aux yeux détournés de la Bosnie et du Rwanda dans les années 1990, du Darfour, dans les années 2000 ».

Notez encore l’indignation sélective de Kristof. Il n’appelle pas à une invasion américaine d’Israël / Palestine pour protéger les Palestiniens des opérations de « ratonnade » périodiques d’Israël. Il ne suggère pas non plus de bombarder les aérodromes saoudiens pour empêcher le bombardement continu du royaume des Yéménites. Et il ne proteste pas contre le massacre en Irak instiguée par les Etats-Unis, où des centaines de milliers de personnes ont péri, et il ne mentionne pas la guerre apparemment sans fin des Etats-Unis en Afghanistan.

Comme beaucoup d’autres experts traditionnels, Kristof adapte son humanitarisme à la cause de la domination mondiale des Etats-Unis. Après tout, combien de temps pensez-vous que Kristof garderait son poste de chroniqueur bien payé s’il plaidait pour une « zone d’exclusion aérienne » en Israël ou pour une intervention militaire contre l’Arabie Saoudite ?

Autrement dit, combien de courage professionnel faut-il avoir pour rejoindre la meute contre les « ennemis » des Etats-Unis une fois qu’ils ont été diabolisés ? Ce fut pourtant bien une telle « pensée grégaire » qui ouvrit la voie à l’invasion américaine de l’Irak pour renverser Saddam Hussein, une décision adoptée par les « faucons libéraux » aussi bien que les néo-conservateurs et qui marqua le début d’une souffrance massive à travers le Moyen-Orient et maintenant l’Europe. Selon certaines estimations, les morts irakiens s’élèvent à plus d’un million.

Donc, il faut se rappeler comment The New Yorker, The New York Times et d’autres soi-disant publications « progressistes » ont sauté sur le train en marche pour la guerre en Irak de George W. Bush. Ils sont devenus ce que l’ancien patron de Kristof, Bill Keller, a surnommé « le club des regarde-maman-je-suis-un-faucon » (Keller, soi-dit en passant, a été nommé rédacteur en chef lorsque les mensonges sur les armes de destruction massive en Irak furent démasqués. Comme beaucoup de ses collègues faucons, il n’ont au aucun compte à rendre pour leur crédulité ou carriérisme.)

Kristof n’a pas rejoint le club à ce moment-là, mais a signé plus tard, exhortant une campagne de bombardements massif en Syrie après que l’administration Obama ait fait des déclarations maintenant largement discréditées accusant le gouvernement de Bachar al-Assad d’avoir lancé une attaque au gaz sarin dans les environs de Damas, le 21 août 2013.

Nous savons maintenant que le président Obama n’a pas mis en oeuvre les plans de bombardement en partie parce que les analystes du renseignement US avaient dit qu’ils doutaient de la culpabilité d’Assad. Les preuves semblent désormais indiquer une provocation par les rebelles proches d’Al-Qaïda pour attirer les Etats-Unis dans une intervention à leurs côtés, mais le courant dominant des médias US persiste à dire qu’Obama n’a pas réussi à imposer sa « ligne rouge » contre Assad et l’utilisation d’armes chimiques, comme s’il s’agissait d’un « fait établi ».

Bien que la campagne de bombardement approuvé par Kristof en 2013 aurait pu jouer en faveur d’Al-Qaïda (ou de l’Etat islamique) et donc déclenché une tragédie encore pire pour le peuple syrien, le chroniqueur persiste à préconiser une invasion US de la Syrie, bien enveloppée dans un joli langage « humanitaire ». Mais il devrait être clair que les termes à consonance agréable comme « zones de sécurité » ne sont que des euphémismes pour « changement de régime », comme nous l’avons vu en Libye en 2011.

Oublier la réalité

Les médias « oublient » souvent qu’Obama a autorisé la formation et l’armement des soi-disant rebelles syriens « modérés » dont beaucoup se sont placés sous le commandement militaire du Front al-Nosra d’Al-Qaïda avec des armes américaines sophistiquées, telles que des missiles antichars TOW, qu’on retrouve dans les arsenaux d’al-Nosra et ses alliés djihadistes.

En d’autres termes, au-delà de l’indignation sélective sur la morale et le droit international, nous assistons à un journaliste sélectif. En effet, à travers toute la profession, on constate un abandon presque complet de l’objectivité en matière de reportages sur la politique étrangère des Etats-Unis. Même les publications libérales et de gauche s’en prennent maintenant à ceux qui ne rejoignent pas la dernière version de club des « « regarde-maman-je-suis-un-faucon ».

Tandis que de la politique étrangère dominée par le néo-conservatisme continue à pousser le monde vers toujours plus de catastrophes, nous voici désormais avec des plans de déstabilisation de la Russie qui possède l’arme nucléaire (hum… comment cela pourrait-il tourner mal ?), Les médias refusent de donner au peuple les informations objectives nécessaires pour freiner ces excès.

Pratiquement rien n’a été appris de la guerre catastrophique en Irak lorsque le gouvernement des Etats-Unis a rejeté les négociations et les inspections (ainsi que toute appréciation de la réalité complexe sur le terrain) pour adopter une posture de dur-à-cuire. À quelques exceptions près, les médias ont tout simplement suivi.

Aujourd’hui, la posture pro-guerre est profondément répandue au sein du Parti démocrate et même parmi certains gauchistes bellicistes qui se joignent à la fête pour insulter les quelques dissidents anti-guerre avec des méthodes McCarthyistes en accusant quiconque qui conteste la « pensée grégaire » sur la Syrie ou la Russie d’être un « apologiste d’Assad » ou un « larbin de Poutine ».

À la Convention nationale démocratique, certains des délégués de Hillary Clinton ont même scandé « USA, USA » pour étouffer les cris des délégués de Bernie Sanders qui criaient « assez de guerres ». D’une façon plus large, le médias dominants ont principalement ignoré ou réduit au silence tous ceux qui dévient de la sagesse conventionnelle dominée par le néo-conservatisme.

Robert Parry

Traduction « j’ai souvent retiré l’adjectif « américain » parlant des médias parce que c’est bien pareil chez nous, non ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Source : Le Grand Soir, Robert Parry, 17-08-2016


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Mer 31 Aoû - 20:32

komyo a écrit:
oui, fait nous rire !
mieux vaut cela que de faire pleurer en disant des conneries !

Comme je dis toujours je préfère être un imbécile heureux qu'un con malheureux....


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par geveil le Mer 31 Aoû - 23:00

troubaa a écrit:
komyo a écrit:
oui, fait nous rire !
mieux vaut cela que de faire pleurer en disant des conneries !

Comme je dis toujours je préfère être un imbécile heureux qu'un con malheureux....
Tu voulais dire " qu'un brillant malheureux", non ?


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par troubaa le Mer 31 Aoû - 23:22

mentalité franchouillarde : le "brillant malheureux", voila quelqu'un de fréquentable qui voit juste... si en plus il est incompris......... alors là on rentre dans le fantastique : un brillant malheureux et incompris !

Houellebecq sort de ce corps !!!!!!!!!!!!

Very Happy Very Happy Very Happy


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Mer 31 Aoû - 23:55


Afin de savoir de quoi vous parlez !!!!
Le terme de néolibéralisme désigne aujourd'hui un ensemble multidimensionnel d'analyses d'inspiration libérale – ou supposées telles – qui partagent un socle d'idées communes :

de façon critique : la dénonciation du développement excessif de l'État-providence dans les pays développés après 1945 et de l'accroissement des interventions publiques dans l'économie1
de façon positive : la promotion de l'économie de marché au nom de la liberté de l'individu et de l'efficacité économique ;
et qui prennent des orientations politiques communes, prônant la dérégulation des marchés (qui doivent se « réguler eux-mêmes » par le jeu de la concurrence et des « lois du marché ») et la disparition progressive du secteur public au profit du privé.

La signification du mot « néolibéralisme » a beaucoup varié au cours du temps : le terme ne fait pas consensus et son utilisation requiert une grande prudence, tant il a oscillé entre différentes significations :
Lorsqu’il apparaît, en 1844, le terme désigne – de manière assez générale – une forme de libéralisme qui admet une intervention limitée de l'État2.
Dans la même ligne, à la fin des années 1930, des économistes français – comme notamment Auguste Detœuf ou Louis Marlio – utilisent ce terme pour désigner une forme de libéralisme qui n’est pas forcément synonyme de laissez-faire (pour lequel on parle de libéralisme manchestérien). Ils soulignent seulement le fait, qu'à condition de le rénover ou de le reconstruire, ce régime peut – aussi bien sur un plan économique et social – être supérieur au dirigisme et au planisme alors en vogue.
Dans cette lignée (depuis les années 1950, jusque vers la fin des années 1970), le mot a une signification proche de social-libéralisme. Dans ce sens Donald Moggridge présente John Maynard Keynes comme l'un des premiers néolibéraux à défaut de meilleur terme pour le qualifier3. Quoi qu'il en soit cette forme de libéralisme émerge à la même époque que l'ordolibéralisme allemand avec lequel il est intéressant de le comparer.

À partir des années 1970, avec la montée en puissance des pensées de Milton Friedman et de Friedrich Hayek le mot néo-libéralisme prend un autre sens. Selon Michel Foucault, le néolibéralisme est présenté comme une technique de gouvernement, une politique économique et sociale étendant l'emprise des mécanismes du marché à l'ensemble de la vie, ce qui est contesté par les disciples de Friedrich Hayek qui voient le libéralisme comme une priorité donnée à l'action libre des individus contre toute « emprise », et jugent absurde toute "technique de gouvernement" voulant interférer sur le marché, fut-ce pour en étendre l'influence. Friedman et Hayek sont désignés en France comme en étant en grande partie les inspirateurs[réf. souhaitée], bien qu'ils ne se soient jamais revendiqués du néolibéralisme, mais seulement du libéralisme. Au contraire de la signification précédente, leur libéralisme est anti-keynésien, et limite voire supprime l'intervention étatique. Le contexte économique marqué par la fin du système de Bretton Woods relance les discussions entre écoles économiques et leur intensité a contribué à populariser ce terme.

Les critiques ou adversaires des idées néolibérales lui reprochent selon des formes et à des degrés divers d'entretenir ou d'accroitre les inégalités4, la fracture sociale5 ou le pillage des ressources naturelles6,

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par Dédé 95 le Dim 4 Sep - 17:08

Ce qui serait sympa ce serait de citer la source de ton texte, l'introduction de Wiki sur le néo-libéralisme.
Pourquoi?
Parce que cela mérite un débat, qui est contenu dans la suite (pourquoi tu ne l'a pas cité ?)

Un oubli surement....

Ps: Quand on cite on retire les n° de renvoi Very Happy

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9olib%C3%A9ralisme

Allez un extrait pour Troubaa:

Les néolibéraux français sont très sensibles aux perturbations liées à des interventions intempestives des pouvoirs publics dans le domaine monétaire et fiscal. Par contre, ils ne s’opposent pas au maintien d'un secteur public important s'il respecte une gestion au coût marginal. Ils ne sont pas non plus systématiquement opposés à la formation de cartels et d'oligopoles

C'est quoi la SNCF ?
C'est quoi un Cartel ? Soutenu par les CCI et autres associations bidons, ou par les grandes Banques ?


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Lun 5 Sep - 8:11

Le fascisme, à la base, c'est "qui n'est pas avec nous est contre nous" (formule de l'inventeur, Benito Mussolini). En Europe, nous sommes dominés par l'UE qui est clairement néo-libérale (je me demande même ce qu'elle peut être d'autre) et travaille avec acharnement à empêcher tout retour en arrière, fût-il demandé par voie démocratique (voir les réactions diabolisantes au Brexit). Et qui ne craint pas d'aller au clash avec la Russie en cherchant à s'étendre vers l'est.

Alors oui, même s'il manque des caractéristiques, il y a un peu de ça...

Le fait qu'il n'y ait pas encore de parti unique n'est pas un critère pertinent. Les partis politiques même d'opposition étaient autorisés dans le Japon des années 1930, et difficile de faire plus fasciste.

Il y a d'ailleurs, autre sujet, d'autres façons de présenter une vitrine démocratique dans un régime globalement totalitaire, voir l'Iran où les candidats aux diverses élections sont filtrés par un pouvoir tout-puissant qui n'a pas été élu.

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Lun 5 Sep - 9:16

Je dirai aussi que toute prétention à apporter une solution définitive aux problèmes récurrents de l'humanité est potentiellement fasciste et totalitaire.

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par komyo le Lun 5 Sep - 9:50

Le néo libéralisme a mis en place au niveau mondial, une forme de totalitarisme qui cache soigneusement du champs de vision des drogués de la consommation, les camps d'esclaves qu'il a construit un peu partout là ou il le pouvait !
Ses aficionados s 'abritent derrière l'argument éculé de tous les colonisateurs que tout ceci est fait pour le bien des peuples et leur prospérité !
Ne rien voir est plus pratique pour s'éviter toute possibilité de culpabilité.
affraid affraid affraid

http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-l-esclavage-l-ultime-perversite-du-casino-planetaire.aspx?article=9141752194H11690&redirect=false&contributor=Liliane+Held-Khawam&mk=2


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Lun 5 Sep - 16:58

[quote]
spin a écrit:
Alors oui, même s'il manque des caractéristiques, il y a un peu de ça...
entre "un peu de cela", et "le néolibéralisme est un fascisme" , il y a une sacrée différence !!!

Dans le communisme il y a aussi un peu d'humanisme !!!!! Laughing Laughing Laughing Laughing
amicalement


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par Dédé 95 le Lun 5 Sep - 17:14

Dans le communisme on en sait trop rien, sinon peut etre l'imaginer, par contre dans le stalinisme (je pense que c'est de cela que tu parles) il n'y a pas d'humanisme.
Que le capitalisme soit d'Etat à travers sa nomenklantura ou privée à travers ses banquiers, l'humanisme n'existe pas!
Du reste ils ce sont TRES bien entendus à Yalta sur le dos des peuples pour partager le monde.
Mais le libéralisme du XXème siècle a repris le dessus, les guerres économiques ont engendrées des guerres politiques. Chacun veux bouffer l'autre, c'est le principe du libéralisme, ou ce qu'il en reste.
J'imagine le rire de Ortega et de la famille Mulliez quand on parle de capitalisme libéral....


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Lun 5 Sep - 18:53

dan 26 a écrit:
entre "un peu de cela", et "le néolibéralisme est un fascisme" , il y a une sacrée différence !!!

Dans le communisme il y a aussi un peu d'humanisme !!!!! Laughing  Laughing  Laughing  Laughing
amicalement
Dans les deux cas, le but affiché est complètement humaniste. Ce sont les idées les plus généreuses et les plus humanistes qui débouchent au final sur les projets les plus totalitaires.

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par Dédé 95 le Lun 5 Sep - 19:40

« la liberté de chacun est la condition nécessaire à la liberté de tous »
Ce n'est pas de l'humanisme cela Spin ?
Je ne te ferais pas l'injure de te dire d'où c'est tiré. Very Happy


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Lun 5 Sep - 20:50

Dédé 95 a écrit:« la liberté de chacun est la condition nécessaire à la liberté de tous »
Ce n'est pas de l'humanisme cela Spin ?
Je ne te ferais pas l'injure de te dire d'où c'est tiré. Very Happy
Ben je ne me serais pas senti injurié... Embarassed

C'est un beau principe, ça ne suffit pas à encadrer une société. Et d'ailleurs, en 1793-94, à partir de la liberté, ça a vilainement dérivé.

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par Dédé 95 le Lun 5 Sep - 21:03

spin a écrit:
Dédé 95 a écrit:« la liberté de chacun est la condition nécessaire à la liberté de tous »
Ce n'est pas de l'humanisme cela Spin ?
Je ne te ferais pas l'injure de te dire d'où c'est tiré. Very Happy
Ben je ne me serais pas senti injurié...  Embarassed

C'est un beau principe, ça ne suffit pas à encadrer une société. Et d'ailleurs, en 1793-94, à partir de la liberté, ça a vilainement dérivé.
Pourquoi encadrer une société....c'est du fascisme ou du stalinisme.
Bah non la révolution française n'y est (presque) pour rien, la phrase est tirée du Manifeste Communiste, comme quoi....Ni Dieu, Ni Maitre Very Happy


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Lun 5 Sep - 21:28

Dédé 95 a écrit:Pourquoi encadrer une société....c'est du fascisme ou du stalinisme.
Tout dépend ce qu'on appelle encadrer. Pour ce qui est de Marx et de ses illusions, je rappelle les objections de Bakounine http://bouquinsblog.blog4ever.com/etatisme-et-anarchie-mikhaal-bakounine

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par Dédé 95 le Mar 6 Sep - 8:26

Tu n'a jamais étudié Marx, il n'a fait qu'une analyse historique de la société économique et en donné -timidement- une conclusion .
Lénine, lui, a développé à partir de ces analyses (Cf: L'Impérialisme Stade Suprème du capitalisme).
Il s'avère que ni l'un , ni l'autre ne se sont trompés, à moins de fermer les yeux sur le système économique mondial actuel et faire abstraction de ses conséquences catastrophique.
Quand Bakounine écrit ceci:
Si le prolétariat devient la classe dominante, sur qui, demandera-t-on, dominera-t-il ? C'est donc qu'il restera encore une classe soumise à cette nouvelle classe dominante, à cet Etat nouveau, ne fût-ce, par exemple, que la plèbe des campagnes qui, on le sait, n'est pas en faveur chez les marxiens...
il oublie (ou feint d'oublier) que cette domination n'est pas seulement, et même très peu, une domination sur l'Etat, mais une domination sur la propriété des moyens de production et d'échange.
L'Etat par sa nature est l'instrument - et seulement l'instrument - d'une domination.
Bakounine faisait l'erreur de croire que la classe dominante était un rassemblement de bureaucrates issus de la classe ouvrière prenant les rennes de l'Etat; fidèle au principe anarchiste que pour prendre le pouvoir il faut D'ABORD détruire l'Etat, il voyait mal (on le comprend) une nomenklatura d'ouvriers petits bourgeois et même de paysans capables de changer le système capitaliste, il avait raison, en fin de compte il dénonçait le réformisme de la social-démocratie au sein de la 2ème Internationale.
C'est le cas aujourd'hui avec les partis réformistes qui se réclame d'une classe dont ils ne sont pas issus.
Seulement Bakounine se trompait, il inversait l'ordre des chose, comme je l'ai dit l'Etat n'est qu'un instrument aux mains de la classe sociale dominante (aujourd'hui la bourgeoisie) même si les Sociaux Démocrates prétendent le contraire ...et que dire des Libéraux...on l'a vu au grand jour avec Macron et la Loi Travail.

Cette discution mérite d'ètre approfondie, sur Bakounine (et plus généralement l'Anarchisme au 18ème Siècle) et j'ajouterais Rosa Luxembourg dont je suis un fervent défenseur.


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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Mar 6 Sep - 8:34

Dédé 95 a écrit:Tu n'a jamais étudié Marx, il n'a fait qu'une analyse historique de la société économique et en donné -timidement- une conclusion .
Lénine, lui, a développé à partir de ces analyses (Cf: L'Impérialisme Stade Suprème du capitalisme).
On a vu le produit final, et il était largement prévisible. Les promesses d'un grand soir (d'une solution globale, définitive et harmonieuse, aux problèmes de l'humanité), qu'il soit communiste, libéral, chrétien, musulman ou que sais-je encore, tournent à chaque fois au cauchemar.

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Mar 6 Sep - 8:46

spin a écrit:
Dédé 95 a écrit:Tu n'a jamais étudié Marx, il n'a fait qu'une analyse historique de la société économique et en donné -timidement- une conclusion .
Lénine, lui, a développé à partir de ces analyses (Cf: L'Impérialisme Stade Suprème du capitalisme).
On a vu le produit final, et il était largement prévisible. Les promesses d'un grand soir (d'une solution globale, définitive et harmonieuse, aux problèmes de l'humanité), qu'il soit communiste, libéral, chrétien, musulman ou que sais-je encore, tournent à chaque fois au cauchemar.
Peux tu nous donner un bel exemple de pays communiste , qui a réussi, qui puisse être donné en exemple ?
Veux tu des exemples de pays libéraux , qui peuvent etre donné en exemple
Amicalement
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Mar 6 Sep - 9:25

dan 26 a écrit:Peux tu nous donner un bel exemple de pays communiste , qui a réussi, qui puisse être donné en exemple ?
Veux tu des exemples  de pays libéraux , qui peuvent etre donné en exemple
Amicalement  
On parle ici de néolibéralisme, pas de libéralisme en général. Ca implique bien d'autres choses y compris, justement, ce vieux rêve d'une "fin de l'histoire", donc d'un non-retour.

Le libéralisme, disons, équilibré, conséquent, a été défini par Raymond Aron : "Le bon compromis est souvent facile en matière économique ; on en fait un large usage. Même en matière économique il est des circonstances où le compromis n'est pas praticable ; 50% de gestion administrative et 50% de mécanisme du marché ne font pas une économie efficace. Tel est probablement le problème-clé de nos régimes d'Occident ; quel est l'usage du compromis, indispensable pour n'aliéner aucune fraction de la collectivité sans manquer aux nécessités de l'action efficace ? Il va de soi qu'il n'y a pas de réponse, une fois pour toutes définies (...) disons qu'un régime pluraliste fonctionne bien s'il parvient à "un bon usage du compromis"." (Démocratie et totalitarisme, 1965, (voir ICI))

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Mar 6 Sep - 9:31

spin a écrit:
dan 26 a écrit:Peux tu nous donner un bel exemple de pays communiste , qui a réussi, qui puisse être donné en exemple ?
Veux tu des exemples  de pays libéraux , qui peuvent etre donné en exemple
Amicalement  
On parle ici de néolibéralisme, pas de libéralisme en général. Ca implique bien d'autres choses y compris, justement, ce vieux rêve d'une "fin de l'histoire", donc d'un non-retour.

Le libéralisme, disons, équilibré, conséquent, a été défini par Raymond Aron : "Le bon compromis est souvent facile en matière économique ; on en fait un large usage. Même en matière économique il est des circonstances où le compromis n'est pas praticable ; 50% de gestion administrative et 50% de mécanisme du marché ne font pas une économie efficace. Tel est probablement le problème-clé de nos régimes d'Occident ; quel est l'usage du compromis, indispensable pour n'aliéner aucune fraction de la collectivité sans manquer aux nécessités de l'action efficace ? Il va de soi qu'il n'y a pas de réponse, une fois pour toutes définies (...) disons qu'un régime pluraliste fonctionne bien s'il parvient à "un bon usage du compromis"." (Démocratie et totalitarisme, 1965, (voir ICI))
Ok excuse moi , alors donne moi l'exemple d'un régime néolibéralisme qui ne marche pas , où tous les hommes et femmes souffrent ? Comme dans un régime communiste ou totalitaire !!!
amicalement
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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par spin le Mar 6 Sep - 9:48

dan 26 a écrit:Ok excuse moi  , alors donne moi l'exemple d'un régime néolibéralisme qui ne marche pas , où tous les hommes et femmes souffrent ? Comme dans un régime communiste ou totalitaire !!!
amicalement
Même dans un régime communiste totalitaire tout le monde ne souffre pas, et je ne connais aucun régime où personne ne souffre !

Mais je trouve que la dégradation globale, ne serait-ce qu'au sein de l'UE, ressemble à celle de l'URSS sous Brejnev (il y avait eu un mieux sous Khrouchtchev), même si on n'en est pas encore à constater la diminution globale de l'espérance de vie (qui a chuté encore plus en ex-URSS quand on a prétendu la rendre d'un seul coup purement libérale), mais je crois qu'on y va tout droit.

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Re: le néo libéralisme est un fascisme

Message par dan 26 le Mar 6 Sep - 9:56

[quote]
spin a écrit:
Même dans un régime communiste totalitaire tout le monde ne souffre pas, et je ne connais aucun régime où personne ne souffre !
Ok donne moi le nom d'un pays néolibéral , que l'on pourrait comparer à un régime communiste ?

Mais je trouve que la dégradation globale, ne serait-ce qu'au sein de l'UE, ressemble à celle de l'URSS sous Brejnev (il y avait eu un mieux sous Khrouchtchev), même si on n'en est pas encore à constater la diminution globale de l'espérance de vie (qui a chuté encore plus en ex-URSS quand on a prétendu la rendre d'un seul coup purement libérale), mais je crois qu'on y va tout droit.
Ok je n'avais compris, tu ne fais que croire OK , en fonction d'un ressenti personnel OK OK.
Amicalement

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